Enquête. Manque d’enseignants, désintérêt pour la lecture, suivi des parents : les élèves algériens manquent cruellement d’accompagnement

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L’accompagnement pédagogique et parental des enfants scolarisés en Algérie cause énormément de problèmes. Manque d’enseignants dans les écoles, désintérêt pour la lecture, des parents peu impliqués dans le suivi scolaires de leurs enfants, la scolarisation des enfants algériens se déroule dans un environnement inadapté et de plus en plus hostile pour l’épanouissement des enfants. C’est, effectivement, ce que nous apprend l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), un programme mondial appuyé techniquement par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

Le programme mondial des enquêtes MICS a été effectivement élaboré par l’UNICEF dans les années 1990 en tant que programme d’enquête-ménage international qui vise à soutenir les pays dans la collecte de données comparables au niveau international sur un large éventail d’indicateurs relatifs la situation des enfants et des femmes. Les enquêtes MICS mesurent les indicateurs clés qui permettent aux pays de produire des données en vue de leur utilisation dans les politiques et programmes et de suivre les engagements convenus au niveau international.

Les principaux objectifs de ces enquêtes est de générer des données désagrégées afin d’identifier les disparités et les personnes les plus vulnérables en vue de permettre l’élaboration de politiques orientées sur l’inclusion sociale ainsi que de produire des données désagrégées en vue d’élaborer et évaluer les politiques, projets et programmes de développement dans divers domaines (santé maternelle et infantile, pratique contraceptive, lutte contre le paludisme, du VIH, eau, assainissement, éducation, logement).

En décembre 2020, l’UNICEF a publié les résultats de la sixième édition de l’enquête par grappes à indicateurs multiples, Multiple Indicator Cluster Survey (MICS) qui a été menée en Algérie en 2019 par la Direction de la Population du Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière dans le cadre du programme mondial des enquêtes MICS. Elle a été réalisée avec l’appui financier et technique du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et une contribution financière du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Et ces résultats nous révèlent que si 97,5 % des enfants algériens fréquentent l’école, leurs parents demeurent peu impliqués dans la gestion scolaire. En effet, uniquement 3,4 % des parents algériens participent à des réunions convoquées par un organe directeur de l’école. 2,9 % des parents algériens participent à des réunions qui abordent des questions éducatives et financières importantes. 20,6 % des parents algériens participent aux célébrations sportives ou scolaires organisées par les écoles de leurs enfants. Il sont, en revanche, pas moins de 65,2 % à rencontrer les enseignants pour discuter des progrès scolaires de leurs enfants.  Cela signifie tout de même que près de 35 % des parents algériens ne discutent pas des problèmes ou des progrès de leurs enfants avec les enseignants. Une proportion qui demeure alarmante au regard de l’importance du parcours scolaire dans la réussite sociale de l’individu dans l’époque moderne.

La même enquête MICS nous apprend également que pas moins de 39 % des élèves algériens n’ont pas pu assister à la classe en raison de l’absence des enseignants ou de la fermeture scolaire.

Les incidents et catastrophes naturelles expliquent dans près de 8 % des cas la fermeture d’un établissement scolaire en Algérie alors que dans 92,5 % des cas, les élèves algériens sont libérés par leurs écoles faute d’enseignants.

La lecture est l’autre point faible de la scolarité des enfants algériens. Et pour cause, seulement 32,6 % des enfants algériens disposent de 3 livres ou plus à lire à la maison. Un pourcentage très faible qui explique la baisse générale du niveau de la culture générale des élèves algériens qui lisent très peu, mais vraiment très peu.

Fort heureusement, plus de 75 % des enfants algériens reçoivent de l’aide de leurs parents pour accomplir des devoirs scolaires. Mais cela n’empêche pas la généralisation progressive des cours de soutien scolaire en Algérie. Pour preuve, 23,7 % des enfants algériens bénéficient de cours de soutien scolaire. Seulement 7,5 % des parents des enfants algériens sont membres d’une association de parents d’élèves et à peine 4,6 % de ces parents sont considérés comme des parents actifs.

Ces données démontrent un inquiétant désintérêt des parents algériens pour l’avenir scolaire de leurs enfants. Elles démontrent enfin que l’accompagnement des élèves algériens est énormément défaillant faisant ainsi peser la menace d’une grande déperdition scolaire ou d’un taux d’échec élevé. Ce qui empêche l’accomplissement et épanouissement de ces enfants dans leur future vie d’adultes.

 

3 COMMENTS

  1. Toute l’Algérie sera bientôt en panne car de plus en plus démotivée !
    Quand les cachiristes, baltaguis et autres indicateurs de la junte auront fini d’évacuer les enseignants en Espagne, à bords de leurs embarcations-ansej, à prix forts, ils pourront se recycler dans l’enseignement pour suppléer ces départs. Comme à l’indépendance, les cordonniers, les plombiers et les maçons Egyptiens avaient suffit au bonheur des pauvres algériens !
    Dans la nouvelle Algérie, les cachiristes et baltaguis suffiront. El Dzaïr tekfina bynatna !
    Y’a juste à assurer l’évacuation de tous ceux qui s’opposent. Faire le vide autour de soi, c’est la solution idoine !

  2. Pourquoi se plaindre puisque nos chers chérubins savent par cœur faire le lavage des morts, n’est ce pas le plus Essentiel. Leurs enfants à eux sont des écoles privées en Europe et à travers le monde , scolarités bien sûr réglées rubis sur ongles par nos valeureux ambassadeurs.
    Vive l’anjiri nouvelle.