Exclusif. Le lieutenant-colonel Tarek Amirat en état d’arrestation pour « complot contre le Chef de l’Etat et sa famille »

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Le lieutenant-colonel Tarek Amirat, un ex-haut gradé de la direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), le renseignement extérieur algérien, a été interpellé et placé depuis hier dimanche 14 août en garde-à-vue par des enquêteurs de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA), a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Tarek Amirat fait l’objet d’une enquête inédite pour des faits graves relatifs à un complot ourdi contre le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, et sa famille, a-t-on pu encore confirmer au cours de nos investigations. 

Le lieutenant-colonel Tarek Amirat était l’ancien chef de bureau de sécurité de l’ambassade d’Algérie à Paris entre 2017 et 2019. Auparavant, à savoir en 2016, il avait occupé les mêmes fonctions à la tête du bureau de sécurité de l’ambassade d’Algérie à Rome. En été 2019, Tarek Amirat a été incarcéré à la prison militaire de Blida pour « complot et atteinte à la hiérarchie militaire ». Début février 2020, cet officier de la DDSE a été remis en liberté dans le sillage des bouleversements politiques provoqués en Algérie par la mort brusque d’Ahmed Gaid Salah, l’ex-puissant patron de l’institution militaire algérienne.

A partir du printemps 2021, Tarek Amirat est réhabilité et retrouve des fonctions très importantes au sein de la DDSE notamment depuis l’arrivée le 20 janvier 2021 du général-major Nour-Eddine Mekri, alias « Mahfoud » aux commandes de ce stratégique service secret algérien. Promu rapidement lieutenant-colonel, Tarek Amirat était devenu le second du fameux et sinistre colonel Hocine Hamid alias Boulahya, l’ex-responsable de la cellule anti-subversion de la DDSE.

Le retour de Tarek Amirat au sein de la DDSE a été orchestré par des lobbys bien introduits au sein de l’institution militaire algérienne qui ont milité dans les coulisses pour la réhabilitation des anciens officiers punis, exclus et emprisonnés durant l’ère Gaid Salah. Mais au lieu de servir son pays et de défendre l’intérêt général ou suprême de l’Etat, Tarek Amirat va utiliser ses fonctions et ses relations au sein des « services » pour appuyer un clan d’officiers malsains qui lorgnait le pouvoir absolu à la tête des appareils sécuritaires les plus sensibles de l’Etat.

Comme il avait été révélé à maintes reprises par les investigations d’Algérie, que vous pouvez relire en cliquant sur ce lien, le lieutenant-colonel Tarek Amirat a détourné les moyens et les prérogatives de la cellule anti-subversion de la DDSE pour manipuler des activistes exilés à l’étranger et les utiliser dans le seul but de distiller des informations dangereuses pouvant torpiller l’entourage le plus proche d’Abdelmadjid Tebboune, le Président de la République, afin de déstabiliser l’institution présidentielle espérant ainsi renforcer le pouvoir d’un pouvoir sécuritaire occulte qui voulait imposer ses agendas les plus troublantes au plus haut sommet de l’Etat algérien.

Fort heureusement, les révélations précises et détaillées d’Algérie Part ont porté leurs fruits et Tarek Amirat a été limogé et, ensuite, radié des services secrets à partir de fin octobre 2021. 

Cette décision avait été prise par le ministère de la Défense Nationale à la suite des vérifications qui ont été entamées pour s’assurer du bien-fondé des éléments factuels fortement détaillés et rapportés dans les révélations d’Algérie Part au cours de plusieurs enquêtes révélés depuis juillet 2021. Pour éviter la radiation, Tarek Amirat avait multiplié les interventions au plus haut sommet de l’Etat algérien allant jusqu’à inciter sa propre mère, la Moudjahida Zoubida Amirat, de supplier certains hauts responsables du haut commandement militaire du pays pour « quémander » un sursis au profit de son fils infortuné.

Foulant aux pieds les règles les plus élémentaires de la décence, le lieutenant-colonel Tarek Amirat avait imaginé toutes les manigances possibles et imaginables pour s’accrocher aux privilèges que lui confèrent le pouvoir de sa fonction de haut gradé de la DDSE. Quant à son ancien patron et mentor, le général-major Nour-Eddine Mekri, alias « Mahfoud », il avait été contraint la mort dans l’âme d’appliquer la décision qui lui avait été communiquée d’en haut par le ministère de la Défense nationale concernant la radiation de son protégé le lieutenant-colonel Tarek Amirat. Ce dernier se retrouve aujourd’hui en état d’arrestation à la suite d’une enquête approfondie menée par les éléments de la DCSA. Il semble enfin que les « protecteurs » du lieutenant-colonel Tarek Amirat ont beaucoup perdu de leur influence et ne peuvent plus intervenir pour bloquer les investigations poussées de la Justice militaire qui mettent en cause ce haut gradé véreux et corrompu lequel est manifestement impliqué dans de graves scandales politiques compromettant la sécurité nationale.