DOCUMENTS EXCLUSIFS – DOSSIER DJEZZY – Le DG du FNI, Plombe le Trésor Public, Ment à l’Etat et Offre un Cadeau Dépassant 28 Millions de Dollars à VEON !

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Au début du mois de Juillet 2022, nous avions publié un article sur l’opération de rachat des parts détenues par l’opérateur mobile VEON dans Djezzy, par le Fonds National d’Investissement (FNI).

Auteur : [email protected]

Nous avions évoqué la réponse du Directeur Général du FNI face aux questions des responsables de VEON quant au futur du management de l’opérateur Djezzy et des investissements à prévoir.

Mr Kamel Mansouri, DG du FNI, avait affirmé « Nous avons l’argent. On paye« . Il a également rajouté « on achète même si on doit payer 30 à 40% plus cher » !

Nous avons pu obtenir plus d’informations sur cet épisode et allons vous faire part de très graves révélations qui ont, d’ores et déjà, et vont encore engendrer un lourd préjudice au trésor public.

Commençons par la période précédant le 1er juillet 2021, date ou VEON a exprimé son intention de vendre ses actions dans DJEZZY.

Il y a lieu de mentionner que la relation entre le FNI et le groupe VEON est encadrée par un Shareholders’ agreement (SHA) ou pacte d’actionnaires signé le 30 janvier 2015, qui définit les obligations et droits de chaque partie.

Un rendez-vous raté

L’article 24 du SHA prévoit un important rendez-vous entre le FNI et le Groupe VEON avant le 31 décembre 2020.

Le but de ce rendez-vous est de « discuter de bonne foi et de manière transparente de l’avenir de leur relation, de toute amélioration possible de leur relation, et de leurs intentions en ce qui concerne :

(i) l’exercice de l’option de vente discrétionnaire ou de l’option d’achat discrétionnaire,

(ii) la poursuite de leur relation en vertu du présent pacte postérieurement à la période d’exercice de l’option de vente discrétionnaire et de l’option d’achat discrétionnaire. »

Il faut savoir que le FNI n’a pas souhaité donner suite aux multiples demandes de VEON d’organiser cette rencontre obligatoire.

Devant cette position légère du FNI, le Groupe VEON s’est directement adressé au Ministre des Finances de l’époque, Aïmene Benabderrahmane, à travers un courrier adressé personnellement en date du 16 mars 2021.

Dans sa lettre, le Co-CEO du Groupe VEON, Sergi Herrero, fait part au Ministre des Finances de son agacement face à l’incompétence du premier responsable du FNI qui siège aussi dans le Conseil d’Administration de Djezzy…

« Nous considérons comme essentielle la tenue d’un entretien avec vous, au vu de l’approche récemment adoptée par le FNI. Le FNI se concentre uniquement sur des sujets administratifs de court-terme (lors de nos derniers échanges, et notamment lors des trois derniers Conseils d’Administration de Djezzy) plutôt que sur l’orientation stratégique critique et les enjeux en matière d’investissement et de régulation qui impactent le futur de notre partenariat. Nous aspirons à établir un dialogue constructif avec vous, au sujet de l’avenir de notre partenariat et de l’investissement au profit de Djezzy, des consommateurs algériens du secteur des télécommunications et de l’économie numérique algérienne. »

En réalité, le FNI n’a p jamais réellement répondu aux sollicitations de VEON, mais a préféré lances une diversion pour gagner du gagner du temps et fuir ses responsabilités.

Suite à cela, le CEO de VEON a adressé en date du 12 avril 2021 un second courrier toujours adressé à Monsieur le Ministre des Finances.

Il est dit dans ce courrier « Nous avons noté que, depuis cette dernière correspondance, le FNI nous a transmis une demande de report des prochaines étapes du pacte d’actionnaires. Nous considérons qu’un tel délai n’est souhaitable pour aucune des parties et nous suggérons plutôt d’avancer dans nos discussions afin de résoudre, au mieux de l’intérêt de notre partenariat, les problèmes en suspens. »

Ce rendez-vous qui aurait permis au FNI et donc aux autorités du pays de connaitre les intentions du Groupe VEON par rapport à leur investissement dans DJEZZY, n’a pas eu lieu à cause du manque de professionnalisme et de l’incompétence du Directeur Général du FNI.

Cette position du FNI aurait pu être exploitée par le Groupe VEON devant un arbitrage international pour non-respect par le FNI de ses engagements contenus dans le SHA. Mais ils ne l’ont pas fait…

Toutefois, le 1er juillet 2021, le FNI reçoit une lettre signée du premier responsable de VEON annonçant l’intention de son groupe de vendre la totalité des actions qu’il détient directement ou indirectement via ses filiales Moga et Oratel, soit 45,75% des actions d’OTA !

Ce fut le moment tant attendu par le Directeur Général du FNI qui s’empressa d’informer les autorités, mais sans rien dire de la clause de rendez-vous qu’il a fait rater.

