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samedi, janvier 28, 2023

Exclusif. Complexe du GNL à Skikda en panne depuis 7 mois : plus de 1,5 milliard de dollars de pertes à cause du bricolage de Sonatrach

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C’est un scandale inédit ! Depuis près de 7 mois, le complexe, l’usine de liquéfaction du gaz naturel (GNL) de Skikda est à l’arrêt à cause d’une panne technique que la direction générale de Sonatrach n’a toujours pas pu réparer bloquant ainsi les exportations algériennes vers l’étranger et occasionnant une perte de sèche estimée à près de 1,5 milliard de dollars ! Un énorme gâchis financier qui se produit au vu et au su des autorités algériennes qui ne bougent pas le petit doigt. 

Selon nos sources bien introduites au sein de cet important complexe pétrochimique, cette paralysie de la production a été provoquée par la panne de l’une des principales turbines vapeur. Il faut savoir que dans une usine GNL, les compresseurs sont si gros qu’il faut des turbines à gaz pour les faire fonctionner. Leur tâche consiste à refroidir le gaz à une température d’environ -160°C sous pression, et ce afin de le liquéfier. Cela le rend encore plus dense et permet de le stocker et de le transporter sous faible pression.

Dans le passé, les plus grandes usines de GNL utilisaient les mêmes turbines à gaz que celles des centrales électriques. Mais les modifications pour faire fonctionner les compresseurs étaient coûteuses. De plus, la grande variété de carburants qui sont produits dans les usines de GNL générait beaucoup d’émissions. Mais récemment, des fabricants mondiaux comme General Electric, Mitsubishi et Siemens, ont développé des turbines à gaz mieux adaptées à la production du GNL avec des réductions d’émissions importantes pour le secteur.

Sonatrach semble, malheureusement, dépassée par cette mutation technologique et dévoile toute son incompétence à assurer la maintenance de ses équipements industrielles. Le résultat est catastrophique pour l’économie algérienne : en 7 mois, ce complexe de GNL de Skikda n’a fait aucune exportation majeure vers l’Europe ou ailleurs dans le monde. En pleine chute brutale des revenus en devises de l’Algérie à cause de la baisse drastiques des achats gaziers de l’Espagne et de l’Italie ou la France, les traditionnels clients de l’Algérie, le GNL aurait pu permettre à Sonatrach d’explorer d’autres marchés internationaux.

Mais le PDG actuel de Sonatrach, Toufik Hakkar et ses collaborateurs se distinguent par une incompétence chronique et ne font aucun effort pour remédier à cette situation dommageable pour le pays.

Il faut savoir que cette usine du GNLN à Skikda n’est pas à sa première panne ou arrêt de production. Ces dernières années, elle connaît sans cesse de gros problèmes de gestion. En mars 2018,  le complexe de Skikda a risqué « une fermeture potentielle » suite à un important problème technique sur lequel Sonatrach n’avait jamais voulu donner de détails pour dissimuler ce qui se passe réellement dans ce complexe gazier.

 

En décembre 2019, la Sonatrach a annoncé qu’un arrêt momentané du complexe GNl de Skikda, durant deux mois, pour des raisons de maintenance et de révision du méga-train de l’usine.  Sauf que cet arrêt a duré jusqu’à aujourd’hui le mois de mai 2020 ! Et cela ne choque personne au plus sommet du pouvoir algérien. En 2017, le complexe avait aussi connu un arrêt qualifié de routinier par Sonatrach. Les problèmes ne cessent de s’accumuler provoquant ainsi des pertes énormes en devises pour notre pays.

La production de cet complexe pétrochimique du pays équivalait à 84% des 14 millions de tonnes de pétrole destinées à l’exportation chaque année. En 2004, l’Algérie exportait en outre plus de 60 milliards de m3 de gaz annuellement, dont plus de 10 milliards transitent par Skikda. L’Algérie a été le deuxième plus gros exportateur de GNL au monde en 2002, en expédiant par méthaniers 19,6 millions de tonnes, essentiellement vers l’Europe et les Etats-Unis. Aujourd’hui, ces performances ont totalement disparu.

Malheureusement, l’Algérie a perdu son leadership et en 2019, elle a été devancée par plusieurs producteurs et exportateurs de GNL comme le Qatar, 21,9% des exportations mondiales de GNL en 2019, l’Australie, 21,3% des exportations mondiales de GNL en 2019, les États-Unis : 9,5%, la Russie : 8,2%, la Malaisie : 7,4% ou le Nigéria : 5,9%. Les parts de l’Algérie du GNL ne dépassent pas les 3,4 % du marché mondial en 2019. Quelle triste déchéance…

 

 

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