Décryptage. Le développement des énergies renouvelables en Algérie permettra la création de plus de 113 mille nouveaux emplois

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Le développement des énergies renouvelables en Algérie permettra la création de plus de 113 mille nouveaux emplois d’ici 2030. C’est du moins ce que nous apprend une étude publiée par  la ZBW -Centre d’information Leibniz pour l’économie qui est considérée comme la plus grande infrastructure de recherche au monde pour la littérature économique, en ligne et hors ligne. Basée en Allemagne, cette prestigieuse institution scientifique a publié une étude portant sur « le développement économique local grâce à des projets axés sur les énergies renouvelables en Algérie ». Menée en partenariat avec GWS – Institute of Economic Structures Research, Osnabrück, en Allemagne, cette étude explore les perspectives prometteuses en matière de création de nouveaux emplois grâce au développement des énergies renouvelables. 

Il faut savoir à ce sujet que l’Etat algérien avait élaboré un ambitieux  programme de développement relatif aux énergies renouvelables pour la période 2011-2030. Officiellement, les énergies renouvelables figurent au cœur de la politique économique algérienne; c’est surtout le développement de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne qui est concerné. L’objectif de l’Etat algérien est d’apporter une contribution de près de 27 % à la production brute d’électricité à l’horizon 2030.

Le 22 octobre 2018, le ministère de l’Énergie avait déclaré que la production énergétique à partir de sources renouvelables devrait atteindre près de 2 000 Mégawatts (MW) d’ici à 2020. Sur cette base, et compte tenu des installations en cours de construction, l’étude allemande a élaboré plusieurs scénarios qui permet d’évaluer l’impact sur la création de l’emploi en Algérie grâce au développement des énergies renouvelables.

« Dans l’ensemble, l’emploi est fortement stimulé, avec un total arrondi à 113 709 emplois.
Ceux-ci sont répartis entre l’énergie éolienne et les deux catégories d’emplois liés à
l’énergie solaire », souligne cette étude allemande dont Algérie Part détient une copie.

« Le photovoltaïque occupe largement la scène. En particulier le domaine du développement d’installations est fortement générateur d’emploi, ce secteur étant caractérisé par
une forte dynamique au fil des années. L’énergie éolienne prend une nette importance
sur le marché du travail à la fin de la période concernée par la simulation », analyse la même source qui nous offre plusieurs illustrations de l’emploi « à l’issue des trois phases de la création de valeur permet d’étudier l’emploi créé du point de vue de sa durée ».

A titre d’exemple, plus de la moitié (56 %) des emplois qui pourront être créés en Algérie concerneront « la phase permanente d’exploitation et de maintenance (O&M) et la fabrication des installations ». Et « l’emploi dépend du portefeuille des commandes, mais une baisse éventuelle de la demande interne peut être compensée par les exportations », souligne la même source. « Le développement de l’éolien contribue nettement à l’emploi direct, mais surtout à l’emploi lié aux parcs éoliens dans l’exploitation et
la maintenance. L’emploi indirect concerne un large éventail de secteurs économiques
algériens, même si c’est dans une mesure très variable », nous apprend encore la même étude qui explore les horizons permis par le développement des énergies renouvelables en Algérie.

« Les secteurs les plus concernés sont la construction, le matériel de construction, le transport et les services aux entreprises. En raison des effets directs en phase d’installation, la construction représente déjà, à elle seule, un secteur économique qui stimule considérablement l’emploi », se réjouit également la même source qui conseille fortement aux autorités algériennes d’axer leur stratégie de développement des énergies renouvelables « dans la période allant de 2020 à 2025 » sur « la création de valeur locale ». Ce qui permettra enfin de développer  de « façon croissante » le taux d’intégration industrielle des secteurs liés aux énergies renouvelables.

« La proportion de biens liés à l’éolien et au solaire produits localement augmente de 50 % à 60 %. À l‘horizon 2030, cette création de valeur atteint même 70 %, pour parvenir à la moyenne des pays industrialisés qui ont développé depuis un certain temps les énergies renouvelables. Un tel scénario présuppose que l’Algérie rattrape très vite son retard », conclut enfin cette brillante étude qui nous offre un énorme espoir pour le développement économique du pays. Reste à savoir maintenant si les autorités algériennes iront jusqu’au bout de leur volonté de mener à terme ces projets de développement économique.