Exclusif. La nouvelle découverte de Sonatrach était connue… depuis 2017/2018 et ENI a obtenu des avantages injustifiés

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La nouvelle découverte de pétrole annoncée en grande pompe le 21 mars dernier par la Sonatrach et son partenaire italien ENI n’en est pas…une. Et pour cause, le puits ciblé par les équipes de Sonatrach et d’ENI était déjà identifié, exploré et connu depuis au moins 2017/2018 par les services de l’Activité Exploration-Production (EP) de la compagnie nationale des hydrocarbures, SONATRACH, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

En effet, nous avons pu vérifier au cours de nos recherches que le puits d’exploration HDLE-1 dans le périmètre de recherche Zemlet El Arbi, localisé dans le Bassin de Berkine avait été exploré et identifié bel et bien auparavant par les équipes de Sonatrach. Les spécialistes de la production et de l’exploration de la compagnie nationale des hydrocarbures avaient cerné le potentiel prometteur de ce gisement, mais son exploitation a été gelée et reportée depuis 2019 en raison de l’instabilité chronique ayant régné au sein de la Sonatrach depuis le début de la crise politique en Algérie à partir de février 2019 et ensuite le ralentissement inédit de l’activité économique mondiale particulièrement dans le secteur des hydrocarbures provoquée par la pandémie de la COVID-19.

Il faut savoir que ce gisement est situé dans le bassin de Berkine qui fait l’objet de nombreux travaux de forage et d’exploration depuis de nombreuses années. Ce bassin est situé dans la partie Nord-Est de la Plate-forme Saharienne et s’étend sur une superficie de 102 395 km2. Il est limité à l’Ouest par les axes structuraux de Rhourde Nouss et au Sud par le vieux môle d’Ahara-El Ouar, d’orientation Est-Ouest. Ce bassin est subdivisé en trois zones pétrolières.

Nos sources assurent qu’il n’y a rien de révolutionnaire dans cette nouvelle découverte annoncée par Sonatrach et ENI. Cependant, cette annonce cache en réalité une pratique scandaleuse qui a été entièrement passée sous silence par les autorités algériennes.

Certes, ce nouveau puits est situé dans le périmètre de recherche Zemlet El Arbi. Le puits d’exploration HDLE-1 est également situé à 15 km des installations de raffinement de Bir Rebaa Nord (BRN). Cependant, ce puits fait partie d’un ensemble de nouveaux puits identifiés depuis 2016 et se trouvant sur le périmètre adjacent Sif Fatima II qui n’est nullement concerné par le contrat de recherche et d’exploitation signé entre la Sonatrach (51%) et la société italienne privée d’hydrocarbures ENI (49%), a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations.

Ces puits relevaient jusqu’à 2021 du patrimoine exclusif de Sonatrach. Et la compagnie nationale des hydrocarbures auraient pu facilement poursuivre toute seule l’exploration de ces nouveaux puits et préparer ensuite leur exploitation sans recourir aux services de son partenaire italien ENI puisqu’elle avait pu identifier grâce à ses équipes spécialisées les capacités des réservoirs potentiels de ces nouveaux puits. Mais au lieu de cela, la direction générale de Sonatrach a décidé de céder de gré à gré et sans aucune procédure de mise en concurrence l’exploration et la future exploitation de ces puits à l’italien ENI… et ce sans empocher le moindre dollar ou euro.

HDLE-1 est le premier puits d’une campagne d’exploration qui prévoit le forage de cinq (05) puits wildcat dans la région Nord du Bassin de Berkine. Ces 5 puits ont été découverts et identifiés auparavant par les équipes de Sonatrach et ils ne concernent pas le périmètre Zemlet El Arbi, situé dans la région prolifique du Bassin de Berkine à près de 300 km au sud-est de Hassi Messaoud, qui fait l’objet d’un contrat de recherche et d’exploitation où SONATRACH détient 51% des intérêts et Eni détient les 49% restants, certifient nos sources bien introduites au sein de la division Exploration et Exploitation de la Sonatrach.

En décembre 2020, la Sonatrach et l’ENI avaient signé un accord préliminaire qui prévoyait l’élaboration d’une feuille de route fixant les démarches nécessaires en vue d’une éventuelle conclusion d’un ou plusieurs contrats d’hydrocarbures dans le bassin de Berkine sous l’égide du nouveau dispositif légal et réglementaire de la Nouvelle Loi sur les Hydrocarbures adoptée en novembre 2019.

Cet accord portait sur  le développement des gisements situés dans le bassin de Berkine, à savoir Zemoul El Arbi, Sif Fatima et Ourhoud II opérés par l’ENI qui sont entrés en production mais qui demandent des travaux d’exploration et de développement supplémentaires.

A la surprise générale, la Sonatrach a cédé un nouveau périmètre à l’italien ENI sans procéder à de nouvelles négociations qui permettraient à l’Algérie d’engranger de nouveaux investissements générant de nouvelles recettes en devises pour le pays.

En effet, le 15 décembre 2021, deux accords relatifs aux domaines des hydrocarbures et à la transition énergétique ont été signés par le Président Directeur Général de SONATRACH, MToufik HAKKAR et le CEO d’ENI, Claudio DESCALZI et ce, en présence du Ministre de l’Energie et des Mines, M. Mohamed ARKAB et de Son Excellence Monsieur Giovanni PUGLIESE, Ambassadeur d’Italie à Alger.

Le premier accord signé consistait en un nouveau contrat Exploration-Production dans la zone du Bassin de Berkine, le premier depuis la promulgation de la nouvelle loi sur les hydrocarbures 19/13. Cet accord permettait d’établir un contrat couvrant une superficie totale de 7880 km2 dans la partie Sud du bassin de Berkine où SONATRACH et Eni opèrent depuis 2013. Et c’est dans ce nouveau contrat que les 5 puits prometteurs situés à proximité des périmètres Zemlet El Arbi et Si Fatima ont été confiés par la Sonatrach à leur nouvelle association avec… ENI. Il s’agit en vérité d’une extension illicite et illégale d’un accord d’association qui n’a pas fait l’objet de discussions commerciales sérieuses et fiables. ENI avait ainsi obtenu de la part de la direction générale de Sonatrach conduite par Toufik Hakkar des avantages totalement injustifiés qui soulèvent, d’ailleurs, de nombreuses interrogations sur les véritables intentions des artisans de ces privilèges que l’on peut qualifier aisément d’illicites.

Selon nos investigations, l’ex-ministre de l’Energie, Abdelmadjid Attar, s’était vivement opposé à l’octroi de ce privilège aux italiens de l’ENI puisque la Sonatrach pouvait les exploiter avec ses propres moyens ou les proposer à un autre partenaire étranger pouvant mettre sur la table de nouveaux investissements conséquents pour assurer l’exploitation de ces nouveaux puits.

Abdelmadjid Attar a été limogé le 22 février 2022 à peine 7 mois après sa nomination en raison de son opposition à plusieurs mauvaises décisions adoptées par la direction générale de Sonatrach dans des dossiers névralgiques et sensibles comme par exemple cette attribution de l’exploitation et exploration de nouveaux puits à l’italien ENI.