ENQUETE EXCLUSIVE – DOCUMENTS – Les Belles Affaires en France et en Algérie d’Amal Lamari, propriétaire de Pharmalliance !

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Algeriepart continue de consacrer sa série d’articles sur ceux et celles qui sont censés participer et proposer un ensemble de solutions structurelles pour l’économie algérienne, mais qui, à la première occasion, vont investir leur argent en dehors d’Algérie à l’image d’Amal Lamari, Amar Hamoudi et bien d’autres encore…

Auteur : [email protected]

Amal Lamari est née en Juillet 1969 à Bologhine en Algérie. Après avoir obtenu son bac en 1986, puis son diplôme de Pharmacienne en juin 1991, elle va s’envoler vers l’étranger d’abord pour préparer un Diplôme d’Etudes Approfondies (DEA, correspondant à une deuxième année de Master) en 1994, puis un stage de quelques mois chez Rhône Poulenc RORER à Paris, avant de décider de rentrer en Algérie pour se lancer dans les affaires.

En 1998, âgée de moins de 30 ans, Amal Lamari va avoir le privilège d’obtenir un terrain de plus de 20.000 m² dans la proche banlieue d’Alger, suite à la création plus d’un an auparavant de la société Pharmalliance, une SARL au capital social de 75 000 000 DA qui activera dans le domaine du médicament !

Alors que l’activité de la société se limitait jusque-là au seul conditionnement et la vente, Amal Lamari va lancer la construction d’une usine sur le terrain de Ouled Fayet, validée par les autorités en 2006, lui permettant ainsi la production de sirops, de comprimés & gélules et de crèmes et gels.

En 2020, Pharmalliance va réaliser plus de 14,2 Milliards de Dinars de Chiffre d’affaires et détenir près de 5 % de parts de marché en quantités !

Des résultats et des privilèges inouïs, qui vont permettre à la fille du puissant Général Major de la Direction du Contre-espionnage algérien, Smain Lamari, de très vite s’enrichir et d’investir dans l’immobilier…et ce même à l’étranger.

En effet, le 27 Novembre 2005, Amal Lamari décide avec sa maman, Fatma Dahmani, née en Avril 1942, toutes deux résidentes en Algérie et de nationalité algérienne, de créer à Alger les statuts de la SCI Sabri, dotée d’un capital de 1000 Euros et dont le siège sera fixé à la Rue de la Tour, dans le 16ème Arrondissement de Paris !

Sans même se déplacer en France, le document sera transmis à un notaire sis à Meudon en France, afin de procéder à l’enregistrement et l’ouverture de ladite entreprise.

La SCI Sabri va alors exploiter un luxueux appartement de 4 pièces avec Terrasse, Cave et Parking, vendu par la famille Boujnah en Novembre 2005 à la fille de feu Smain Lamari, pour la somme de 960.000 Euros, somme à laquelle il faut rajouter près de 40.000 Euros de travaux et 30.000 Euros de commission de l’agence immobilière de la Rue de l’Alboni ayant permis la transaction !

Comme nos lecteurs le savent pertinemment, la création d’entreprises à l’étranger est interdite aux algériens fiscalement résidents en Algérie, là où ils ont le centre de leurs intérêts économiques.

La règlementation des changes algérienne est une réglementation de contrôle stricte des mouvements de fonds entre l’Algérie et l’étranger dans le but de maintenir l’équilibre de la balance des paiements de l’Algérie.

L’article 126 de l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003, relative à la monnaie et au crédit modifiée et complétée, interdit formellement aux résidents la constitution de tout avoir, qu’il soit immobilier, mobilier, fiduciaire ou bancaire, à partir de fonds provenant d’Algérie, sauf autorisation expresse de la Banque d’Algérie.

La Banque centrale a publié le 3 février 2007 une prescription claire spécifique aux règles applicables aux transactions courantes avec l’étranger et aux comptes devises, il s’agit du règlement 07-01 du 03 février 2007.

A cet effet, l’article 8 dudit règlement dispose ce qui suit : « Hormis les cas expressément prévus par l’article 126 de l’ordonnance n°03-11 (…), la constitution d’avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite ».

En 2015, l’Algérie avait assoupli sa réglementation en autorisant l’investissement à l’étranger sous certaines conditions.

En effet, l’investissement doit être en « rapport avec l’activité de l’opérateur économique de droits algériens concerné ; doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité ; ne doit pas porter sur des opérations de placements ou sur des biens immobiliers autres que ceux correspondants aux besoins d’exploitations des entités créées à l’étranger ou faisant partie intégrante de leur activité. L’opérateur algérien doit également être un exportateur régulier !

Or Mesdames Lamari, gérantes depuis 2005 de la société française SCI Sabri sise à la Rue de la Tour, ne réunissent aucun des critères arrêtés par les autorités du Pays, leur permettant d’ouvrir une société à l’Etranger !

