Exclusif. Complot contre la sécurité nationale : le général-major Sid Ali Ould Zemerli, le Chef de la DCSA et le colonel Hocine Boulahya en état d’arrestation

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C’est un véritable coup de théâtre qui s’est produit ce mercredi 31 août à Alger. Le général-major Sid Ali Ould Zemerli, le patron de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA), le renseignement militaire algérien, a été arrêté par les enquêteurs du Centre Principal des Opérations (CPO) de Ben Aknoun, la célèbre caserne Antar, relevant de la direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), le renseignement intérieur algérien, à savoir la principale branche des services secrets algériens, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Selon nos sources, l’arrestation de Sid Ali Ould Zemerli est intervenue juste après son limogeage ce mercredi matin par l’Etat-Major de l’ANP en raison des forts soupçons qui pèsent sur son implication dans un vaste de complot contre la sécurité nationale. Un scandale qui a éclaté depuis le 14 août dernier depuis le démantèlement d’un réseau de 9 officiers militaires coupables de détournement, manipulation et falsifications de plusieurs informations sensibles classées Secret Défense par diverses agences des services secrets algériens.

Dans les heures qui ont suivi sa fin de fonctions, le général-major Sid Ali Ould Zemerli a été interpellé et conduit à la caserne Antar pour être placé en état d’arrestation et soumis à de longues auditions dans le but de déterminer avec exactitude son rôle dans ce complot fomenté contre la sécurité nationale. Un complot dont le premier cerveau opérationnel est son propre frère, le colonel Omar, un ex-officier de la DCSA à la retraite qui avait mis en place depuis début 2021 tout un réseau d’officiers militaires ayant servi à détourner, bidonner et truquer des rapports sécuritaires dans le seul but de nuire à des dirigeants militaires ou civils occupant des fonctions importantes au plus haut sommet du pouvoir algérien.

Ces rapports accablants ont induit en erreur à maintes reprises l’Etat-Major de l’ANP et d’autres institutions sécuritaires sensibles de l’Etat comme la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), le renseignement extérieur algérien, puisque des dossiers délicats engageant des intérêts suprêmes de l’Etat ont été bâclés après avoir été soumis à des évaluations totalement altérées à cause des manipulations outrancières apportées aux enquêtes des agents de la DCSA.

Le général-major Sid Ali Ould Zemerli est soupçonné d’avoir permis à son frère le colonel Omar d’utiliser ses propres prérogatives à la tête de la DCSA pour réhabiliter des officiers véreux, corrompus ou diligenter des enquêtes basées sur des considérations de vengeance personnelle ainsi que pour diffuser des informations mensongères sur de hauts responsables de l’Etat en utilisant les canaux officiels de la DCSA, le service de renseignement militaire le plus puissant du pays. Plusieurs sources sécuritaires ont assuré à Algérie Part que le véritable patron de la DCSA était finalement le colonel Omar et non pas son frère le général-major Sid Ali Ould Zemerli qui aurait ainsi servi de simple paravent derrière lequel se cachait les manipulateurs machiavéliques membres du réseau du colonel Omar.

Il est à signaler que le général-major Sid Ali Ould Zemerli avait dirigé auparavant la DCSA de 2018 jusqu’à 2019 avant d’être limogé de son poste par le défunt Ahmed Gaid Salah, puissant patron de l’institution militaire de 2005 jusqu’à 2019. Il a été rappelé de nouveau pour diriger la DCSA en mars 2020. Sa chute est un véritable scandale en soi car il constituait jusque-là l’une pièces maîtresses du nouveau régime qui a vu le jour au lendemain de la mort d’Ahmed Gaid Salah en décembre 2019. Il avait été promu général-major le 4 juillet 2022. L’implication probable du général-major Sid Ali Ould Zemerli dans ce vaste complot contre la sécurité nationale est une première inédite dans l’historie de l’Algérie. Elle risque d’entamer dans les jours à venir une longue série d’arrestations et de placements en détention au niveau de la prison militaire de Blida.

Signalons en outre qu’un autre haut gradé des services secrets est lui-aussi en état d’arrestation au CPO d’Antar. Il s’agit du colonel Hocine Hamid, alias Hocine Boulahya, l’ex-numéro 2 de la DDSE, le renseignement extérieur algérien, qui a été placé en garde-à-vue depuis plus lundi dernier, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations.

Cet officier est l’un des plus influents hauts gradés du renseignement algérien ces deux dernières années. Il avait dirigé la cellule anti-subversion de la DDSE depuis le printemps 2021 jusqu’à sa fin de fonctions en mai 2022. Il était en charge de la « neutralisation » des activistes du Hirak et des opposants politiques établis à l’étranger. Pièce maîtresse du réseau des officiers comploteurs démantelé par les enquêteurs du CPO d’Antar, Hocine Boulahya était pressenti pour occuper des fonctions importantes au plus haut sommet de la hiérarchie des services algériens. Le clan des Ould Zemerli militait dans les coulisses du sérail algérien pour la nomination de Hocine Boulahya à la tête de la DGSI, ce même service de renseignement qui a fini par procéder à son arrestation pour le soumettre à une enquête approfondie. Une enquête qui pourrait aboutir prochainement à des présentations devant le tribunal militaire de Blida.

Algérie Part publiera prochainement des révélations détaillées sur les dessous de ce méga-scandale politico-sécuritaire qui ne manquera de bouleverser profondément la configuration des rapports de force au sein du régime algérien.