Départ de BP de l’Algérie : les explications infondées et mensongères du PDG de Sonatrach

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Toufik Hakkar
Toufik Hakkar

Ce mardi 29 juin, le PDG de Sonatrach, Toufik Hakkar, a tenté de relativiser les conséquences sur l’économie algérienne du départ du géant britannique de l’Energie BP. Lors d’une conférence de presse animée ce mercredi à Alger, le PDG de Sonatrach a fait croire à l’assistance que le départ de BP est lié à la nouvelle orientation de cette compagnie qui va se retirer graduellement dans les années à venir des hydrocarbures fossiles et se tourner vers les énergies renouvelables.

« Ces pratiques de vendre les intérêts des sociétés l’une à l’autre selon leurs stratégies, et on ne peut imposer une stratégie à une entreprise étrangère. Ils visent la rentabilité et réaliser leur stratégie, et on ne peut pas leur imposer notre point de vue ou notre position », a expliqué ainsi Toufik Hakkar, lors d’une conférence de presse organisée à la direction générale du Groupe pour présenter le bilan des réalisations de Sonatrach durant l’exercice 2020 et les cinq premiers mois de 2021.

« BP va partir et il y a un partenaire (Eni, ndlr) qui va la remplacer », a indiqué le PDG de Sonatrach, qui a ajouté que Eni, sans la citer, va continuer d’investir dans les hydrocarbures en Algérie, parce qu' »elle est convaincue que c’est rentable, l’avenir du pays l’intéresse, donc, on continue de travailler ensemble ». Toufik Hakkar

Le PDG de Sonatrach a précisé, par ailleurs, que « BP est présente sur les gisements d’In Salah et In Amenas et son contrat se terminera en 2027. Il ne reste que six ans. Les gisements sont en déclin », en estimant que  « l’impact n’est pas important, premièrement sur Sonatrach, car il y aura un autre partenaire (Eni, ndlr) avec lequel on continuera notre partenariat ».

Il s’avère que les arguments du PDG de Sonatrach ne sont pas fondés ni sérieux car ils minimisent clairement les problèmes rencontrés par BP en Algérie et dissimulent à l’opinion publique la réalité très complexe et préoccupante du secteur des hydrocarbures en Algérie. D’abord, il est vrai que le géant britannique a décidé de consacrer ses plus gros investissements aux énergies renouvelables à la suite de la crise de la COVID-19 et les bouleversements générés sur les marchés mondiaux. Mais BP a décidé de se retirer des projets pétroliers et n’a pas ralenti ni bloqué ses projets gaziers comme le laisse croire Toufik Hakkar. BP veut réduire de 40% sa production pétrolière d’ici dix ans en se retirant de plusieurs pays-clés comme l’Irak ou l’Azerbaïdjan.

Mais en même temps, le groupe britannique d’hydrocarbures continue d’investir dans le gaz. Preuve en est, BP prévoit d’investir environ 1,3 milliard de dollars (1,09 milliard d’euros) dans la construction d’un vaste réseau de conduites et d’autres infrastructures afin de récupérer le gaz naturel produit par ses puits de pétrole situés dans le bassin permien du Texas.

BP est également partie prenante du méga-projet  North El Hammad, au large des côtes égyptiennes. La capacité de production future par puits est estimée à près de 100 millions de pieds cubes par jour, et jusqu’à 800 barils de condensat par jour.  Total détient une participation de 25% dans le champ de North El Hammad, tandis que les opérateurs Eni et BP en détiennent chacun 37,5%. BP ne se retire donc pas entièrement des hydrocarbures et semble avoir dessiné une stratégie qui maintient sa forte présence dans les projets gaziers.

Et en Algérie, BP n’est pas présente dans l’exploitation et exportation du pétrole. BP a axé sa présence en Algérie sur le gaz à travers ses deux projets gaziers à In Salah et In Amenas. Le retrait de BP n’a donc pas de relation directe avec ses nouveaux investissements dans les énergies renouvelables puisqu’elle continue d’investir dans de nouveaux gisements gaziers dans d’autres pays.

En vérité, le PDG de Sonatrach a menti aux Algériens car BP avait expliqué clairement les raisons de son retrait du marché algérien le  jeudi 3 juin dernier. Ce jour-là une délégation officielle de British Petroleum (BP), s’était rendue au ministère de l’Energie à Alger pour rencontrer officiellement le ministre algérien Mohamed Arkab. Au cours de cette rencontre, les représentants de BP ont expliqué clairement au ministre algérien qu’ils n’envisagent plus de rester encore longtemps en Algérie. Le géant britannique prépare bel et bien son départ de l’Algérie et confirme ainsi à Mohamed Arkab que des négociations sont en cours avec l’italien ENI pour la reprise de ses actifs gaziers à In Amenas et In Salah.  Les représentants de BP ont assuré que cette transaction ne mettra pas en danger les intérêts de l’Etat algérien ni l’avenir des sites gaziers qui seront concédés à ENI.

