ENQUETE EXCLUSIVE- 8ème Partie et Fin – Les Dessous de la Véritable Histoire de BIMO et de la Famille Hamoudi.  

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Amar Hamoudi Patron de BIMO

Après la décision du 18/03/2001 de la chambre criminelle de la cour d’Alger pour l’affaire des bons de caisse, les avocats de Hamoudi Mohand-Said décortiquent les débats et le dossier de la session et décèlent les déclarations contradictoires de Mr Kahouadji, Directeur de l’agence de la B.E.A.

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En effet, ce dernier avait affirmé qu’il avait renouvelé les bons de caisse à Amar Hamoudi le 01/08/1992 alors que dans sa déposition du 16/06/1993 à la police il avait déclaré que ces bons avaient été frappés d’opposition par Amar Hamoudi en date du 05/11/1991.

Devant ce fait non conforme à la loi que la chambre criminelle a sciemment omis de relever ou a été forcée de ne pas relever (chose qui aurait complétement changé la décision judicaire), une nouvelle plainte est déposée au tribunal de Bab-el-Oued par Hamoudi Mohand-Said contre Mr Kahouadji, Directeur de l’agence de la B.E.A en date du 28/11/2001 pour falsification de document.

Une nouvelle instruction de l’affaire des bons de caisse est alors relancée par le tribunal de Bab-el-Oued. Mr Kahouadji, Directeur de l’agence de la B.E.A fut convoqué et l’instruction suivit normalement son cours.

Cependant, en mars 2002, Hamoudi Mohand-Said tombe gravement malade et, profitant de l’occasion, Hamoudi Amar lui offre son aide pour le reste de ses jours en contrepartie du retrait de la plainte. Avec un état de santé très faible et sans enfants, démunis de ces biens, Hamoudi Mohand-Said accepte la proposition et de fait, demande à son avocat Maitre Nechar Nabil le retrait de la plainte. Les choses demeureront ainsi jusqu’à sa mort en mai 2012.

En mai 2002, Amar Hamoudi P.D.G de Bimo se retrouve soulagé du conflit avec son oncle Mohand-Said puisque ce dernier s’est auto-écarté de l’affaire de bons de caisse et mis hors de cause par la cour de Tizi-Ouzou pour le partage des autres biens (protocole d’accord consorts Hamoudi).

Quant à son autre oncle Arezki, même si le problème de partage n’est pas réglé définitivement, l’acte authentique du protocole d’accord que lui a établi le notaire Benabid (voir 6ème partie de notre enquête) lui permet de gérer les affaires à sa guise.

Revenons maintenant à l’accord du 23 mars 1989 pour le partage des biens entre les consorts Hamoudi. L’accord s’est matérialisé par l’établissement de deux documents signés par les parties et quelques personnes de la Djemaa.

  • LE PREMIER DOCUMENT concerne le partage des biens industriels et la désignation d’un gestionnaire des autres biens en commun.
  • LE DEUXIEME DOCUMENT concerne la remise en numéraire d’une partie des bénéfices de la part de Amar et son défunt père Mohamed-Akli à Arezki et feu Mohand Said.

Pour l’exécution du PREMIER DOCUMENT, nous renvoyons le lecteur aux parties 4, 5 et 6 de la présente enquête et nous évoquerons par la suite son état actuel. Quant au DEUXIEME DOCUMENT, il est supposé rester lettre morte puisqu’en 1989 il a été récupéré par Hamoudi Amar et son père de leur beau-frère Ziani Mohamed Arezki (voir partie 4 de l’enquête).

Cependant, en janvier 2013, Hamoudi Arezki se rapproche une nouvelle fois de Ziani Mohamed Arezki, pour lui demander de nouveau la restitution du deuxième document.

Mais hélas, ce dernier lui dit que son beau-frère Amar Hamoudi ne veut pas en entendre parler. Devant cette situation, Arezki Hamoudi pose le problème au comité de village de Bounouh dont est natif la famille Hamoudi comme la famille Ziani.

Le Président du comité avec quelques-uns de ses membres se déplacent chez Mohamed Ziani. Celui-ci reconnaît les faits et dit qu’il a demandé la restitution du document à Amar Hamoudi ce que refuse obstinément ce dernier.

