Exclusif. A Alger, Blinken a demandé officiellement aux autorités algériennes de se lancer dans le gaz de schiste

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La coopération économique et la nécessité de renforcer les investissements américains ont figuré parmi les principales priorités abordées lors des entretiens entre les responsables algériens et le Secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, hier mercredi 30 mars en marge de sa visite officielle à Alger. Et la question délicate du gaz naturel a été au coeur de toutes ces discussions stratégiques. Le haut responsable américain a officiellement encouragé les autorités algériennes à se lancer dans l’exploitation du gaz de schiste en les assurant du soutien actif de nombreux investisseurs américains qui sont prêts à venir en Algérie afin de participer aux investissements colossaux dans le secteur des hydrocarbures, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

En off, Antony Blinken a expliqué aux dirigeants algériens la volonté manifeste de la Maison-Blanche d’appuyer les efforts de l’Algérie dans l’exploitation de ses immenses et prometteuses réserves de gaz de schiste. L’administration américaine a officiellement fait savoir à Tebboune et ses principaux collaborateurs qu’elle n’hésitera pas à encourager les investissements américains dans ce secteur très sensible des hydrocarbures. Selon Blinken, l’Algérie joue un rôle majeur pour l’approvisionnement énergétique mondial notamment en Europe où les pays alliés des Etats-Unis sont désireux de s’émanciper définitivement de l’emprise du gaz russe.

Dans ses échanges avec les dirigeants algériens, Anthony Blinken a confirmé l’intention de la Maison-Blanche de soutenir les géants américains des hydrocarbures qui voudront investir en Algérie et permettre à notre pays de profiter leurs technologies novatrices permettant de limiter les dégâts environnementaux lors de l’exploitation des gisements de gaz de schiste.

Selon nos sources, l’engagement américain à soutenir les investissements de l’Algérie dans le gaz de schiste n’a pas été accompagné par des propositions chiffrées. Du moins pour l’instant, il s’agit d’un accord de principe et d’une promesse solennelle de l’administration américaine pour accompagner l’Algérie dans cette aventure du gaz de schiste. Il semble que cet accord pourrait se concrétiser très rapidement si l’Algérie assure à Washington qu’elle fera ouvertement des efforts pour maintenir sa distance avec l’Iran, l’ennemi d’Israël des monarchies du Golfe, à savoir les précieux alliés des Etats-Unis, et réduit drastiquement sa dépendance politique vis-à-vis de la Russie de Poutine, assurent certaines nos sources qui ont assisté à ces pourparlers entre Blinken et Tebboune ainsi que plusieurs autres dirigeants algériens au Palais Présidentiel d’El-Mouradia.

Cependant, l’ambassade des Etats-Unis à Alger se charge de coordonner les échanges et pourparlers de plusieurs groupes américains avec le ministère de l’Energie et la Sonatrach en vue de préparer le terrain à d’éventuels accords pour l’exploitation des réserves algériens du gaz de schiste.

L’intérêt américain pour le gaz de schiste algérien n’est pas nouveau. Depuis au moins 2018, des négociations officieuses ont été lancées par des majors américains comme le géant ExxonMobil avec la Sonatrach pour défricher le terrain et relancer de nouveaux travaux d’exploration pour identifier les premiers gisements à exploiter en priorité. Ce processus nécessite des investissements gigantesques. A l’époque, une étude confidentielle présentée en marge des pourparlers entre Sonatrach et ExxonMobil avait dévoilé un montant de 200 milliards de dollars d’investissements nécessaires sur une période de 10 ans pour lancer en grande pompe la production et l’exportation du gaz de schiste en Algérie.

Rappelons enfin que les actuelles réserves nationales de gaz de schiste placent l’Algérie au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et l’Argentine, d’après l’Agence de l’information sur l’énergie (EIA) américaine.