ENQUETE EXCLUSIVE – Les Bonnes Affaires Immobilières Parisiennes de la Famille Hamoudi, Propriétaires de Bimo !

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Algeriepart continue de consacrer sa série d’articles sur ceux et celles qui sont censés participer et proposer un ensemble de solutions structurelles pour l’économie algérienne, mais qui, à la première occasion, vont investir leur argent en dehors d’Algérie à l’image d’Amar Hamoudi, Amal Lamari, Lamine Nezzar et bien d’autres encore… 

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En 1981, Amar Hamoudi, va créer une entreprise artisanale privée, Nouvelle Biscuiterie Moderne (Bimo). Cette petite entreprise va évoluer en un groupe Industriel de l’agroalimentaire spécialisé dans la biscuiterie, la chocolaterie, la gaufretterie et de cacao.

Détenant plus d’un tiers du marché national, Bimo est devenu leader de son marché, réussissant même à devenir exportateur de beurre de Cacao vers l’Europe, dès la fin des années 90.

Amar Hamoudi, qui se dit partisan d’une politique de “patriotisme économique”, est assisté dans la gestion du groupe par ses deux fils Yacine et Mehdi Sid Ali qui sont ses deux vice-présidents, réalisant un chiffre d’affaires de près de 100 Milliards de Dinars dont plus de 20 % à l’export..

Une réussite qui a conduit au mois de Décembre 2021, malgré plusieurs redressements fiscaux, le Président Abdelmadjid Tebboune à remettre la médaille de l’ordre de mérite national au PDG du groupe « Bimo », Amar Hamoudi, pour ses efforts dans la modernisation du groupe et le développement de ses activités pour faire face à la rude concurrence.

Or Amar Hamoudi, né au mois d’Aout 1949 à Boghni et de nationalité algérienne, avec son épouse Baya Abbes Hamoudi, née en Septembre 1948 à Bord-Menaiel et de nationalité algérienne, et tous deux fiscalement résident en Algérie ou ils ont le centre de leurs intérêts économiques, vont acquérir plusieurs biens immobiliers en France, alors que cela est totalement prohibé par la législation algérienne.

En effet, en 2003 le couple Hamoudi va se payer un ensemble immobilier pour une valeur de plusieurs Millions d’euros, à la rue de Rennes.

Pour ce faire ils vont chacun déposer la somme de 1,301 Millions d’Euros en numéraire pour créer une Société Civile Immobilière dénommée LYAMAYA, qui exploite un appartement à la Rue de Rennes dans le quartier de Montparnasse à Paris.

Comment ont-ils pu en 2003 réunir cette somme en France sachant qu’ils ont déposé cette somme en Numéraire à la banque HSBC République ?

A cette époque l’achat de biens immobiliers était totalement interdit aux citoyens algériens fiscalement résidents dans le Pays, et aucun transfert d’argent en ce sens ne pouvait être autorisé par le gouvernement algérien.

Comme vous le savez, la législation algérienne interdit toutes acquisitions de biens immobiliers ou de constitutions d’avoirs à l’étranger pour les citoyens algériens résidents en Algérie, sans l’aval des autorités bancaires du Pays.

La règlementation des changes algérienne est une réglementation de contrôle stricte des mouvements de fonds entre l’Algérie et l’étranger dans le but de maintenir l’équilibre de la balance des paiements de l’Algérie.

L’article 126 de l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003, relative à la monnaie et au crédit modifiée et complétée, interdit formellement aux résidents la constitution de tout avoir, qu’il soit immobilier, mobilier, fiduciaire ou bancaire, à partir de fonds provenant d’Algérie, sauf autorisation expresse de la Banque d’Algérie.

La Banque centrale a publié le 3 février 2007 une prescription claire spécifique aux règles applicables aux transactions courantes avec l’étranger et aux comptes devises, il s’agit du règlement 07-01 du 03 février 2007.

A cet effet, l’article 8 dudit règlement dispose ce qui suit : « Hormis les cas expressément prévus par l’article 126 de l’ordonnance n°03-11 (…), la constitution d’avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite ».

En 2015, l’Algérie avait assoupli sa réglementation en autorisant l’investissement à l’étranger sous certaines conditions.

