Exclusif. Le frère du chef de la DCSA et 9 officiers du renseignement incarcérés par le tribunal militaire de Blida pour « complot contre la sécurité nationale »

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C’est un méga-scandale qui a éclaté au cœur même des institutions sécuritaires les plus sensibles et délicates du pays. Le tribunal militaire de Blida a ordonné dans la soirée du jeudi 25 août dernier le placement sous mandat de dépôt de 9 officiers du renseignement militaire et extérieur en les inculpant de « complot contre la sécurité nationale », « divulgation d’informations classées secret défense » et d’insubordination hiérarchique après avoir désobéi à des instructions fermes communiquées par le haut commandement militaire. Parmi ces 9 officiers et militaires incarcérés, nous retrouvons le colonel Omar, le frère du puissant et influent général-major Sidi Ali Ould Zemerli, le chef de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA), le service de renseignement militaire rattaché à l’Etat-Major de l’Armée nationale et populaire (ANP). 

C’est certainement l’un des scandales les plus lourds et dangereux de ces 30 dernières années en Algérie. C’est la première fois que le frère d’un puissant décideur militaire, et de surcroît le patron d’un très sensible service de renseignement militaire comme la DCSA, se retrouve dans le rôle de chef d’orchestre d’un complot inédit et diabolique ayant ciblé la sécurité nationale et la stabilité des institutions de l’Etat. Le colonel Omar a effectivement géré dans l’ombre de son frère, le général-major Sid Ali Ould Zemerli, les dossiers les plus secrets de la DCSA. Des copies de ces dossiers ont été subtilisés, volés et falsifiés avant de parvenir à des cyber-activistes établis à Londres ou Paris pour alimenter une propagande médiatique visant à dénigrer, déstabiliser et affaiblir des hauts responsables militaires et civils de l’Etat.

D’autre part, l’enquête menée durant plusieurs jours par les enquêteurs du Centre Principal des Opérations (CPO) d’Antar a dévoilé que le colonel Omar avait manipulé sciemment les services de la DCSA en les inondant de lettres anonymes totalement farfelues pour justifier l’ouverture de plusieurs enquêtes incriminant des officiers militaires qui dérangeaient les desseins hégémoniques du clan formé par le frère du patron de la DCSA et ses acolytes.

Oui, des acolytes complices dans cette vaste fumisterie qui a détourné les services de la DCSA de leur vocation initiale : protéger l’intérêt suprême du pays en veillant sur la sécurité nationale. Des officiers de la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), le renseignement extérieur algérien, ont travaillé sous l’égide du colonel Omar pour établir des rapports sécuritaires bidonnés et truquées pour accabler les personnalités visées par les attaques du colonel Omar. Ces officiers ont occupé des fonctions névralgiques au sein de la DDSE comme le lieutenant-colonel Tarek Amirat, l’ex-chef de bureau de sécurité de l’ambassade d’Algérie à Paris ou Rome, qui était également durant toute l’année 2021 le numéro 2 de la cellule anti-subversion de la DDSE. Il s’agit également du commandement Abderrahmane, ex-chef de bureau de sécurité du consulat d’Algérie à Créteil et d’une certaine Assia, une civile ayant dirigé dans des conditions troublantes au nom de la DDSE le bureau de sécurité du consulat général d’Algérie à Paris.

Le capitaine Ramzi, un officier du renseignement intérieur ainsi que deux autres officiers de la DCSA et un homme d’affaires ont été également incarcérés à la prison militaire de Blida en raison de leur implication avérée dans le détournement, la diffusion et la manipulation des informations sécuritaires confidentielles classées dans les tiroirs des locaux de la DCSA.

Ce scandale inédit n’en est qu’à ses débuts et les enquêteurs du CPO d’Antar, relevant d e la Direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), poursuivent toujours leurs investigations en vue de convoquer ou d’interpeller d’autres officiers de la DDSE et de la DCSA soupçonnés pour leur participation aux agissements indélicats de ce réseau de complotistes ayant trahi leur serment pour servir leurs propres intérêts mercantiles ou personnels. Dans les jours à venir, ce scandale pourrait aboutir à de nouvelles révélations fracassantes qui dévoileront l’ampleur des pratiques immorales ayant miné de l’intérieur diverses directions des services secrets algériens.