Enquête. L’accès à l’eau potable demeure compliqué et difficile pour plus de 50 % des ménages Algériens

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Plus de 50 % des ménages Algériens accèdent difficilement à l’eau potable. Seulement 48,9 % des ménages algériens disposent de l’eau courante directement dans leur logement. Les autres ménages sont contraints de s’approvisionner en eau potable auprès de diverses autres sources externes qui offrent peu de garanties concernant la qualité de l’eau consommée.  C’est, effectivement, ce que nous apprend l’Enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS), un programme mondial appuyé techniquement par le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Les résultats de cette enquête de référence mondiale soulèvent de nombreuses interrogations sur les conditions de vie de la population algérienne.

Le programme mondial des enquêtes MICS a été effectivement élaboré par l’UNICEF dans les années 1990 en tant que programme d’enquête-ménage international qui vise à soutenir les pays dans la collecte de données comparables au niveau international sur un large éventail d’indicateurs relatifs la situation des enfants et des femmes. Les enquêtes MICS mesurent les indicateurs clés qui permettent aux pays de produire des données en vue de leur utilisation dans les politiques et programmes et de suivre les engagements convenus au niveau international.

Les principaux objectifs de ces enquêtes est de générer des données désagrégées afin d’identifier les disparités et les personnes les plus vulnérables en vue de permettre l’élaboration de politiques orientées sur l’inclusion sociale ainsi que de produire des données désagrégées en vue d’élaborer et évaluer les politiques, projets et programmes de développement dans divers domaines (santé maternelle et infantile, pratique contraceptive, lutte contre le paludisme, du VIH, eau, assainissement, éducation, logement).

En décembre 2020, l’UNICEF a publié les résultats de la sixième édition de l’enquête par grappes à indicateurs multiples, Multiple Indicator Cluster Survey (MICS) qui a été menée en Algérie en 2019 par la Direction de la Population du Ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme Hospitalière dans le cadre du programme mondial des enquêtes MICS. Elle a été réalisée avec l’appui financier et technique du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et une contribution financière du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Et ces résultats nous révèlent que pas moins de 14,3 % des ménages recourent à des camions citernes pour pouvoir s’alimenter en eau potable. 10,4 % des ménages algériens dépendent de l’eau en bouteille, à savoir une eau livrée et emballée, pour ses besoins les plus élémentaires. 3,3 % des ménages algériens recourent aux forages et 2,6 % des familles algériennes dépendent des puits protégés. 2,5 % des ménages algériens s’alimentent directement en eau potable auprès d’une fontaine ou robinet public. La même enquête de terrain indique que 7,4 % des ménages algériens accèdent à l’eau courante uniquement depuis leur cour ou jardin, à savoir à l’extérieur de leur logement.

Selon toujours la même enquête, au moins 24 % des ménages algériens ont besoin de 30 minutes pour se rendre à la source d’eau de boisson, obtenir de l’eau et revenir. Les recherches menées dans le cadre de l’enquête MICS ont permis de constater aussi que le pourcentage de ménages sans eau de boisson sur place est de 29,5 % en Algérie. Cela signifie que les membres de ces ménages algériens doivent sortir quotidiennement à l’extérieur de leurs domiciles pour obtenir de l’eau potable et satisfaire leurs besoins.

Il est à signaler enfin que le pourcentage de ménages disposant d’eau de boisson en quantité suffisante en Algérie est de 72,7 %. L’accès à l’eau potable est une problématique qui devient de plus en plus complexe et inquiétante en Algérie. Et pour cause, le pays  un stress hydrique depuis plusieurs années. Les eaux de pluie restent insuffisantes. Ce qui donne une alimentation moyenne en eau potable (AEP) de 450 m3/habitant/an. Une quantité en deçà des standards internationaux, fixés à plus de 1 000 m3/an/habitant. Un taux de plus de 50 % d’eau potable est assuré de sources hydriques souterraines, 30 % par les barrages et 17 % par traitement des eaux de mer. Depuis 2020, les autorités algériennes insistent sur l’impératif « d’une exploitation et d’une gestion rationnelles cette ressource » en raison des coupures intempestives de l’eau dans les grandes villes du pays causées par la sécheresse et l’amenuisement des réserves hydriques du pays.