Décryptage. Pourquoi l’Algérie n’a pas pu devenir un pays émergent

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Avec ses immenses potentialités et ses atouts majeurs comme l’importance de son marché interne, sa position géographique prestigieuse ou les richesses de son sous-sol, l’Algérie n’a pas réussi encore à intégrer le club des pays ambitieux et émergents. Un échec qui s’explique par plusieurs causes notamment le sous-développement chronique de son secteur privé. Explications et décryptage. 

L’Algérie ne manquait pas d’ambition et voulait toujours devenir un pays émergent reconnu sur la scène mondiale pour sa croissance économique et sa future puissance. Il faut, d’abord, savoir qu’un pays considéré comme émergent lorsque son État s’intègre à l’économie globalisée grâce à une croissance économique (c’est-à-dire une augmentation du produit intérieur brut) forte pendant plusieurs années.

Le terme est issu du vocabulaire financier et des agences de notations ; il sert à l’origine à désigner des marchés : un marché émergent est alors un marché attractif pour les investisseurs. Le Vietnam, le Mexique ou l’Éthiopie sont des exemples de pays qui peuvent être qualifiés d’émergents. Mais les plus connus sont certainement les BRICS (Brésil Russie Inde Chine et Afrique du Sud), en raison de leur poids respectif et cumulé, et de la visibilité politique qu’ils se sont donnés en se réunissant régulièrement. On peut aussi les qualifier de grands émergents.

Les États émergents présentent des caractéristiques communes qui se retrouvent de façon plus ou moins prononcée et avec des écarts selon les situations : une population nombreuse mais qui a achevé sa transition démographique, un régime politique stable même s’il est autoritaire, la formation d’une classe moyenne capable de consommer et d’occuper les emplois intermédiaires dans les services et l’administration, une métropolisation rapide et un processus de limitation de l’écart de richesse entre l’oligarchie enrichie rapidement et les masses populaires maintenues dans la pauvreté, souvent dans les régions périphériques, rurales, ou enclavées.

Les autorités algériennes avaient adopté les grandes lignes du plan quinquennal 2015-2019, visant à réaliser un taux de croissance annuel de 7% par an et à faire de l’Algérie un pays émergent à l’horizon 2019. La conférence économique et sociale et la conférence économique et sociale sur la jeunesse tenues en 2014 avait également institué des nouveaux dispositifs de développement du secteur industriel, en accordant une priorité, entre autres, au développement des activités du secteur privé.

Ces deux conférences clés avaient également ouvert les voies et moyens d’interventions économiques des jeunes. Dans ce cadre les autorités s’étaient engagées dans un vaste programme de réformes économiques en vue de renforcer la diversification économique du pays et soutenir une croissance forte et diversifiée. La croissance du PIB au cours des 10 dernières années, a été positive mais en deçà de son potentiel et fortement tributaire des investissements publics massifs et du secteur des hydrocarbures.

En vue d’inverser cette dépendance, le Plan quinquennal 2015-2019 visait à: (i) diversifier l’économie de l’Algérie, notamment à travers l’encouragement de l’investissement national et étranger; (ii) renforcer l’efficience dans l’utilisation des ressources naturelles et humaines,dont recèle le pays; et (iii) soutenir le développement de l’entreprenariat et de l’initiative privée.

En vue d’atteindre ces résultats, la Banque a été sollicitée pour appuyer la mise en œuvre de cette orientation stratégique. Le projet ainsi proposé fournira une assistance technique aux autorités algériennes pour les aider à améliorer l’efficacité des politiques et dispositifs d’appui au développement de laPetite et moyenne entreprise(PME), en vue de contribuer à l’objectif de favoriser la création d’un million de PME, au cours de la période du plan quinquennal.

Malheureusement, les objectifs de ce plan n’ont pas été du tout concrétisés. C’est ce qui explique, en partie, pourquoi l’Algérie a échoué à devenir un véritable pays émergent.

Et pourtant, l’économie algérienne a connu, depuis le début des années 90, une reconfiguration vers l’économie du marché qui a permis d’enregistrer une nette augmentation du nombre des entreprises. Elle comptait à la fin de l’année 2014 environ 750000 entreprises, réparties entre la très petite, la petite et la moyenne entreprise, contre un potentiel de plus de 1,6 million d’entreprises privées au regard des fondements économiques du pays.

