EXCLUSIF – Accusé de Corruption et Convoqué par la Justice, Tahar Allache Espère une Promotion !

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Selon nos informations, un profond remaniement va affecter le secteur des transports depuis le Ministère de tutelle, ses différentes directions et services, mais également l’ensemble des entreprises, organismes et filiales rattachés à l’activité, tels le Métro d’Alger, Air Algérie ou autre l’EGSA.

Stratégique, très sensible et donc convoité, le poste de Directeur Général de l’Entreprise de Gestion des Services Aéroportuaires (EGSA) d’Alger, dont la mission est la gestion, l’exploitation et le développement des 17 aéroports répartis au Centre-Nord et Sud du territoire, est l’objet aujourd’hui d’âpres tractations et soumis à de fortes pressions de la part des services du Ministère des Transports, de la Présidence de la République, du Ministère de la Défense et des Services de Renseignements algériens, qui veulent y placer un de leurs hommes.

Parti à la retraite il y a quelques jours, l’ancien DG de l’EGSA installé par décret présidentiel, Mohamed Aoudia, a été remplacé par Mustapha Sebaihi, un ancien cadre à l’Établissement National de la Navigation Aérienne (ENNA) et Directeur Général adjoint de l’EGSA, pour assurer l’intérim dans l’attente de la nomination d’un nouveau Directeur Général.

Mohamed Aoudia – ex DG de l’EGSA

Très apprécié par ses collègues et par la hiérarchie, Sebaihi avait été un temps désigné pour remplacer Tahar Allache, l’actuel Président Directeur Général de la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA), une filiale de l’EGSA à 100%, créée spécialement pour le pilotage stratégique de l’aéroport International d’Alger Houari Boumediene.

Rappelons que Tahar Allache avait été, le 24 Septembre 2019, relevé de ses fonctions par les autorités judiciaires algériennes suite aux nombreuses plaintes qui avaient été introduites auprès de la justice pour des affaires de corruption, d’abus de fonction et de malversations, entre autres.

Lire nos enquêtes sur Tahar Allache ici.

Le Ministère des transports avait alors validé la décision de remplacement, avant de se rétracter et annuler le Conseil d’Administration de la EGSA entérinant le départ de Tahar Allache…

Le Conseil d’Administration, en tant qu’organe de gestion, constitue pourtant le mécanisme majeur de contrôle des activités des EPE (SPA) et le levier essentiel de la gouvernance d’entreprise.

Alors qu’il cumule le poste de Président du Conseil d’Administration et Directeur Général de la SGSIA, faisant de lui le Président Directeur Général (PDG) de ladite entreprise, Tahar Allache contrôle pleinement le conseil d’administration de la SGSIA, dans la mesure où la grande majorité des membres sont hiérarchiquement ses subordonnés… Et cela a de fâcheuses conséquences !

Rappelons qu’il a été installé par le Conseil d’Administration en tant que PDG pour un mandat de 3 ans à la tête de la SGSIA, et ce depuis le 30 Septembre 2006 selon le procès verbal N°1 du Conseil d’Administration du même jour, avant d’être reconduit par résolution du Conseil d’Administration le 1er Juillet 2010, puis le 11 Juillet 2013, de nouveau le 15 Juin 2016, et le 27 Juin 2019…

« Tahar Allache préside le conseil d’administration à sa guise, souvent en l’absence même des représentants légaux de la maison mère EGSA, ou du ministère des transports ! » Nous révélera T.G., un ancien responsable financier.

Va-t-il s’auto-proroger encore le mandat une cinquième fois d’affilée, alors que les règles d’usage et de bons sens ne devraient pas lui permettre de se permettre plus de trois mandats ? Réponse dans quelques jours…

Mais comment en est-on arrivé là ?

A la fin de l’année 2002, le Ministre des transports a donné son accord au patron de l’EGSA Mohamed Salah Boultif, pour le lancement d’un appel d’offres pour le parachèvement de l’aéroport international d’Alger.

La Société aéroports de Paris (ADP), plus précisément sa filiale ADP Management (ADPM), a conclu en juin 2004, sous le Ministre des transports Maghlaoui, un contrat d’assistance technique de deux ans pour un montant de plus de 4 millions d’euros avec l’autorité aéroportuaire EGSA.

