ENQUETE EXCLUSIVE – Documents – Les Bonnes Affaires de Lamine Nezzar en France et en Espagne !

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Algeriepart continue de consacrer sa série d’articles sur ceux et celles qui sont censés participer et proposer un ensemble de solutions structurelles pour l’économie algérienne, mais qui, à la première occasion, vont investir leur argent en dehors d’Algérie à l’image de, Lamine Nezzar, Amal Lamari, Amar Hamoudi, Kamel Moula et bien d’autres encore…

Auteur : [email protected]

Lamine Nezzar, né au mois d’Avril 1968, était le Président-directeur général de la société agroalimentaire Soplait créée en 1998, qui commercialisait des produits laitiers et les dérivés du lait.

Cette branche des Nezzar, qui n’a aucun lien avec la famille du Général Khaled Nezzar, a toujours laissé planer le doute aux personnes qui leur posaient cette question.

La Famille de Lamine Nezzar entretenait même cette improbable éventualité dans le but d’obtenir certains privilèges, à tel point que le père de Lamine avait été arrêté, selon nos informations, après de nombreuses plaintes arrivées aux oreilles du puissant Général !

Soplait, sise à Chéraga dans la banlieue ouest d’Alger, connaissait de grandes difficultés financières, contraignant Lamine Nezzar à fermer l’entreprise et vendre l’assiette de terrain de son usine de 2200 M², au patron de la concession de véhicules Volkswagen et Seat : Mourad Oulmi, aujourd’hui en prison, pour la modique somme de 65 milliards de centimes en 2012 !

Ce serait, selon nos sources, la mauvaise gestion et les dérives du gérant de Soplait qui auraient précipité la faillite de l’usine.

« Je me rappelle bien de ce garçon léger, fêtard et consommateur de produits illicites, c’était surtout un grand dépensier » affirme une source proche de sa famille dans le quartier d’El Biar.

Pour son mariage avec Sanaa Ghozali, née en Aout 1975 à Alger, Lamine Nezzar, nous affirme cette même source, va affréter au mois d’avril 2002, un avion Charter pour transporter toute sa famille et plusieurs de ses amis à Marrakech… afin de célébrer son mariage… !

Fiscalement résident en Algérie ou il avait le centre de ses intérêts économiques, Lamine Nezzar, va ouvrir avec son épouse Sanaa, au mois de Février 2004, une Société Civile Immobilière, dotée d’un capital de 1000 Euros dans le 16ème arrondissement de Paris.

Comme vous le savez, la création d’entreprises à l’étranger est interdite aux algériens fiscalement résidents en Algérie, là où ils ont le centre de leurs intérêts économiques.

La règlementation des changes algérienne est une réglementation de contrôle stricte des mouvements de fonds entre l’Algérie et l’étranger dans le but de maintenir l’équilibre de la balance des paiements de l’Algérie.

L’article 126 de l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003, relative à la monnaie et au crédit modifiée et complétée, interdit formellement aux résidents la constitution de tout avoir, qu’il soit immobilier, mobilier, fiduciaire ou bancaire, à partir de fonds provenant d’Algérie, sauf autorisation expresse de la Banque d’Algérie.

La Banque centrale a publié le 3 février 2007 une prescription claire spécifique aux règles applicables aux transactions courantes avec l’étranger et aux comptes devises, il s’agit du règlement 07-01 du 03 février 2007.

A cet effet, l’article 8 dudit règlement dispose ce qui suit : « Hormis les cas expressément prévus par l’article 126 de l’ordonnance n°03-11 (…), la constitution d’avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite ».

En 2015, l’Algérie avait assoupli sa réglementation en autorisant l’investissement à l’étranger sous certaines conditions.

En effet, l’investissement doit être en « rapport avec l’activité de l’opérateur économique de droits algériens concerné ; doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité ; ne doit pas porter sur des opérations de placements ou sur des biens immobiliers autres que ceux correspondants aux besoins d’exploitations des entités créées à l’étranger ou faisant partie intégrante de leur activité. L’opérateur algérien doit également être un exportateur régulier !