Mais là n’était pas le seul tour que jouait Kamel Mansouri à l’Etat algérien.

En effet, le DG du FNI a également omis d’informer les autorités d’une disposition importante du pacte des actionnaires.

L’article 20.3 du SHA stipule ce qui suit :

« Le FNI aura le droit de faire acquérir les titres OTA faisant l’objet de l’option de vente en désignant un tiers qui ne peut pas être une partie sanctionnée pour les acquérir au nom du FNI, dans les 4 mois suivant la détermination de la juste valeur de marché, conformément à l’article 20.2, étant précisé que le FNI devra rester solidaire à l’égard de VEON du paiement du prix d’acquisition. »

 Ainsi, il y avait possibilité de faire acquérir les actions de VEON par un autre opérateur sans que le FNI, ni l’état Algérien ne débourse le moindre centime !

Ceci aurait permis au pays d’utiliser les 682 millions de USD, relatifs à l’évaluation des parts de Djezzy appartenant à VEON, dans des projets de développement et de création d’emplois, comme cela aurait permis de pérenniser cette entreprise stratégique, sachant que le FNI n’a pas le savoir-faire pour la gérer.

Mais c’était sans compter sur le fantasme du Directeur Général du FNI de faire main basse sur cette importante société et a vu tous les dividendes qu’il pourrait en tirer, pour lui, ses proches et ses soutiens.

Il a tout fait pour saborder le projet de contrat de management de VEON qui aurait permis à Djezzy de continuer à bénéficier pendant un certain temps du savoir-faire d’un grand groupe international, en attendant de préparer les futurs managers Algériens qui devront prendre possession des rênes de la société dans un avenir proche.

Cela aurait par ailleurs permis de préserver la compétitivité de la Société en attendant l’arrivée d’un repreneur.

Prises au dépourvu, les autorités algériennes ont été prises de panique, ne sachant comment réagir.

Il faut dire que l’obligation de payer des centaines de millions de dollars au moment où l’Algérie avait besoin du moindre dollar pour ses besoins en matière d’importations et de financements des projets d’investissements, n’allait pas plaire aux hôtes autorités de l’Etat. Surtout après ce que nous allons révéler…

Le FNI offre un cadeau de plus de 28 Millions de Dollars à Veon

Le SHA prévoyait que la valeur de DJEZZY soit déterminée par un cabinet de rang international.

La valeur de DJEZZY devra être exprimée en Dinars Algériens puis convertie en dollars Américains selon le cours moyens des 15 derniers jours.

Le SHA prévoit que le taux USD/DZD à utiliser soit le taux moyen des 15 derniers jours, sans préciser à partir de quelle date.

VEON a réussi à arracher le taux qui lui est avantageux à savoir 1 USD=133,95 DA qui correspond aux taux moyen du 15 au 30 juin 2021.

Le FNI a accepté ce taux alors qu’il aurait pu faire valoir le taux des 15 jours précédant le démarrage de la mission de détermination de la valeur de DJEZZY qui a débutée le 20 Janvier 2021 ce qui aurait donné une parité de 1 USD = 139,64 DZD qui était plus avantageuse pour le pays.

Ce manque d’intelligence et de clairvoyance de la part de nos gestionnaires a engendré un montant de plus de 28 millions USD, gratuitement offert à VEON. Sur le compte du Trésor Public !

Où en est-on actuellement

Le 1er juillet 2022, le FNI a annoncé en grande pompe qu’il venait d’acquérir la totalité des actions de VEON dans DJEZZY. Sauf qu’à ce jour, la situation reste très confuse.

Selon nos informations, la Banque d’Algérie refuse toujours de débloquer le montant de la transaction sans donner de raisons précises.

Cela a pour conséquence le fait que VEON est toujours actionnaire dans DJEZZY et M. GALVANI continue à ce jour d’exercer sa mission de CEO de la société contrairement aux affirmations de M. MANSOURI aux responsables du pays… Encore un autre mensonge !

Le DG du FNI avait même commencé à faire passer un message affirmant qu’il allait, dès la première semaine, licencier 4 à 5 cadres supérieurs de l’opérateur mobile Djezzy, dont la CLO (juridique) et le DRH.

Le tort de la première est de l’avoir informé de l’illégalité de certaines actions qu’il allait accomplir dans DJEZZY, et le second de lui avoir fait part des inquiétudes des employés de DJEZZY au sujet de l’avenir de leur société…

Inutile de vous dire que M. Mansouri a déjà en sa possession plusieurs CV d’enfants de ses connaissances ou de personnalités de l’Etat, à qui il veut rendre service pour être, le plus longtemps possible, maintenu dans son poste. Un grand classique du régime algérien…

Kamel Mansouri entend mettre en place une équipe dirigeante composée de 3 à 4 jeunes cadres de DJEZZY, sans grande expérience dans le management d’une grande entreprise de télécoms, qu’il pourrait ainsi manipuler à sa guise et ainsi pouvoir tirer les ficelles tout en étant à l’ombre…

Il a même prévu, selon nos informations, de s’autoproclamer Président du Conseil d’Administration et verrouiller l’affaire Djezzy.

