Exclusif. Décès de 2 jeunes harragas à l’aéroport d’Alger : de très graves défaillances sécuritaires passées sous silence par la Justice algérienne

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De très graves défaillances sécuritaires ont été dévoilées par une commission d’enquête regroupant les enquêteurs de plusieurs services de sécurité dépêchée au niveau de l’aéroport international d’Alger à la suite du décès tragique le 4 juin dernier de 2 jeunes harragas dans le train d’atterrissage d’un avion d’Air Algérie stationné sur le tarmac de l’aéroport international d’Alger-Houari-Boumédiène. 

Selon nos investigations, cette commission d’enquête a pu constater que les clôtures qui encadraient un important périmètre de sécurité au niveau de cet aéroport de la capitale Alger étaient partiellement endommagées, voire totalement détruites au niveau de certaines parties sensibles situées à la lisière de la localité de Hammadi. Plusieurs tronçons de grillages troués ou abimés ont été identifiés pouvant permettre ainsi à des parfaits inconnus de s’introduire très facilement au sein du périmètre de sécurité du plus important aéroport du pays.

D’autre part, la même commission d’enquête a constaté qu’un grand nombre de caméras de surveillance déployées au niveau de certaines zones de l’aéroport international d’Alger étaient en panne et n’ont jamais été remplacées rendant ainsi tout travail de vidéo-surveillance impossible et caduc. Selon nos sources, près de 1000 caméras de surveillance étaient défectueuses et ne fonctionnaient plus. Ces caméras devaient être utilisées par les agents et équipes de la Police aux Frontières (PAF) pour protéger l’accès aux structures les plus sensibles de l’aéroport Houari Boumédiène.

Des guérites devant servir d’abri pour les agents de sécurité ont été également abandonnées et désertées laissant ainsi des zones entières de l’aéroport d’Alger sans aucune surveillance accrue. Les rondes opéraient par les éléments et patrouilles de la PAF n’étaient pas régulières et rigoureuses. Ce qui a laissé de nombreuses brèches sans aucun dispositif de sécurité au niveau de vastes zones délimitant l’espace dédié à l’aéroport international d’Alger.

Selon les premiers constats de cette commission d’enquête, ces défaillances ont facilité grandement la tâche aux deux jeunes harragas qui se sont introduits clandestinement au sein de l’aéroport d’Alger pour arriver jusqu’à la piste d’atterrissage et monter ensuite à bord d’un avion d’Air Algérie dans le but de s’y réfugier et dans l’espoir de rallier ensuite l’Eldorado européen.

Ces informations ont été occultées et ignorées par l’enquête judiciaire menée au niveau du tribunal de Dar El Beida. Le 12 juin dernier, le tribunal de Dar El-Beida avait placé en détention provisoire, à savoir sous mandat de dépôt, 6 personnes pour leur implication supposée dans le décès de 2 jeunes harragas à l’aéroport international d’Alger. Mais les magistrats en charge de ce dossier n’ont jamais osé convoquer les hauts responsables de la PAF ou de la DGSN, à savoir la Police algérienne, pour les auditionner et situer leur niveau de responsabilité dans ce drame qui a soulevé une vague d’indignation générale.

Selon nos investigations, plusieurs avocats comptent saisir le parquet du tribunal de Dar El Beida pour exiger la présentation ou la convocation de l’ex-premier patron de la direction nationale de PAF, Salah Makhlouf, qui avait été limogé le 7 juin dernier parmi 8 autres hauts responsables de la DGSN par la Présidence algérienne à la suite de ce scandale inédit. Soulignons enfin que tous ces hauts responsables relevés de leurs fonctions n’ont pas été encore soumis à l’enquête judiciaire en cours pour déterminer les circonstances précises du décès des jeunes harragas à l’aéroport d’Alger. La Justice offre jusqu’à maintenant à ces dirigeants de la Police algérienne une « impunité » qui soulève de nombreuses interrogations.