Le rythme de la création des entreprises n’avait cessé de progresser depuis 2002, pour atteindre une moyenne annuelle de 9%. Au niveau sectoriel, les analyses montrent que presque la moitié des PME sont actives dans le secteur des services (46,42%). Mais le secteur industriel ne compte que 17% du nombre des PME. Ceci est lié à l’effritement des capacités industrielles depuis les années quatre-vingt, où ce secteur contribuait à plus de 15% du PIB alors qu’il ne représente aujourd’hui que 5% de la valeur ajoutée.

Au vu de l’important potentiel de la demande domestique, il semble nécessaire de reconstituer le tissu productif industriel afin de proposer des produits substituts aux produits importés. A cet effet, les autorités algériennes se sont dotées d’une politique de relance et de développement industriel cohérente, basée à la fois sur le déploiement sectoriel et spatial.

Or, cette politique est encore, malheureusement, irréalisable en raison de la petite taille de la majorité des PME algériennes. En effet, la petite entreprise représente la principale catégorie des entreprises algériennes (90%). Ces entreprises emploient en moyenne moins de dix personnes et ne disposent pas, dans la majorité des cas, d’un système de gestion moderne et de bilans certifiés, ce qui représente une entrave pour accéder aux financements nécessaires à la viabilité de l’entreprise et au développement de ses activités économiques.

Par ailleurs, la plupart des entreprises se créent dans des secteurs où le taux de création d’emploi est le plus faible comme les activités de commerce et de services, d’une façon générale.

Considérées comme un acteur majeur pour améliorer les performances économiques du pays, les PME algériennes présentent plusieurs jusqu’à aujourd’hui plusieurs caractéristiques communes. La plupart des PME ont une structure financière, souvent fragile, prédominée par le capital familial. Ces entreprises, principalement de taille très réduite et employant moins de 10 personnes, sont également concentrées dans les secteurs des services. D’autre part, le manque d’encadrement technique, limite leur productivité et leur capacité d’innovation, engendrant une faible intégration dans les chaines de valeurs nationales et mondiales. Les PME algériennes sont également confrontées au manque d’informations fiables, pertinentes et actualisées sur les opportunités d’affaires et le potentiel du marché, ce qui est de nature à accroitre leurs coûts de transaction.

Ces faiblesses constituent un obstacle majeur à la croissance économique. L’Algérie avait tenté de remédier à ces faiblesses et les autorités ont créé en 2005 l’ANDPME pour piloter un ambitieux programme de mise à niveau des PME. Dans l’objectif d’améliorer l’accès au financement, une batterie de mesures incitatives ont été mises en œuvre à l’instar de la bonification des taux d’intérêt et du lancement d’un Fonds national d’investissement et d’un Fonds de garantie des crédits d’investissement. Théoriquement, ces mesures sont ambitieuses, mais dans la pratique, rien de concret n’a été accompli à  cause des lourdeurs bureaucratiques et la déconnexion de la machine administrative algérienne avec la réalité économique nationale. C’est pour toutes ces raisons que l’Algérie à la fin de l’année 2019, à la veille de la pandémie de la COVID-19, demeurait toujours un pays sous-développé et incapable de prétendre à l’émergence économique.

 

9 COMMENTS

  1. Immense potentialité de la connerie des généraux algériens. Résultat: pénuries de bonbonnes de gaz au pays du gaz, de vaccins, d’eau (on chie dans des scas en plastiques faute d’eau courante), penurie d’huile, de lait, de liquidités etc… Bref, il sera plus rapide de faire la liste des produits qui ne sont pas en penurie.

  2. Il faut étudier l’origine ! En opposition à la France capitaliste, le FLN luttait surtout pour une révolution socialiste ! D’ailleurs, dès le début l’indépendance à l’image des pays de l’Est, il y a eu une révolution agraire et ensuite sous Boumédiène, le pays a misé sur l’industrie lourde !
    Tout à été nationalisé à la mode communiste !
    Avec la Corée du Nord, l’Algérie Baathiste reste sur ce schéma qui ne fonctionne pas !
    Cela va être compliqué de changer les mentalités en Algérie après des décennies de propagande anti impérialiste, dire que le capitalisme est peut-être imparfait mais c’est un modèle qui fonctionne depuis la Renaissance à Florence !

  3. En réponse à la question que pose le titre de cet article, c’est tout simple comme réponse : l’Algérie est un pays peuplé de jeunes, dirigés par des grabataires séniles, voleurs et mafieux, sans aucune culture ni savoir. C’est la raison principale.

  4. Loco mon frère je suis milles fois d’accord avec toi et de rajouter qu’on a eu depuis 62 que lehoukouma n’bourourou des rapaces qui pensent qu’à leurs poubelles de ventre et ceux de leurs progénitures. Mais bientôt on les fera vomir .