Sauf que cela le mettrait en situation de conflit d’intérêt, car étant représentant de l’actionnaire FNI, il ne peut se donner quitus pour un mandat d’administrateur. Ahurissant !!!

Il va sans dire que cette situation a engendré un insupportable stress et une profonde démoralisation chez les employés de DJEZZY, ayant pris connaissance que le Directeur Général du FNI allait prendre comme premières décisions qu’il :

– la suppression du télétravail pour l’ensemble du personnel,

– la reconfiguration des bureaux de Djezzy, supprimant le concept d’open-space et érigeant des murs en BA13, car les employés se croient « en colonie de vacances » selon ses propres mots,

– La révision des salaires des employés qu’il juge excessifs et qu’il entend rapprocher de ceux des entreprises et administrations publiques.

Mansouri veut aussi lancer une opération de DEVEONISATION de l’opérateur de téléphonie mobile Djezzy, car il considère la majorité des employés de DJEZZY comme « vendus » à VEON pour reprendre sa formule. Affligeant !

Les nombreux spécialistes que nous avons approchés estiment que la performance et la viabilité de DJEZZY seront en danger si ce plan venait à être mis en exécution.

 »On transformera DJEZZY en une coquille vide qui ne vaudra pas grand-chose le moment ou on décidera de la vendre à un opérateur international » Nous a déclaré un professionnel averti.

L’amateurisme du DG du FNI

Nous avons de nombreux griefs à formuler à l’endroit de Mr Mansouri. Mais nous allons vous résumer son état d’esprit à travers un de ses « hauts faits d’armes » et laissera chacun en tirer un jugement.

Au cours du Conseil d’Administration d’Omnium Télécom Algérie du 09 décembre 2021, tenu en présence de hauts représentants de VEON, ces derniers sont restés perplexes devant les demandes faites par le premier responsable du FNI.

Kamel Mansouri a réclamé l’augmentation du montant de son jeton de présence et celui de 2 de ses amis du Conseil, pour les faire passer de 150 000 à 300 000 DA.

De même, il a sollicité l’augmentation du nombre de séance des comités ou il siège pour avoir plus de jetons de présence.

Mais le plus improbable a été de demander à DJEZZY d’octroyer aux administrateurs FNI un PC portable de dernière génération tous les trois ans…

Tout ceci a été acté dans le PV du Conseil d’Administration d’Omnium Télécom Algérie tenu le 09 décembre 2021 !

Informé, le CEO de VEON n’en a pas cru ses yeux alors même que de lourds dossiers tronaient sur la table de réunion, nécessitant une sérieuse charge de travail et des décisions à prendre à propos du business plan, du budget 2022, de l’option de vente des actions de VEON dans OTA…

À ses collègues présents, il a eu cette remarque : « C’est ça le FNI, c’est ça le niveau de notre partenaire ? »

Quelles conséquences sur Djezzy et sur le FNI

Suite à la détermination de la valeur de DJEZZY, les commissaires aux comptes ont exigé qu’une dépréciation d’au moins 360 milliards DZD soit faite en 2021.

Un deal a été trouvé pour la faire passer sur l’exercice 2022. Cette dépréciation sera donc absorbée par le GOODWILL de DJEZZY, qui est l’écart d’acquisition ou la différence entre la valeur d’achat de l’entreprise et sa valeur économique.

Cela pourrait avoir une répercussion vitale sur les comptes du FNI, qui devra déprécier sa participation dans DJEZZY de 180 Milliards DZD, ce qui absorberait la totalité de son capital de 150 milliards DA et conduirait le FNI à une situation de quasi faillite !

Ainsi, dans l’affaire Djezzy qui est en phase de devenir un véritable scandale d’Etat, il faut retenir que le paiement des actions de Djezzy est toujours bloqué au niveau de la banque d’Algérie, que VEON est ainsi toujours actionnaire dans DJEZZY contrairement aux communiqués de presse publiés.

Qu’il Il y avait possibilité de vendre les actions de VEON à un autre groupe ou opérateur international pour préserver les réserves de change du pays et permettre une concurrence loyale entre les 3 opérateurs.

Qu’un cadeau de plus de 28 millions USD a été gratuitement offert par le FNI à VEON

Que le FNI risque de se retrouver en situation de faillite après cette transaction.

Merci qui ? Merci à l’incompétence, à la médiocrité et aux personnes qui ne contrôlent rien dans notre Pays.

Merci aux décideurs de laisser l’amateurisme, la gabegie et la prédation continuer à avoir de très beaux jours devant eux dans cette Algérie nouvelle…

Tout simplement scandaleux !