Exclusif. Le géant français Total veut se retirer d’un important projet de pétrochimie en Algérie

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Coup dur pour l’économie algérienne. Le géant français de l’énergie Total a fait savoir officiellement sa volonté de se retirer d’un important projet de pétrochimie qui devait créer des centaines d’emplois directs et des milliers d’emplois indirects en Algérie. Total a fait parvenir au cours de la semaine passée un courrier officiel à la direction générale de Sonatrach pour lui faire part de son souhait de revoir son engagement dans le projet pour la production de polypropylène à Arzew à l’ouest du pays, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

D’après le courrier adressé par Total à la direction générale de Sonatrach, ce projet n’est plus rentable en raison de la hausse des coûts de production et de la matière première. Par ailleurs, au lieu des 1,4 milliard de dollars USD prévus initialement pour financer ce projet, Total estime qu’il va coûter finalement nettement plus de 2 milliards de dollars USD en raison de la nouvelle conjoncture économique et financière mondiale.

Prévu depuis 2019 et qui devait entrer en production à partir de septembre 2022, ce projet commun entre Sonatrach et Total avait connu de nombreux retards à la suite de gels des investissements dans le secteur des hydrocarbures décidés par les autorités algériennes et l’actuelle administration de Sonatrach en 2020 et 2021. Ces retards ont suscité des dysfonctionnements majeurs qui ont compromis la réalisation de ce projet, a laissé entendre Total dans son courrier à travers lequel le géant français veut préparer son partenaire Sonatrach à un désengagement progressif de ce projet pétrochimique ambitieux dont l’économie algérienne avait cruellement besoin.

Malheureux, après 4 ans de retards et de multiples tergiversations du côté algérien, ce projet industriel est en train de tomber à l’eau car Total ne veut décidément plus subir les défaillances successives de Sonatrach et l’instabilité chronique de la situation politique en Algérie qui a conduit au gel de plusieurs importants projets industriels dans la pétrochimie et les hydrocarbures à partir de 2019 jusqu’à 2021.

Il est à rappeler que la compagnie pétrolière publique Sonatrach et Total avaient signé le 17 janvier 2019 les statuts de la nouvelle société commune SONATRACH Total Entreprise Polymères « STEP » pour la Réalisation et l’Exploitation du complexe de déshydrogénation du propane et production du polypropylène (PDH – PP) dans la Zone Industrielle d’Arzew.

Cette nouvelle entreprise dénommée STEP et dont le capital est réparti à hauteur de 51 % pour Sonatrach et 49 % pour le groupe français, devait investir 1,4 Md USD pour construire à Arzew une usine de synthèse du polypropylène à partir du propane. Ce dernier sera fourni par les installations existantes de séparation du GPL sur un site voisin. Les délais de réalisation de ce projet serait de 36 mois. L’Algérie a importé en 2017 près de 89 000 tonnes de polypropylène. Grâce à une capacité de production de 550 000 tonnes par an, la future usine STEP devait permettre à l’Algérie de devenir un exportateur de cette matière première pour la plasturgie. Visiblement, ce projet va rester un voeu pieux et le retrait de Total risque de le compromettre définitivement. Signalons en dernier lieu que la Direction Générale de Sonatrach a soigneusement dissimulé cette affaire dans ses bureaux feutrés et secrets. Aucune information sur ce dossier n’a pu parvenir au gouvernement algérien qui croit naïvement que ce projet avance toujours comme prévu et se concrétisera bientôt sur le terrain.