Pis encore, les représentants du géant britannique ont fait savoir à Mohamed Arkab qu’ils rencontrent de nombreux obstacles exaspérants qui empêchent le développement de nouveaux projets ou l’exploration de nouvelles réserves gazières. Depuis 2020, les responsables de BP ont organisé pas moins d’une quinzaine de rencontres avec le vice-Président responsable du Business Development & Marketing, Fethi Arabi. Ces réunions n’ont abouti, malheureusement, à aucune avancée notable ou concrète.

L’inexpérience de l’actuel establishment de Sonatrach et les problèmes économiques que traversent l’Algérie ont provoqué une véritable paralysie dans le secteur des hydrocarbures. Chutes des investissements, effondrement de la production nationale, non-renouvellement des réserves et gel de plusieurs importants projets, la « Nouvelle Algérie » ne suscite pas l’enthousiasme des grandes compagnies pétrolières internationales  qui appréhendent effectivement les conséquences fâcheuses sur leurs activités économiques de « la panne générale » dans laquelle se retrouve le pays. Les membres de la délégation de BP ont bien expliqué les tenants et aboutissants de cette appréhension lors de leur réunion avec le ministre algérien de l’Energie. Trois semaines plus tard, le PDG de Sonatrach veut maquiller cette réalité amère pour occulter sa responsabilité avérée dans cet échec à maintenir la présence des investisseurs mondiaux les plus prestigieux dans le secteur des hydrocarbures, le seul poumon économique du pays.

8 COMMENTS

  1. Hahahahahaha…. Mais quel article nullissime…hahahahahaha.. Du grand n’importe quoi sous couvert d’une information confidentielle….hahahahahahaahh…..Quel fou rire en pour une fois….
    De la merde intellectuelle pur jus…
    T as pas honte sérieusement Semmar d’écrire de tels torchons ??

    Hahahahahahaahh

  2. Excellent article d’Algerie Part comme d’habitude! Le régime est cuit, il a plus de 95% des Algériens qui le rejettent et le honient… et désormais les compagnies étrangères le fuient comme de la peste !

  3. 10 000 gueux marocains jeté comme de la merde sur Ceuta et ça vient parler de la Sonatracht et de la gouvernance algérienne….Hahahahaha

    Vive les frontières ouest fermées à vie !
    Expulsion des 700 000 clandestins marocains qui vivent chez nous !

    Ils doivent retourner chez Pédale 6 qui les jetera sur Melilla….haahahhahaha……
    La Honte d’être marocain….La honte de se soumettre à un monarque qui vit au moyen âge…. Hahahahaha

    Vive Chengriha !

  4. Karim70 le marochien sujet du roitelet baron de la drogue
    En quoi ce que fait sonatrach concerne un sujet du royaume du cannabis ?
    BP a vendu des participations en Afrique et au moyen-Orient et son droit
    BP annonce officiellement sa stratégie de développer ses investissements dans les énergies renouvelables et en vendant a 4 milliards de dollars ses participations en Algérie degage des liquidités pour investir
    BP ne possède que des participations minoritaires en algerie et n’est pas majoritaire comme toutes les compagnies étrangères en algerie
    Son départ et son remplacement par ENIE n’aura aucun impact sur les projets en cours
    Zemmar quayazamar comme vous dites chez vous…
    En Algerie c’est sonatrach qui détient la majorité de tous les investissements dans les champs gaziers ou pétroliers, donc c’est sonatrach qui est maitre du jeux

  5. BP n’est pas une perte. Le fait qu’elle est remplacee par ENi est une bonne chose. BP est entrain d’investir en offshore en mauritanie et au senegal et ne s’interesse plus en algerie. Tant pis ou tant mieux c’est vraiment pas grave. Avoir des geants petroliers comme partenaires et comme BP n’est pas forcement favorable a Sonatrach. Ce que doit faire Sonatrach est de ramener des competences qui travaillent directement pour elle et non de ramener des concurrents comme BP ou Total. Une cooperation plus approfondie avec des societes italiennes est preferable a des societes anglaises, hollandaises, francaises ou meme norvegiennes. Plus de cooperation avec Eni et Saipem est desirable.