Exclusif. Incroyable mais vrai : les juges algériens mêlent un célèbre DJ israélien à un scandale de corruption au sein de Sonatrach

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C’est une extravagance totalement absurde qui entrera dans les annales de l’histoire judiciaire. Les magistrats algériens du pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) ont impliqué un célèbre DJ israélien à un scandale de corruption ébranlant la compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach. Il s’agit de l’affaire de l’acquisition en décembre 2018 de la raffinerie italienne Augusta. Les magistrats instructeurs algériens ont adressé des correspondances à travers des Commissions rogatoires internationales aux autorités judiciaires françaises, britanniques, émiraties et libanaises dans lesquelles ils affirment l’implication du DJ israélien Guy Avraham Gerber dans ce qui est présenté par l’Algérie comme étant « une affaire de corruption », a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Guy Avraham Gerber est l’un des plus célèbres DJ au monde. Ses concerts à Ibiza, Las Vegas, Londres ou New York. Il s’agit d’un DJ/producteur et musicien électronique israélien qui travaille dans la scène techno underground depuis 2002. Ses projets vont de la collaboration avec la figure du hip hop Puff Daddy au démarrage d’une soirée de gauche au club d’Ibiza, le Pacha. Ses albums sont vendus dans le monde entier et il compte des fans à travers toute la planète.

Guy Gerber est un musicien qui ne connaît aucune notion de la vie politique complexe en Algérie. Cet acteur important « du monde de la nuit » et de la musique électro ignore même l’existence de Sonatrach et de ses divers scandales de corruption, a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations au cours desquelles nous avons contacté plusieurs membres de l’entourage proche de ce DJ salué sur la scène internationale pour son talent.

Dans le dossier judiciaire communiqué par les juges algériens à leurs homologues étrangers, il est reproché à Guy Avraham Gerber d’avoir touché un virement de 50 mille dollars USD au mois de juin 2018 de la part de l’un des acteurs algériens « du scandale de la raffinerie Augusta ». Ce virement bancaire effectué par le biais d’une banque internationale établie au Liban a été considéré par les juges algériens comme une « preuve de corruption et de blanchiment d’argent ». Or, nous avons constaté au cours de nos investigations que les informations communiquées par la Justice algérienne sont totalement farfelues.

Et pour cause, le virement bancaire incriminé par les magistrats du pôle pénal économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed (Alger) ne date pas de juin 2018, mais de juin 2015, soit 3 longues années avant l’acquisition de la raffinerie sicilienne d’Augusta par la Sonatrach. Ces 50 mille dollars USD ont été ensuite remboursés par le DJ israélien fin juin 2016 par canal bancaire à travers la même banque internationale installée à Beyrouth au Liban.

Selon nos investigations, ces 50 mille dollars USD proviennent d’activités économiques déclarées le plus légalement possible à l’étranger et ne relèvent d’aucune activité financière en relation avec des projets réalisés dans le secteur des hydrocarbures en Algérie.

La Justice algérienne ne peut en aucun cas juger ou enquêter sur des opérations financières et économiques domiciliées à l’étranger ou effectuées par des ressortissants algériens résidents à l’étranger. Cette mission ne relève pas de ses prérogatives étant donné que ces activités économiques ou financières ne présentent aucune relation directe ou indirecte avec l’économie nationale.

L’implication du DJ israélien Guy Gerber dans une affaire de corruption en Algérie est de ce fait une stupidité inédite qu’aucune juridiction étrangère ou internationale ne peut prendre en considération. Cette démarche de la Justice algérienne peut être assimilée à une bêtise qui témoigne de l’amateurisme des magistrats algériens et de leur incapacité « intellectuelle » à traiter les dossiers financiers ou économiques les plus complexes. Une simple recherche sur Google aurait pu permettre aux magistrats du tribunal de Sidi M’hamed de comprendre que Guy Gerber est un DJ international totalement apolitique. Comment peut-il participer au détournement de l’argent public en Algérie en 2018 alors qu’il avait bénéficié d’un simple prêt amical en 2016 ?  Cette affaire extravagante ne manquera pas de jeter le discrédit sur la Justice algérienne qui personne à l’étranger ne peut prendre, désormais, au sérieux.

L’achat par Sonatrach, en 2018, de l’usine italienne de raffinage pour plus de 700 millions de dollars USD avait soulevé un tollé et des accusations qui ont enclenché en juillet 2020 l’un des plus gros scandales judiciaires en Algérie.  Un scandale qui suscite de nombreuses interrogations sur le bien-fondé de l’instruction judiciaire menée par des juges algériens puisque la raffinerie Augusta réalise depuis 2021 des centaines de millions de dollars de bénéfices et offre des opportunités de business importantes à Sonatrach en Europe.