Depuis le début du Hirak, 13 journalistes ont été emprisonnés : l’hiver terrible de la liberté de la presse en Algérie

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La liberté de la presse en Algérie est tout bonnement menacée de disparition. Depuis 2019, cette liberté fondamentale pour la préservation des libertés publiques d’un pays n’a jamais connu de plus terribles régressions en Algérie. Un rapport rendu public concernant les violations des Droits Humains en Algérie a comptabilisé depuis le début du Hirak, au moins 13 journalistes qui ont été emprisonnés et plus d’une vingtaine qui ont été poursuivis dans des affaires différentes, toutes liées à l’exercice de leur travail de journalistes, tandis que d’autres ont été contraints à l’exil.

Ce rapport a été établi par l’ONG Riposte Internationale qui est une association créée et établie en France par des activistes et militants en faveur de la démocratisation et la promotion des libertés fondamentales en Algérie. Cette ONG vient de rendre public son rapport sur les violations des Droits Humains en Algérie. Et ce rapport dresse une situation déplorable de l’exercice du journalisme en Algérie.

Ce rapport rappelle qu’il « y a actuellement deux journalistes en prison, en l’occurrence Mohamed MOULOUDJ et Hassen BOURAS ». « Ils sont poursuivis dans deux affaires distinctes sur la base de l’article 87bis du code pénal. Hassen BOURAS est membre de la Ligue des Droits de l’Homme. Comme le sont d’ailleurs les deux journalistes, Said BOUDOUR(soumis au contrôle judiciaire depuis avril 2021)et Jamila LOUKIL(en liberté provisoire), qui sont
poursuivis sur la base de l’article 87 Bis du code pénal pour leur travail et en tant que défenseurs des Droits Humains », dénonce toujours la même source.

Ce rapport s’appuie beaucoup sur l’exemple des mésaventures de Radio M pour illustrer les « persécutions » subies par la presse libre et indépendante en Algérie. « Après avoir connu une année de préventive, Nabil Mellah (principal soutien financier du média), subit une parodie de procès le jetant dans un abime judiciaire, il a été condamné à trois années fermes », rappelle encore ce rapport qui n’omet pas de mettre en exergue les souffrances endurées par le directeur publication de Radio M, à savoir Kadi Ihsane.

« A la suite d’une plainte de l’ex-ministre de la communication à propos d’une analyse jugée inappropriée, le journaliste KADI IHSANE, a été condamné en juillet 2020 à six mois de prison ferme. Un des journalistes de Radio M, Khaled DRARENI, correspondant également de Reporters Sans Frontières (RSF) et collaborateur de la chaine française TV5, passera plus de quatorze mois en détention provisoire avant d’être libéré », relève le rapport de Riposte Internationale

« Il fut finalement condamné à deux ans de prison ferme, avant que la Cour Suprême ne casse son arrêt de condamnation et ne renvoie l’affaire devant la cour d’Alger qui a confirmé la condamnation, puis a revu la peine à six mois de prison avec sursis. Sa collègue, la journaliste Kenza KHATOU, fut maintenue cinq jours en garde-à-vue avant d’être présentée sous la procédure d’urgence à la justice pour être condamnée à un mois
de prison avec sursis », détaille une nouvelle fois ce rapport accablant qui s’inquiète énormément des dérives autoritaires dont sont victimes régulièrement les journalistes algériens.

« La presse électronique et/ou en ligne n’est pas en reste. Elle subit à son tour le même sort et les mêmes assauts de musellement que la presse écrite traditionnelle », indique enfin ce rapport tout en précisant qu’il a été imposé « aux journaux électroniques le label Dz.com, attribué uniquement à ceux dont la lignée éditoriale est acquise à la politique gouvernementale ». Quant aux autres sites qui ne sont pas titulaires du label, qu’ils soient hébergés en Algérie ou à l’étranger, « ils sont brouillés et inaccessibles dans le pays. Pour pouvoir accéder à ces sites, il faut recourir à diverses manœuvres y compris quand on passe par des réseaux VPN », déplore en dernier lieu le même rapport.