Désertification, pénuries d’eau : l’Algérie grandement menacée par les risques climatiques

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L’Algérie est l’un des pays les plus fragiles et les plus exposés aux dangers du changement brutal du climat de la planète. C’est ce qui ressort des prévisions et analyses des Perspectives économiques en Afrique 2022, publication phare de la Banque africaine de développement (www.AfDB.org), parue ce 24 mai 2022. Cette publication rappelle à justice titre que l’Algérie se classe 125e sur l’Indice mondial des risques climatiques 2021. « Elle est confrontée à l’érosion des sols, à la désertification, aux pénuries d’eau et aux cycles de sécheresse, exacerbés par le changement climatique », note encore à ce sujet l’AFDB. 

La publication des Perspectives économiques en Afrique 2022 de l’AFDB a reconnu, néanmoins, que l’Etat algérien fournit des efforts pour tenter de faire face à ces risques climatiques.  « Le pays a intégré la viabilité environnementale dans son plan de relance écono-mique 2020–24 et vise à réduire ses GES de 7% d’ici 2030 », rappelle à ce sujet la publication spécialisée de l’AFDB en notant que l’Algérie cherche aussi « à endiguer la désertification en étendant une ceinture forestière de plus de 1,7million d’hectares et à préserver les ressources en eau en introduisant des mesures prospectives ».

Dans ses prévisions sur les évolutions des indicateurs économiques de l’année 2022, l’AFDB a beaucoup insisté sur l’importance de miser sur les énergies renouvelables pour l’Algérie. L’AFDB conseille aux autorités algériennes de s’émanciper rapidement de la dépendance  vis-à-vis des hydrocarbures si elle veut diminuer les risques climatiques auxquels elle est exposée durablement.

« Pour réduire la dépendance du pays au gaz naturel, qui représente plus de 93% de la production totale d’électricité, le programme d’énergie renouvelable et d’efficacité énergétique a été révisé en 2020. Le ministère de la transition énergétique et des Énergies renouvelables a été chargé d’établir une capacité de 15000MW à partir de sources renouve-lables d’ici 2035. Des mesures urgentes devront être prises si l’on veut atteindre l’ODD 13 sur l’action climatique », relèvent ainsi l’AFDB dans sa note de perspectives économiques 2022 consacrée à l’Algérie.

Cette source souligne enfin que les énergies renouvelables en Algérie sont salutaires pour l’avenir du pays en raison aussi de la diminution accélérée des réserves nationales du gaz naturel.  « L’Algérie est classée 10e parmi les producteurs mondiaux de gaz naturel, avec 2,2% de la production mondiale. Son potentiel d’exportation est énorme, avec de nouveaux projets gaziers dans le sud-ouest qui s’ajoutent à ceux de la région gazière d’Illizi dans le sud-est, mais il est soumis aux contraintes d’une demande intérieure accrue et d’investissements insuffisants. Après avoir atteint un pic de 65milliards de mètres cubes (m3) en 2005, les volumes d’exportation étaient de 40milliards de m3 en 2020 », précise en dernier lieu cette source.