En effet, l’investissement doit être en « rapport avec l’activité de l’opérateur économique de droits algériens concerné ; doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité ; ne doit pas porter sur des opérations de placements ou sur des biens immobiliers autres que ceux correspondants aux besoins d’exploitations des entités créées à l’étranger ou faisant partie intégrante de leur activité.

Or M. Hamoudi, gérant depuis 2003 de la société française SCI LYAMAYA sise à la Rue de Rennes à Paris, ne réunit pas les critères arrêtés par les autorités du Pays, lui permettant d’ouvrir une société à l’Etranger !

Contacté, un cadre de la Banque d’Algérie nous a affirmé qu’aucune société privée algérienne, hormis le groupe Cevital, n’avait obtenu le précieux sésame lui permettant d’ouvrir des entreprises à l’étranger !

Nous avons alors contacté Mr Yacine Hamoudi par mail, lui demandant si une autorisation de la Banque d’Algérie pour entreprendre une telle action avait été obtenue. Nous n’avons reçu aucune ainsi qu’à toutes les questions qui vont suivre…

Le couple Hamoudi va continuer à défier les lois algériennes et n’es reste pas à ce seul investissement à l’étranger.

Au mois d’Avril 2015, Mr et Mme Hamoudi décident d’acquérir un autre ensemble immobilier sis à l’avenue Henri Martin dans le 16ème Arrondissement de Paris.

Amar et Baya Hamoudi décident alors de baisser le capital de la SCI et dégagent plus de 2 Millions d’Euros du capital de la SCI LYAMAYA pour le porter à 520.400 €.

La somme dégagée a-t-elle été déclarée et rapatriée en Algérie comme l’exige la législation algérienne ?

La même année, plus précisément à la fin du mois de Novembre 2015, Mr et Mme Hamoudi vont procéder à une donation de leurs parts dans la SCI LYAMAYA, permettant ainsi à leurs deux enfants, Yacine et Mehdi Sid Ali Hamoudi d’être propriétaires, avec respectivement leurs 6 enfants et 3 enfants de 2 appartements de 5 et 3 pièces au cœur de la capitale française, dans le quartier de la Muette dans le 16ème Arrondissement de Paris.

Pour cela deux prêts d’un montant de 1,8 M d’€ et de 436.488 € ont été consentis par la banque HSBC Bank France, ainsi que plus de 373.326 € de travaux, ce qui a engendré l’augmentation du capital de la SCI LYAMAYA à 2.611.834 € !

Mr Hamoudi Amar et son épouse avaient alors préalablement, en Septembre 2015, procédé à des apports en numéraires pour établir le capital de la SCI à 3.132.234 Euros !

Comment peuvent-ils justifier ces sommes détenues et les garanties bancaires proposées à l’étranger aux autorités algériennes ?

Les frères Yacine et Mehdi Hamoudi ont-ils déclaré ces biens immobiliers aux autorités bancaires et fiscales algériennes ?

Etrange que nos industriels qui clament publiquement un nationalisme patriotique, qui sont décorés par les plus grandes instances du Pays et qui pourtant n’en respectent pas les lois.

Une bonne majorité pratiquent même une flagrante évasion fiscale au vu et au su des autorités ! Qu’on en juge.

En 1997, Mr Hamoudi avait ouvert un compte à la banque HSBC en Suisse qui avait un solde positif de plusieurs Millions de Dollars en 2007 ! Selon nos informations toute la famille Hamoudi y avait accès.

Comment les membres de la famille Hamoudi peuvent-ils justifier l’origine de ces fonds, sachant que la loi ne permet pas des transferts de cet ordre pour alimenter un compte à l’étranger sans contrepartie commerciale légale ?

Se pourrait-il qu’une partie des revenus de l’exportation ait été déposé par les clients étrangers dans ses comptes ouverts en Suisse ?

Une éventualité qui pourrait se confirmer quand on sait qu’Amar Hamoudi et sa famille détenaient en 2006-2007, 10 Millions de dollars dans le compte de HSBC Suisse ouvert dix années plus tôt !

Ces informations ont été publiquement confirmées par la révélation de plusieurs médias dans le monde, en février 2015, faisant part d’un système international de fraude fiscale et de blanchiment d’argent qui avait été mis en place par la banque britannique HSBC à partir de la Suisse, connu sous le nom de SwissLeaks.

Décoré par le Président de la République… Pauvre Algérie !