A cette époque, il était prévu la participation future d’ADM dans le capital de la SGSIA à hauteur de 30%, l’EGSA en gardant 70 % du capital, sauf que cela n’a pu se faire comme l’avait promis feu Mohamed Maghlaoui, une partie du gouvernement algérien s’étant opposé à la démarche sous prétexte… d’une perte de souveraineté nationale !

Les travaux de parachèvement de l’aéroport ayant duré quatre ans, c’est officiellement le 1er novembre 2006, que le terminal 1 fut opérationnel. La veille, soit le 31 Octobre 2006, la filiale dénommée « Société de Gestion des Services et Infrastructures Aéroportuaire (SGSIA) » a été créée par l’entreprise-mère EGSA Alger, qui en détient 100% du capital.

ADPM avait alors élaboré un rapport d’orientation stratégique pour la période 2007-2010 qu’elle a remis à la SGSIA. Ce rapport relevait les forces et les faiblesses au sein de l’Aéroport d’Alger, dont l’insuffisance de qualification et de motivation du personnel.

« Nous avions clairement affirmé que le maillon le plus faible de la structure était celui de son PDG, et cela lui avait manifestement déplu. Depuis les choses n’ont pu vraiment décollé, si je puis m’exprimer ainsi. Il s’était même opposé au renouvellement du contrat de gestion déléguée » déclarera amusé T.G, aujourd’hui installé en France.

Notons que l’Aéroport d’Alger est le seul sur le territoire national à être géré par une autre entreprise que l’EGSA, avec tous les doublons administratifs et les aberrations réglementaires telles un second conseil d’administration (EGSA et SGSIA) pour gérer une seul et même Aéroport… Et cela continue !

Un contrat de gestion déléguée de gré à gré a été signé entre la SGSIA, qui gère l’aéroport d’Alger, et l’entreprise ADP Management (ADPM), filiale d’ADP qui exploite des aéroports à l’étranger.

Le contrat avec ADPM, entré en vigueur le 1 novembre 2006, a été renouvelé pour une période de 48 mois débutant le 1er janvier 2011 pour finir à la fin 2014. Au-delà de cette date les deux parties n’ont pas souhaité le renouvellement du contrat de gestion déléguée.

Pour ADP, la contrainte nécessaire de départ était motivée parce que « l’espoir d’entrer au capital de la SGSIA n’était plus envisageable » nous dira notre source.

Depuis, Tahar Allache, aidé par des personnes influentes et bien placées, a profité de cette faille et s’est accaparé les pleins pouvoirs au sein de la SGSIA, approuvant seul sa nomination et le renouvellement de son mandat en tant que Président d’un conseil d’administration sous sa botte, gérant seul l’aéroport d’Alger et son extension avec le fameux projet du terminal ouest.

Cette mainmise sur une infrastructure stratégique appartenant à l’Etat algérien, calquée sur le système de prédation de l’ère Bouteflika, a bien évidemment donné lieu à d’extraordinaires affaires de corruption. Parmi elles, une enquête internationale impliquant les services judiciaires de la Grande Bretagne et le service de la Brigade Economique et Financière de la Police Judiciaire d’Alger, a pu mettre en lumière le rôle joué par Tahar Allache dans des actes de malversations, pots de vin, mauvaise gestion, abus d’autorité… Cela lui a valu plusieurs interdictions de sortie du territoire national et sa comparution prochaine à un procès qui promet d’être retentissant.

Pourtant il est toujours à la tête de la SGSIA, et il espère prendre le poste de Directeur Général de l’EGSA. En toute impunité !

Pauvre Algérie…

2 COMMENTS

  1. Longue vie à Bouteflika et son frére de combat Boumedienne , les pères du pays depuis sa création en 1962, qui ont instauré les solides bases de l’Algérie , en éliminant les traitres ( comme Chaabani Boudiaf et autres) et en donnant le plein pouvoir aux glorieux militaires patriotes (comme Belkhir et Nezzar) , et longue vie aussi aux 6 millions 532 312 des chouhadas.
    TEBBOUNE et CHENGRIHA ont pris le flambeau des 2 pères de L’ALGERIE .