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dimanche, février 5, 2023

Eclairage. L’instabilité politique a ébranlé la prospérité du BTP en Algérie

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Le BTP a toujours été l’un des secteurs les plus prospères et prometteurs en Algérie. Malheureusement, depuis 2019, ce secteur est entièrement ébranlé par l’instabilité politique du pays. Et l’avènement de la crise sanitaire de 2020 a fini par paralyser entièrement ce secteur poussant ainsi 60 % des entreprises du BTP à mettre la clé sous la porte, selon la Confédération des industriels et producteurs algériens (CIPA).

Le 8 mars 2020, l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) estimait qu’entre 20 000 et 25 000 entreprises de ce secteur étaient à l’arrêt, 200 000 salariés au chômage, et que la vente de matériaux de construction avait plongé de 90 %. « Sans demande publique, nos entreprises ne travaillent pas », alertait Mouloud Kheloufi, président de l’AGEA. Et depuis la situation n’a pas cessé de se dégrader car l’Etat s’est distingué par son indifférence au sort de ces entreprises algériennes. Aucune politique de soutien direct ni de grands projets n’ont été relancés pour permettre à ces entreprises de survivre face à cette conjoncture hyper-compliquée.

Le BTP algérien avait connu auparavant des périodes difficiles. Mais jamais il n’a subi une aussi grande déchéance.  Malgré la baisse des investissements publics induite par la chute des cours des hydrocarbures depuis 2014, le BTP avait pu gardé un rythme de croissance annuelle supérieur à 4 % au cours des 5 dernières années, à l’exception de 2019, où l’instabilité politique a impacté les trois premiers trimestres de l’année de telle que sorte qu’il est descendu à 3,8 %.

Le nouveau Gouvernement en place depuis janvier 2020 avait promis de relancer les investissements dans les infrastructures et l’habitat au cours du prochain quinquennat. Mais jusqu’à cette année 2021, très peu de projets ont été lancés et les rares marchés publics débloqués ont profité aux entreprises étrangères notamment turques comme il a été révélé par Algérie Part dans ses récentes enquêtes. 

Il faut savoir que jusqu’à 2019, l’Algérie était considérée comme le 2e marché africain de BTP.  En 2018, les importations d’engins de travaux publics se montaient à 307 M EUR et celles de bitume à 183 M EUR.  La majeure partie de la demande provient des donneurs d’ordres publics, à savoir l’Etat et ses institutions. Il existe aussi un important marché des travaux publics pour le secteur de l’énergie et des hydrocarbures. Un programme de développement du groupe pétrolier public Sonatrach mobilisera un budget d’investissement de 56 Mds USD entre 2019 et 2023. Plus de 70 % seront consacrés à l’amont pétrolier, dont le développement de grands travaux d’aménagement financés par Sonatrach et ses associés : aménagement de routes d’accès, construction de bâtiments, génie civil pétrolier, etc.

D’autre part, le gouvernement algérien affirme poursuivre ses efforts pour améliorer le maillage routier du territoire, avec notamment plus de 5 000 km d’autoroutes à construire d’ici 2030.  La construction de 500 km d’autoroutes devrait être lancée avant 2022 même si pour l’heure aucune mesure concrète n’a été lancée pour préparer le lancement de ses projets.

Aujourd’hui, pour relancer le BTP en Algérie, il faut remettre sur les rails les projets imaginés à l’époque d’Abdelaziz Bouteflika. Il s’agit notamment de la construction de pénétrantes autoroutières Nord-Sud reliant les grands ports à l’Autoroute Est-Ouest (AEO) : Ghazaouet, Mostaganem, Tenes, Beni Saf, Arzew, Djendjen, Skikda. Le BTP algérien a besoin aussi de la relance des liaisons autoroutières entre l’AEO et les grandes villes de l’intérieur telles que Saïda, Tiaret, Tissemsilt, Tébessa, Batna, Guelma et M’sila (horizon 2030) sans oublier les liaisons autoroutières entre la future Rocade des Hauts Plateaux et les grandes villes de l’intérieur du pays : Tlemcen, Tiaret, Mascara, Bouira et Setif (horizon 2035).

D’autres projets ambitieux sont encore en suspens comme le  lancement de la 2e tranche de la 4e rocade sud d’Alger d’ici 2024 (195 km), la transformation de la RN1 en voie expresse (2×2 voies) sur 268 km ou la liaison autoroutière nouveau Port de Cherchel / Autoroute Est-Ouest (35 km), la  relance de la construction de la Rocade des Hauts Plateaux (autoroute de 1 020 km) et la modernisation des équipements d’exploitation et de sécurisation des tunnels de Oued Ouchaïah et de Kherrata. Tant que ces projets demeurent de simples annonces théoriques sans aucune avancée concrète, le BTP algérien va encore décliner d’ici 2022 et il risque de sombrer dans une crise structurelle qui pourrait l’ébranler pour toujours.

 

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