Denrées alimentaires : la situation très tendue des marchés mondiaux risque d’aggraver les pénuries en Algérie

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L’année 2022 risque d’être une année très difficile et compliqué pour les consommateurs algériens. Et les pénuries des produits de large consommation ainsi que la flambée des prix des produits ou denrées alimentaires pourraient s’aggraver encore davantage, prévient l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui a fait le bilan de l’année 2021 en reconnaissant que les prix des produits alimentaires ont subi une augmentation record. 

La FAO a reconnu dans sa dernière publication concernant l’indice d’évolution des prix des produits agricoles et alimentaires que la situation est particulièrement inquiétante dans un monde où le changement climatique, des difficultés de transport et les conflits entravent d’autant plus l’accès la nourriture.

La FAO craint énormément de complications pour l’accès équitable à des produits alimentaires en 2022 comme dans les années à venir en raison des perturbations qui sont enregistrées depuis le début  de la pandémie de la COVID-19 au niveau des marchés mondiaux des produits agricoles et alimentaires.

Hier vendredi,lors d’un point de presse, Abdolreza Abbassian, économiste principal de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a indiqué qu’en 2021, l’indice FAO des prix des produits alimentaires avaient rebondi de 28,1% par rapport à l’année précédente. Les prix mondiaux des céréales étaient à leur plus haut niveau depuis 2012, en moyenne 27,2% au-dessus des prix de 2020, a-t-il précisé.

Selon M.Abbassian, en 2021, les prix des huiles végétales ont augmenté de 65,8% par rapport à 2020 ; les prix du sucre ont atteint leur plus haut niveau depuis 2016 ; les prix de la viande étaient supérieurs de 12,7 % aux prix de 2020 ; et les prix des produits laitiers étaient 16,9% plus élevés qu’en 2020.

« L’augmentation mensuelle des prix depuis le dernier trimestre 2020 était un signal pour les producteurs de produire plus, mais le fait que 2022 verra ou non un ajustement dépend de plusieurs facteurs, dont les répercussions de la pandémie, le coût des engrais et les conditions climatiques », a-t-il noté.

« Si les prix normalement élevés devraient céder la place à une augmentation de la production, le coût élevé des intrants, la pandémie mondiale en cours et les conditions climatiques de plus en plus incertaines laissent peu de place à l’optimisme quant à un retour à des conditions de marché plus stables, même en 2022 », a déclaré encore Abdolreza Abbassian, Economiste principal à la FAO.

Ces affirmations devraient préoccuper les dirigeants algériens pour les inciter à imaginer des solutions urgentes au moment où le pays vit au rythme de l’inflation, la cherté excessive de la vie et les pénuries quotidiennes des produits de base les plus indispensables comme le lait et l’huile de table. L’Algérie est l’un des pays les plus fragiles au monde face aux perturbations mondiales des marchés des produits agricoles et alimentaires.

L’Algérie importe annuellement pas moins de 8 milliards de dollars de produits alimentaires de base. Une telle dépendance vis-à-vis de l’étranger du système alimentaire algérien, notamment pour les céréales et le lait, pose inévitablement le problème de la sécurité alimentaire du pays à moyen et long terme.

La sécurité alimentaire de l’Algérie continue de dépendre pour 70% des importations de céréales et leurs chaines d’approvisionnement. Cette dépendance constitue un énorme danger pour l’Algérie analyse ce rapport onusien dédié à la situation économique qui prévaut dans notre pays depuis 2020 à la lumière des évolutions de la pandémie de la COVID-19. La commission économique pour l’Afrique de l’ONU avait estimé récemment que l’Algérie a besoin d’une plus forte production locale pour augmenter la résilience dans les secteurs stratégiques comme l’alimentaire et la nutrition par rapport aux différents scenarii de crise dans un contexte d’instabilité mondiale avec les perspectives encore sombres de la pandémie de la COVID-19.

Pour mesurer le danger de cette dépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger, il suffit de comprendre que la production algérienne de blé n’est pas suffisante pour
satisfaire les exigences d’une population à croissance rapide, à savoir près de 45 millions d’algériens en 2020. L’écart entre la production et la demande est en constante augmentation. Selon le Programme Alimentaire Mondial (PAM), la plus grande agence humanitaire de l’ONU qui lutte contre la faim dans le monde en distribuant une assistance alimentaire, la consommation moyenne de blé par habitant en Algérie est évaluée à plus de 220 kg/an, d’où un besoin total de 88 millions de quintaux pour une population de 44 millions d’habitants.

Les blés représentent 60% des apports énergétiques (calories) de la ration alimentaire de l’Algérien moyen, 70% des protéines totales et 88% des protéines végétales. La production moyenne est estimée à 22,5 millions de quintaux, d’où une couverture par des importations de l’ordre de 65,5 millions de quintaux.  Le coût de ces importations s’élève à plus de 2 milliards de dollars par an.

Ces données soulignent la fragilité extrême de l’Algérie qui devra faire à chaque fois preuve d’une aisance financière insolente pour soutenir le poids financier important de ses importations alimentaires. Et avec avec une monnaie nationale en dévaluation continue et des cours internationaux en devises en augmentation permanente, l’ombre du déséquilibre suscitant des pénuries alimentaires plane plus que jamais sur l’Algérie. Il y a urgence à trouver des nouvelles alternatives dans les plus délais pour remédier à cette dépendance vis-à-à-vis de l’étranger.

Soulignons enfin que pour l’ensemble de l’année 2021, l’Indice FAO des prix des huiles végétales a atteint un sommet historique, augmentant de 65,8% par rapport à 2020. De leur côté, les prix du sucre ont diminué de 3,1% par rapport à novembre, atteignant son plus bas niveau sur cinq mois, reflétant les inquiétudes quant à l’impact possible du variant Omicron de la Covid-19 sur la demande mondiale, ainsi que la faiblesse de la monnaie brésilienne (real) et la baisse des prix de l’éthanol. Pour l’ensemble de 2021, l’Indice FAO des prix du sucre a augmenté de 29,8% par rapport à l’année précédente, pour atteindre son plus haut niveau depuis 2016. Dans le même temps, les prix de la viande sont resté globalement stables en décembre, mais sur l’ensemble de 2021, ils ont augmenté de 12,7% par rapport à 2020.

 

2 COMMENTS

  1. La junte en détournant et gaspillant plus de 1000 milliards de $ générés en 20 ans par les hydrocarbures est en train tout simplement de mener l’Algérie vers la famine. La junte pense faire face à l’effondrement économique et social en incrimisant le commerçant et ne vendant l’huile de table qu’aux personnes qui ont plus de 18a!

    Généraux criminels
    DRS terroristes