Contacté, un cadre de la Banque d’Algérie nous a affirmé qu’aucune société privée algérienne, hormis le groupe Cevital, n’avait obtenu le précieux sésame lui permettant d’ouvrir des entreprises à l’étranger !

Nous avons envoyé à 2 reprises des Email à Mme Amal Lamari, lui demandant comment elle avait financé l’acquisition de ce grand appartement de Quatre pièces à Paris.

De même nous lui avons demandé si elle avait obtenu les autorisations de la Banque centrale algérienne pour ces transferts et ces acquisitions comme le stipule la législation algérienne.

Nous n’avons jamais obtenu de réponses…

Madame Amal Lamari qui s’était mariée avec le sulfureux homme d’affaire franco-algérien Kheir Allab avant d’en divorcer en Juin 2002, va, en Octobre 2011 procéder à l’augmentation du capital de la SCI Sabri pour le porter à 100.000 Euros, par incorporation de 99.000 Euros en numéraires.

Dans notre mail à Mme Lamari Amal, nous lui avons demandé comment elle pouvait justifier l’origine de cette somme en numéraire et comment a-t-elle fait pour la rapatrier d’Algérie, sachant que cette opération est interdite pour l’acquisition de biens immobiliers à l’étranger pour tous les citoyens algériens résidents fiscaux en Algérie.

Toujours aucune réponse et ce malgré nos courriels rappelant les sommes en jeu…

En effet, selon le bilan de la SCI Sabri établi en 2013, le compte courant de Fatma Dahmani épouse Lamari, dégageait plus de 24.000 Euros, alors que celui d’Amal Lamari dégageait plus de 645.000 Euros !

Ce même bilan indiquait que Mme Amal Lamari avait recourue à un emprunt de plus de 400.000 Euros en 2012, passé à plus de 300.000 euros en 2013, à la société française Pharmavision…

Enfin nous l’avons questionné sur la nature du lien qu’elle avait avec la société Pharmavision, et quelles garanties elle avait produit pour ce prêt ? Aucune réponse…

Rappelons que Pharmavision est une société dont l’objet social est d’entreprendre toutes opérations industrielles et commerciales se rapportant à la recherche, au développement, à l’exploitation, à la diffusion, à la concentration d’informations de toute nature, à la maintenance et à la formation et au développement  dans le domaine des programmes,  fichiers informatiques, et qui appartient à une coopérative au service exclusif des pharmaciens du Groupement Indépendant de Pharmaciens indépendants (GIFAR), un groupement de pharmaciens d’officine français.

Nous le savons tous à présent, le non-respect des dispositions prévues par la Banque d’Algérie, notamment la détention d’avoirs à l’étranger par un résident dont la provenance est liée à des activités réalisées en Algérie, peut être qualifiée comme étant une infraction à la réglementation des changes donnant lieu à des sanctions.

Les sanctions prévues par l’ordonnance n° 96-22 du 9 juillet 1996 modifiée et complétée, relative à la répression de l’infraction à la législation et à la réglementation des changes et des mouvements de capitaux de et vers l’étranger, peuvent donner lieu à une peine de prison allant de deux (02) à sept (07) ans, et une amende qui ne saurait être inférieure au double de la somme sur laquelle a porté l’infraction, ainsi que la confiscation du corps du délit et des moyens utilisés.

Mais il semble que certains arrivent toujours à échapper à toutes sanctions, comme s’ils étaient au-dessus des lois de notre Pays !

À la fin du mois de Janvier 2015, Mme Fatma Dahmani, épouse de feu Smain Lamari, va céder ses parts à sa fille Amal Lamari.

Au mois de Septembre 2019, Amal Lamari, qui entre temps est devenue française selon les documents déposés à l’étude notariale de l’Avenue Mac-Mahon à Paris, va céder à son unique fils Dylan Djari, étudiant né en Mars 2001 à Hydra en Algérie et détenant la nationalité française, l’ensemble des 9999 parts qu’elle détenait en nue-propriété de la SCI Sabri, n’en préservant qu’une seule part, mais en gardant l’usufruit du bien immobilier de la rue de la Tour !

 

Heureux destin que celui des familles de puissants fonctionnaires de l’Etat qui ont pu profiter de l’opportunité de l’ouverture industrielle du marché algérien décidé par le pouvoir, les laissant s’enrichir assez pour acquérir des biens immobiliers à l’étranger en foulant outrageusement les lois du Pays et ses institutions, avant d’adopter la nationalité d’un pays étranger tout y en installant leur progéniture pour les mettre à l’abri de tout besoin… Une caste de privilégiés !

Pauvre Algériens, Pauvre Algérie…