Or M. Nezzar, gérant depuis le mois d’Octobre 2004 de la société française SCI Sanaa sise à la Rue de la Pompe, ne réunit aucun des critères arrêtés par les autorités du Pays, lui permettant d’ouvrir une société à l’Etranger !

Contacté, un cadre de la Banque d’Algérie nous a affirmé qu’aucune société privée algérienne, hormis le groupe Cevital, n’avait obtenu le précieux sésame lui permettant d’ouvrir des entreprises à l’étranger !

La SCI Sanna appartenant au couple Lamine et Sanaa Nezzar, allait administrer l’appartement qu’ils occupent à la Rue de la Pompe avec une seconde entrée par l’Avenue Paul Doumer, acquis auprès d’une agence immobilière sise à la Rue de la Pompe, à laquelle ils verseront d’ailleurs une commission de 40.000 Euros !

Il faut dire que l’appartement en question est un duplex sur deux niveaux, au 6ème et 7èeme étage, composé de 4 pièces avec toutes commodités, 2 caves et une place de parking en sous-sol, dont le prix d’acquisition s’est élevé, en 2004, à 960.000 Euros !

La SCI Sanaa société sera liquidée en 2016, suite à une décision de l’Assemblée Générale Extraordinaire en date du 2 Mars 2015.

Nous avons tenté maintes fois de joindre Lamine Nezzar, pour lui demander s’il avait obtenu l’autorisation de la Banque d’Algérie pour entreprendre une telle action, nous n’avons pas pu obtenir de réponses.

Comment Lamine Nezzar avait-il bien pu détenir 1 Million d’Euros en France en 2004, contrevenant ainsi à la réglementation des changes ?

Comment a-t-on pu laisser sans aucune sanction, ces hommes d’affaires algériens résidents qui détiennent des millions d’Euros à l’étranger, quand d’autres simples citoyens ont droit à de sérieux problèmes douaniers pour des somme bien plus dérisoires ?

Il faut avouer, après cette série de révélations entreprises en exclusivité par Algeriepart, que rien n’a été sérieusement entrepris pour faire cesser ces pratiques qui ne font qu’encourager ces businessmans à poursuivre leurs actions.

Au mois de Juin 2005, Lamine Nezzar va gérer à Madrid en Espagne, la société Cafinvest, dotée d’un capital de 160.050 Euros, qui a pour activité l’importation de café et dérivés et qui avait un chiffre d’affaires inférieur à 2 Millions d’Euros…

D’autre part de 2005 et jusqu’au mois de Septembre 2010, Lamine Nezzar gérait une autre société dans la région de Madrid, dénommée Compania Mercantil Del Cafe qui dégageait annuellement plus de 2,5 Millions d’Euros de Chiffre d’affaires !

Bien évidemment, et au vu de ce qui a précédé, il est indéniable que Lamine Nezzar n’a jamais obtenu l’autorisation de la Banque d’Algérie pour de tels investissements à l’étranger, ni n’a rapatrié les bénéfices dégagés dans le cadre de ses activités.

Inutile également de dire que ce type de sociétés à l’étranger, recevant leurs commandes et leurs paiements principalement de société appartenant au même propriétaire en Algérie, leur laissent toutes possibilités de surfacturation et de fraude fiscale, d’évasion fiscale et de dégagement de bénéfices nos déclarés…

Rappelons que le non-respect des dispositions prévues par la Banque d’Algérie, notamment la détention d’avoirs par un résident dont la provenance est liée à des activités réalisées en Algérie, peut être qualifiée comme étant une infraction à la réglementation des changes donnant lieu à des sanctions.

Les sanctions prévues par l’ordonnance n° 96-22 du 9 juillet 1996 modifiée et complétée, relative à la répression de l’infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger, peuvent donner lieu à une peine de prison allant de deux (02) à sept (07) ans, et une amende qui ne saurait être inférieure au double de la somme sur laquelle a porté l’infraction, ainsi que la confiscation du corps du délit et des moyens utilisés.

Mais il semble que certains arrivent toujours à échapper à toutes sanctions, comme s’ils étaient au-dessus des lois de notre Pays !

Pauvre Algérie…