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dimanche, février 5, 2023

Exclusif. La justice algérienne se prépare à relancer le dossier des années 90 pour lancer des poursuites contre Nezzar

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La justice algérienne a été officiellement instruite de relancer le dossier des années 90, à savoir la décennie noire, pour préparer l’inculpation de plusieurs anciens hauts responsables militaires impliqués dans des crimes massifs et des violations caractérisées des droits de l’homme, a-t-on appris de sources sûres. La justice algérienne devra, selon nos sources, sortir des tiroirs les dossiers de plusieurs anciens généraux des années 90. Mais le premier général qui sera ciblé par la réouverture de ces enquêtes judiciaires est Khaled Nezzar, l’ancien ministre de la Défense Nationale, qui est actuellement en fuite à l’étranger et en Espagne plus exactement. 

D’après nos informations, la Cour d’Alger a été instruite de préparer des poursuites judiciaires contre Khaled Nezzzar à propos des exactions commises à l’encontre de nombreux algériens au début des années 90. Khaled Nezzar était chef d’État-major de l’Armée nationale populaire de 1988 à 1990 puis ministre de la Défense nationale entre 1990 et 1993. Selon nos sources, les juges de la Cour d’Alger travaillent en ce moment sur des astuces judiciaires pour contourner les dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui offrent une véritable amnistie aux décideurs des années 90.

Adoptée le 29 septembre 2005, cette charte empêchait jusque-là de poursuite devant les tribunaux les hauts responsables militaires ou des leaders des groupes islamistes armés. Ceci dit, les juges de la Cour d’Alger tentent de s’appuyer sur quelques articles de cette charte lesquels précisent que « les personnes impliquées dans des crimes de sang, des attentats et des viols ont été exclues » des dispositions de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale.

Avec la relance des dossiers de la décennie noire, la justice algérienne pourrait, certifient nos sources, lancer un mandat d’arrêt international à l’encontre de Khaled Nezzar si ce dernier refuse de revenir au pays pour affronter les juges algériens. D’autres hauts responsables de l’establishment militaire des années 90 pourraient aussi faire les frais de la réouverture de ces délicats dossiers.

Il faut savoir enfin que le régime Bouteflika avait imposé une soumission absolue aux dispositions de la concorde civile pour se préserver contre « les réactions induites par le réveil de blessures encore vives ou provoquées par la crainte de voir le pays retourner vers un passé douloureux ». Mais si la Cour d’Alger se saisit officiellement du dossier Nezzar et des exactions des années 90, l’Algérie devra inévitablement réexaminer ce chapitre sombre de son histoire.

 

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