Au vu des faits, Arezki dépose plainte auprès du juge d’instruction du tribunal d’Hussein-Dey en date du 10/11/2013. Ce dernier déboute l’affaire en date du 29/12/2013. Un appel a été fait à la chambre d’accusation de la cour d’Alger et celle-ci déboute encore l’affaire le 05/02/2014.

Tout de suite après, un autre appel a été adressé à la cour suprême mais celle-ci confirme les décisions antérieures avec des subterfuges juridiques hallucinants…

Il faut dire que quand on a comme appuis Abdellah Mellak ex-avocat général à la Cour Suprême, Ahmed Ouyahia ex-premier Ministre et Directeur de cabinet du président Bouteflika et un certain nombre d’éléments, encore aujourd’hui actifs dans le système politico-militaire, il est plus que facile d’avoir gain de cause dans les tribunaux et cours de justice.

Sinon, comment expliquer que depuis le début des procès entre les consorts Hamoudi, entre 1989 jusqu’à la fin des années 2010, Hamoudi Amar, P.D.G de Bimo a toujours gagné tous les procès successifs ?

Ainsi, Hamoudi Arezki se retrouve démuni de ses biens et sans sortie de secours, mais il reste comme le roseau qui plie mais ne casse pas.

Entre 2014 et 2016, il réitère ses requêtes auprès du Notaire Benabid pour l’obtention de ces actes.

En date du 28 juin 2016, la dernière réponse du Benabid par lettre recommandée est :

  • « Je n’ai pas d’autre copie d’acte à vous délivrer, il vous appartiendra de consulter tous les dossiers pénal, civil et commercial au niveau des diverses juridictions ».
  • « En ce qui me concerne, j’ai été blanchi tant sur le plan pénal que sur le plan civil et commercial, c’est-à-dire mes actes ont fait foi et résisté à la calomnie et à la déstabilisation ».
  • « Je vous remercie de noter que je ne répondrai plus à aucun courrier sur cette affaire de vous ou de quelqu’un d’autre ».

Détenteur des actes de plusieurs dignitaires du système politico-militaire, toucher le Notaire Benabid n’est pas du tout évident et semble mission impossible.

Pour comprendre cette arrogance et ce pouvoir du notaire, Hamoudi Arezki se déplace à l’étude notariale de Maitre Benabid, lequel lui suggère de chercher un arrangement à l’amiable pour mettre fin à ce conflit et qu’il est disposé à servir d’intermédiaire.

Entre 2017 et 2018, des tentatives d’arrangement ont lieu mais sans aucune solution viable au conflit. Hamoudi Arezki maintient sa proposition initiale d´épuration des comptes de la famille dans un premier temps et de partage des biens ensuite, chose que Hamoudi Amar refuse.

Depuis, et jusqu’à l’heure actuelle, les choses sont restées telles quelles.

Hamoudi Arezki, âgé de 87ans, gravement malade depuis 2019 reste cloué dans son lit.

Hamoudi Amar et ses enfants Yassine et Mehdi Sid Ali sociétaires de Bimo, forts de leurs relations, continuent de gérer tous les biens de la famille Hamoudi comme bon leur semble.

Au-delà des biens mal acquis par Hamoudi Amar P.D.G de Bimo, cette enquête révèle la gangrène qui ronge le pays qui va des hauts responsables au bas de l’échelle. On y retrouve un premier Ministre, des responsables Militaires, des hauts Magistrats, le haut de gamme du Notariat, des Juges de cours et de tribunaux, des Procureurs, des Divisionnaires de Police, des Banquiers, huissiers et secrétaires de procureurs.

On comprend très mal comment une personne avec un tel curriculum, des redressements fiscaux, des fuites de capitaux à l’étranger et un détournement d’héritage ait pu recevoir la médaille de l’ordre du mérite national de la part du Président Abdelmadjid Tebboune

Les services de la Présidence ont-ils été trompés sur son parcours ou est-ce les valeurs que la nouvelle Algérie s’apprête à nous imposer ?

En conclusion, reprenons une citation de Abraham Lincoln – 1809-1865 :

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »

Cependant, pour l’instant, on ne peut conclure notre enquête que par : Pauvre Algérie…