Enquête Exclusive – Révélations Sur Les Transferts Des Biens Immobiliers de Sonelgaz !

0
1891

L’immense patrimoine immobilier de la Sonelgaz va une fois encore mobiliser de grandes ressources financières entre les frais d’enregistrements et notariaux, sans parler des ressources humaines qui vont passer du temps à refaire et toutes ces opérations ou la déperdition du patrimoine est flagrante…

Au sein de cette grande entreprise publique, la mauvaise gestion et le détournement de deniers publics est facilitée par des stratagèmes connus par les seuls responsables Algériens. En exemple, cette disposition réglementaire interne, mise en place par l’ex PDG Noureddine Boutarfa, qui repose sur ces quelques mots : « Sauf accord du PDG » ! Par cette annotation, le PDG de Sonelgaz peut se permettre en toute illégalité, de rendre licite ce qui ne l’est pas… Exemple !

L’interdiction de recourir au contrat de gré à gré répond à une injonction de la loi sur les marchés publics qui en a réglementé l’usage… sauf accord du PDG pour la Sonelgaz.

De même, la charte de Sonelgaz interdit le sponsoring des associations à caractère religieux (à cause du terrorisme), bien évidemment…sauf accord du PDG !

Mais là n’est pas le plus grave, d’autres solutions ont été imaginées pour dépouiller l’immense entreprise et détourner son tentaculaire patrimoine immobilier, par des personnes initiées et qui connaissent parfaitement le système.

Il faut savoir que trois grandes opérations de transcriptions des biens immobiliers ont été effectuées au sein de la société publique d’Electricité Algérienne. : (voir un échantillon sur la présentation PPT).

La première, en 1969, a concerné les transferts de biens de l’EGA, ancienne compagnie publique algérienne qui entre 1947 et 1969 était chargée du monopole de la production et de la distribution du gaz et de l’électricité, à la nouvelle entité portant le nom de Sonelgaz, et qui n’a toujours pas été clôturée à ce jour ! Des actes de propriétés inexistants et des négatifs auraient tout simplement disparus et sont introuvables, alors que des immeubles entiers et de nombreux terrains sont occupés par des tiers.

L’inénarrable Chakib Khelil, l’ex Ministre de l’Energie et des Mines, décide, à travers la loi de février 2002, l’ouverture du secteur de l’électricité à l’investissement privé. Ainsi promulguée, cette loi ouvre le champ à la concurrence dans les domaines de l’électricité et de la distribution du gaz par canalisations.

Noureddine Boutarfa, placé par Chakib Khelil, PDG de Sonelgaz en 2004 pour y rester jusqu’en 2016, avec la précieuse aide de Telli Achour, Secrétaire Général du syndicat UGTA de la Sonelgaz depuis 35 ans, et avec la complicité passive de la quasi-totalité des cadres du groupe, du Conseil des Participations de l’Etat et d’une bonne partie de l’exécutif, de nouvelles filiales de Sonelgaz ont été créées, s’organisant dorénavant en Entreprise Publiques Economiques, se séparant ainsi de l’Etat qui se retire de la gestion directe, au nom de l’indépendance organique et fonctionnelle de la nouvelle entreprise publique…

           

Cette décision marque le point de départ en 2012 du second acte de transferts de biens immobiliers devenus subitement cessibles, aliénables et saisissables, de la Sonelgaz vers ses filiales que sont SPE (Société de Production d’Electricité), GRTE (Gestion du Réseau de Transport de l’Electricité) et SDC (Société de Distribution d’électricité et de gaz du Centre, qui depuis 2017 est devenue la Société Algérienne de Distribution de l’Electricité et du Gaz : SADEG).

             

Cette opération, consignée dans un rapport de 136 pages dont nous détenons une copie, n’a pu été clôturée à ce jour, pour les mêmes raisons que celles ayant touché la première vague de cession…

Malgré cela, Sonelgaz a toujours nié que des biens lui appartenant avaient pu être détournés ou indument occupés, alors qu’elle mettait en même temps en place, en 2017, une commission chargée de répertorier les biens immobiliers et le parc automobile de la société avait alors été mise en place par le remplaçant de Noureddine Boutarfa : Mr Mustapha Guitouni, PDG de la Sonelgaz entre 2016 et 2017…

En Février 2017, L’Assemblée Générale Ordinaire de Sonelgaz a approuvé, quelque mois avant le départ de Noureddine Boutarfa de son nouveau poste de Ministre de l’Energie, une nouvelle organisation de cette société publique « suite à un processus d’évaluation de l’efficience de la restructuration des activités du groupe », selon un communiqué du Groupe.

Le même communiqué précise en outre que l’objectif recherché « est également d’asseoir une nouvelle organisation qui soit la plus opportune, la plus fonctionnelle et la plus flexible qui permette la mutualisation, l’harmonisation, la transparence, le contrôle, l’évaluation, l’exercice et la détermination des responsabilités« …

Cette décision a donné lieu au re-transfert des filiales de Sonelgaz vers la maison mère Sonelgaz, opération qui a débuté en 2019 sur instruction de Chaher Boulekhras !

« Peut-être pour se saisir de leur part du gâteau » ironisera une source interne.

Chahar Boulakhras est rentré à Sonelgaz en décembre 1999. Il a débuté sa carrière en tant que chargé de la communication au niveau de la filiale de Distribution de l’électricité et du gaz, à Constantine. Il est nommé chef d’agence commerciale à Béjaïa d’Août 2002 à Septembre 2006, puis à Tizi Ouzou de septembre 2009 à juillet 2012.

En juillet 2012, c’est Noureddine Boutarfa qui va donner une première attribution de niveau à M. Chahar Boulakhras en le nommant au poste de Directeur Général du Pôle Diesel au sein de SPE, société de production d’électricité, dont le métier diffère totalement de la distribution dont est issu Boulakhras.

Cette décision est un stratagème finement planché par Boutarfa, qui, rappelons-le, avait déjà été, au même titre que son prédécesseur Abdelkrim Benghanem, placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de l’enquête sur les contrats attribués par Sonelgaz à SNC-Lavalin pour la construction de centrales électriques. Le but était que cette nouvelle position serve de tremplin à Boulakhras pour être catapulté après une année, soit en 2013, à la tête de la société Shariket Kahraba wa Taket Moutadjadida (SKTM)…

Chaher Boulakhras n’a jamais été à la hauteur du poste qui lui avait été attribuée, en preuve les nombreux rappels à l’ordre lors des comités exécutif à cause de de sa gestion, des chiffres erronés qu’il présentait à ses supérieurs, ainsi que des programmes de développement qu’il ne réalisait pas ou de la maintenance des ouvrages qu’il n’exécutait pas, comme vous pouvez le constater ci-après.

   

Alors comment expliquer que Boulakhras se retrouve propulsé PDG de la Sonelgaz malgré ses défaillances dans la gestion d’une de ses filiales ?

Vous le saurez dans la deuxième partie de cette palpitante enquête, que vous pourrez lire dans une de nos très prochaines publications.

Amir Youness

[email protected]