Documents exclusifs. De nouvelles révélations sur les fraudes financières illégales de l’oligarque Abdelmalek Sahraoui

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Algérie Part a obtenu de nouveaux documents exclusifs qui dévoilent de nouvelles pratiques financières et fiscales totalement illégales et illicites ayant permis l’enrichissement spectaculaire de l’oligarque Abdelmalek Sahraoui, le député FLN de la wilaya de Mascara, l’un des rares derniers oligarques qui continuent de jouir l’impunité. Abdelmalek Sahraoui est toujours protégé grâce à son immunité parlementaire alors qu’il est cité dans plusieurs dossiers de corruption et de dilapidation de deniers publics.  

Cette fois-ci, Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations des documents qui démontre des pratiques d’abus de biens sociaux et de dissimulation de revenus aux services des impôts en Algérie. Nous obtenu au cours de notre enquête le rapport général de commissariat aux Comptes de l’une des plus stratégiques entreprises appartenant à Abdelmalek Sahraoui. Il s’agit de la société SPA IRRIGOUT qui a été utilisée par le député milliardaire FLN de Mascara pour obtenir de nombreux marchés publics à travers le territoire national. Dans le rapport du commissariat aux Comptes de l’exercice de 2015, l’audit fait ressortir une utilisation abusive et illicite des biens de la société pour des opérations financières qui profitent indirectement à Abdelmalek Sahraoui lequel a mis en place des mécanismes sournois pour détourner à son propre profit personnel l’argent qu’il devait verser aux services du fisc algérien.

De quoi s’agit-il réellement ? Ce sont des pratiques financières et fiscales mafieuses qui trompent la vigilance des  services des impôts pour détourner illégalement les fonds de la société et les dissimuler dans des caisses noires parallèles.

Ces pratiques ont été identifiés par ce rapport général de Commissariat aux Comptes de la société SPA IRRIGOUT. Voici des exemples éloquents : l’examen du Poste « Actif non courant » a permis à l’auditeur des comptes de la société de découvrir un rapprochement entre l’inventaire physique et l’inventaire comptable. Cette pratique illicite fait ressortir plusieurs écarts significatifs qui n’ont pas été justifiés expliqués et régularisés. Certaines
immobilisations des fonds de la société ont totalement amorties et ont continué à générer des avantages économiques, mais Abdelmalek Sahraoui et ses gérants n’ont jamais apporté la moindre preuve écrite pour expliquer leurs durées d’utilité. Les immobilisations  n’ont, par ailleurs,  subi aucun test de dépréciation pour déterminer l’éventuelle perte de valeur. Il s’agit d’un mécanisme sournois pour des pratiques d’abus de biens sociaux.

il faut savoir dans la comptabilité d’une entreprise,  une immobilisation intègre l’ensemble des biens durables détenus par une entreprise sur plus d’un exercice comptable et qui ne sont pas destinés à la revente. Ces biens représentent des investissements engagés afin de développer le potentiel productif de l’entreprise. Les écritures comptables concernant les immobilisations sont nombreuses, mais dans le cas de la société d’Abdelmalek Sahraoui elles soulèvent un certain nombre de questions : Comment évaluer le coût d’acquisition d’une immobilisation ? Comment savoir si une dépense peut être immobilisée ou si elle doit être comptabilisée comme une charge ? Quel est l’intérêt financier pour une entreprise de passer chaque année des amortissements ? L’oligarque algérien utilise ses immobilisations pour des fraudes comptables destinés à dissimuler les véritables revenus de sa société, l’une de ses 84 entreprises qu’il possède à travers l’ensemble du territoire algérien.

L’audit effectué sur les comptes de la Sarl Irrigout a dévoilé également de nombreuses anomalies comptables et financières.  Le compte 23800202 intitulé « Avances et acomptes versés sur commande », figurant dans la balance des comptes pour un montant de 77.479.571,16 DA, n’ pas été suffisamment analysé et justifié. Les soldes des comptes 26700202 intitulé « Créances rattachées à des participations » et 26701202 intitulé également «Créances rattachées à des participations », figurants dans la balance des comptes pour les montant respectifs de 42.764.954,39 DA et 8.000.000,00 DA, n’ont pas aussi justifiés.

D’autre part, pour augmenter les charges et diminuer les bénéfices imposables de son entreprise, le milliardaire Abdelmalek Sahraoui a fait de nombreux prêts à ses employés. Des prêts souvent fictifs ! Preuve en est, les prêts accordés au personnel, comptabilisés dans les comptes 27, n’ont jamais été régularisés.

La société d’Abdelmalek Sahraoui a également fait de nombreuses acquisitions de véhicules neufs. Des acquisitions qui ont été facturées et réceptionnées en 2014, mais comptabilisées en 2015 ! C’est une pratique illicite qui permet à l’oligarque algérien de de ne pas déclarer les amortissements de l’exercice 2014. Autre anomalie qui en dit long sur les pratiques illégales ayant permis à Abdelmalek Sahraoui d’amasser une fortune dont les actifs financiers et immobiliers sont estimés à plus d’un Milliard de dollars, les créances douteuses et non-recouvertes.

A titre d’exemple, les créances enregistrées vis-à-vis de la SPA POLYTRAV pour un montant global de 1.650.648.465,17 DA. Comme par hasard, ces créances sont détenues par d’autres sociétés appartenant également à… Abdelmalek Sahraoui. En réalité, le milliardaire algérien utilise ses diverses sociétés pour établir des facturations douteuses et injustifiées afin de faire transiter des sommes colossales dans le seul but de dissimuler des fonds aux services des impôts.

Malgré l’étendue de ces pratiques financières immorales et illégales, Abdelmalek Sahraoui n’a jamais été inquiété par les services du fisc algérien ni par la moindre des enquêtes judiciaires diligentées à son encontre. Bien au contraire, les entreprises de l’oligarque de Mascara ont obtenu de nombreux marchés publics stratégiques. Cette société appelée SARL Irrigout avait obtenu dans des conditions troublantes la réalisation d’une partie de la pénétrante autoroutière reliant Oran à Masacra.

Algérie Part avait publié des révélations détaillées sur les conditions dans lesquelles l’entreprise d’Abdelmalek Sahraoui avait déroche le lot N°2 de ce marché qui lui a été attribué de gré à gré. Il s’agit d’un marché d’un montant équivalent à 20 millions d’euros. Au départ, l’agence nationale des autoroutes (ANA) a refusé d’associer Abdelmalek Sahraoui à ce projet autoroutier car sa société n’avait pas la moindre expérience ou savoir-faire pour réaliser de telles routes. Irrigout réalisait uniquement des petites routes communales, des ralentisseurs ou des trottoirs. Elle n’a aucune référence qui pourrait lui permettre de réaliser 9 KM d’autoroute avec 11 ouvrages d’art. Et pourtant, avec une société qui réalise de simples travaux publics rudimentaires ou des dos-d’âne, Abdelmalek Sahraoui a réussi à éjecter une entreprise publique, appartenant à l’Etat, pour lui subtiliser le marché.

Les documents obtenus par nos soins ont démontré effectivement que la société iRRIGOUT SPA n’a pas été retenue au départ pour ce projet à cause de son manque d’expérience et qualification nécessaire pour sa réalisation. Les entreprises qui ont été retenues à la base sont : LIC (Espagne), CHM (Espagne) Benzamia (Chlef) et l’entreprise publique ETGR.

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