DOCUMENTS EXCLUSIFS – Du Nouveau dans l’Affaire des Employés d’Air Algérie Soupçonnés de Trafic en France !

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Il y a quelques semaines, nous avions publié un article relatant la rocambolesque affaire de 3 employés d’Air Algérie en France, interpellés le 5 Avril 2021 dans le cadre d’une enquête portant sur le trafic et l’activité de contrebande de médicaments psychotropes, avant d’être relâchés le 7 avril 2021 par les services de la Gendarmerie des Transports Aériens (GTA), dont la principale mission est d’assurer en France la sûreté aéroportuaire, la protection des personnes au sein des aéronefs (avions, hélicoptères…) et des Zones de Sûreté à Accès Réglementé (ZSAR).

Les services de la GTA ont été alertés par les expéditions régulières vers l’Algérie de quantités non négligeables de médicaments achetés en France, qui ont fini par éveiller leur soupçon sur un probable trafic de médicaments psychotropes entre les deux rives de la Méditerranée.

Alors que l’enquête des services de la GTA se poursuit, les 3 employés d’Air Algérie pourraient être déférés devant la justice française qui devra trancher sur leur éventuelles responsabilité dans ce qui s’apparenterait pour les services de sécurité français, à une activité illégale de transport de psychotropes ou de substances pharmaceutiques soumises à des autorisations médicales très strictes, en raison de leur usage potentiellement dangereux.

Les médicaments psychotropes, utilisés dans le traitement des maladies mentales et neurologiques en agissant sur les comportements et l’humeur, sont malheureusement souvent détournés de leur usage médical pour être consommés comme stupéfiants.

Dans notre publication du 7 Avril 2022, nous avions évoqué le cas de Farid B., qui selon nos sources est un franco-algérien travaillant au service fret cargo d’Air Algérie à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle et qui  « avait été par le passé incarcéré en Algérie durant deux années pour trafic et contrebande de psychotropes ».

Nous avons approfondi notre enquête et avons pu obtenir des informations plus précises et plus complètes sur ce sujet qui viennent contredire certaines informations préalables. Explication.

Au mois d’Août 2012, Farid B avait pris, à partir de la France, un vol en direction de l’aéroport d’Essenia à Oran, dans l’ouest algérien. A son arrivée en Algérie, il est soumis à un contrôle qui a permis de constater qu’il était en possession de 5 boites de SKENAN L.P. 60 mg, un analgésique Opioïde préconisé dans les douleurs persistantes intenses ou rebelles aux autres analgésiques et une quantité de boites d’ACTISKENAN 30 mg, 20 mg et 10 mg, médicaments prescrits, entre autres, contre les douleurs intenses d’origine cancéreuse.

Le natif de Villepinte, ou il y est né en 1975, transportait également 2 boites de LAROXYL 40 mg, un antidépresseur qui possède des propriétés antalgiques indépendamment de son effet antidépresseur et 2 boites de XANAX 0,25 mg, médicament utilisé dans le traitement des manifestations anxieuses sévères, handicapantes ou exposant l’individu à une détresse extrême.

Interrogé par les services de la Police aux Frontières, Farid B. explique que ces médicaments appartenaient à un de ses proches parents par alliance, atteint d’un cancer en France et qui est décédé depuis.

N’étant pas utilisés, Farid B. a déclaré qu’il envisageait de remettre gracieusement les médicaments à la zaouia Belkaidia, basée dans la localité de Sidi Maarouf à l’est d’Oran, afin d’en faire profiter ceux qui en avaient besoin.

Devant le tribunal, Farid B. a soutenu ses premières déclarations et a affirmé qu’il ne savait pas que les produits qu’il transportait pouvaient classés comme stupéfiants car contenant de la morphine…

Le tribunal a retenu que Farid B avait commis un délit de possession et de commercialisation de psychotropes et l’a condamné à 7 ans de prison en première instance le 16/08/2012, puis à 5 ans après appel le 17/10/2012.

Après un dernier pourvoi, la cour de cassation l’a totalement innocenté le 23/04/2015, Farid B. retourne alors en France avec un casier judiciaire algérien vierge, comme nous avons pu le vérifier, et va réintégrer le Service Fret d’Air Algérie le 1er Février 2016 à travers la décision du représentant Général d’Air Algérie France Nord à cette époque : Mr Hadj Rabia !

De l’avis de plusieurs de ses collègues que nous avons pu contacter, Farid B. est un cadre compétent et dévoué, qui est connu pour sa bonne foi et sa gentillesse.

Il excelle si bien dans son travail que le représentant général d’Air Algérie pour la zone France-Nord, Houaoui, décide de le promouvoir au rang de chef de service du fret cargo à l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle en 2019.

Tout comme les deux mécaniciens aéronautiques d’Air Algérie interpellés, Farid B. a de tout temps été sollicité par plusieurs de ses connaissances familiales ou par ses collègues pour rendre service et aider ceux qui, en Algérie, ne parvenaient pas à se procurer des médicaments prescrits pour des malades chroniques, à cause de la pénurie de leur traitements médicaux en Algérie.

Lors de sa récente conférence de presse, le Président Abdelmadjid Tebboune avait lui-même déclaré que la société a le devoir de soigner et de soutenir ces malades « dans leur lutte contre une maladie mortelle« .

Et que dire des sollicitations que nous avons tous eu à lire sur les réseaux sociaux de ces parents de malades qui demandent de l’aide pour se procurer des médicaments introuvables en Algérie, afin de pouvoir soigner leurs proches et apaiser leurs souffrances ?

Dans ce contexte, Farid B. est-il un véritable trafiquant de psychotropes ou a-t-il simplement péché par une serviabilité qui, comme il y a quelques années, lui a nui en Algérie ?

Chacun pourra se faire sa propre opinion, mais à la fin c’est la Justice qui tranchera !