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samedi, février 4, 2023

Décryptage. La nouvelle ville de Boughezoul ou la future capitale de l’Algérie : une utopie qui n’a jamais vu le jour

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On reparle encore une fois des Nouvelles Villes en Algérie. Hier mercredi 2 mars, l’état d’avancement de la réalisation de la ville nouvelle de Boughezoul (Médéa) a été examiné mercredi lors d’une réunion du gouvernement, présidée par le Premier ministre, Aïmene Benabderramene, affirme un communiqué des services du Premier ministre. Sauf que ce projet comme le projet de plusieurs autres Nouvelles Villes Algériennes remonte à plusieurs années, voire des décennies, et leur réalisation est devenue quasiment… Utopique. Décryptage. 

Hier mercredi, une communication a été présentée au Premier-ministre sur l’état d’avancement de la réalisation de la ville nouvelle de Boughezoul qui prévoit d’accueillir à l’horizon 2030, une population d’environ 400.000 habitants et assurer un marché d’emplois pour plus de 122.000 personnes. Il a été également mis en avant les potentialités « incontestables » de cette ville, lui conférant le statut de « centre d’excellence » et offrant à la fois un espace de compétitivité destiné à l’investissement et un pôle d’attraction pour les populations des Hauts Plateaux comme celles du Nord.

Sur les maquettes, cette nouvelle ville futuriste et prometteuse existe bel et bien. Mais uniquement sur les maquettes car dans la réalité, aucune avancée majeure n’a été enregistrée dans ce méga-projet très peu connu en Algérie. Il faut savoir qu’effectivement le rêve de doter l’Algérie de nouvelles villes remonte quasiment à l’indépendance.

En 1961, Ferhat Abbas, le premier président de l’Assemblée nationale constituante après l’indépendance, devenant ainsi le premier chef de l’État de la République algérienne démocratique et populaire, avait proposé d’aménager une nouvelle capitale dans la périphérie algéroise, entre les localités d’Aïn Bessem et Bouira. Le projet avait été refusé par le Chef de l’Etat entre 1963 et 1965 Ahmed Ben Bella pour qui Alger, au regard de sa modernité à l’occidentale, est la seule ville qui puisse être érigée au rang de capitale nationale.

Avec l’arrivée de Houari Boumediene au pouvoir en 1965, l’idée de nouvelle capitale est remise à l’étude selon des exigences démographiques, foncières et sécuritaires : afin de faire face à un exode rural qui serait massif tout en préservant les terres arables côtières et en prévention d’éventuelles agressions ennemies alors que le Monde Arabe vivait à l’époque au rythme des Guerres lancées par ou contre Israël comme en 1967 et 1973.

A cette époque, de nombreux dirigeants algériens concevaient bel et bien l’idée qu’il conviendrait de relocaliser la capitale à l’intérieur du pays. Mais cette idée n’a jamais été concrétisée et Alger est restée la seule et unique capitale du pays.

Et pourtant, plusieurs réflexions avaient été lancées encore pour relancer l’idée de bâtir une nouvelle capitale. Et le site de Boughezoul, dans la wilaya de Médéa, a été évoqué et retenu depuis les années 80 mais finalement, le projet sera reporté sine die.

Durant le mandat de Chadli Bendjedid, du 9 février 1979 au 11 janvier 1999, le projet de bâtir une nouvelle capitale à Boughezoul a été officiellement  évoqué, mais sans jamais lancer le moindre chantier. Le  projet du site de Boughzoul a été ensuite relancé très furtivement par le gouverneur du Grand Alger en 1999, Chérif Rahmani.

Il est à nouveau évoqué avec moult mise en image – dont la dénomination Algéria – par Bouteflika en 2002. Mais quelques années plus tard, ce projet a été vidé de son objectif de nouvelle capitale et le projet de Boughezoul figurait parmi les projets algériens de simples Villes Nouvelles.

Ces Villes Nouvelles relèvent de l’aménagement métropolitain, on retrouve dans ce schéma les projets des nouvelles villes de Sidi Abdellah et Bouinan, dans la périphérie d’Alger.  Ces projets trouvent en vérité leurs origines dans le scénario de « renforcement des villes satellites d’Alger », élaboré en 1956 par l’Agence du Plan. Il faut savoir qu’en 1956 à Alger, à savoir durant l’époque coloniale, les autorités françaises avaient créé et mis en pratique ‘l’Agence d’Urbanisme’, une structure pour héberger des projets d’urbanisme qui les libère de l’inévitable pression politique dont ils ont tendance à souffrir.

C’est dire que les autorités algériennes avaient repris un concept qui remonte au…. colonialisme français avec pour seul objectif de procéder à la réduction de la « pression » sur la métropole algéroise, sans que son caractère ne soit jamais précisé. Les années passent, mais les espoirs trépassent et Boughezoul n’est jamais sortie de terre. 60 ans après l’Indépendance, l’Algérie n’a toujours pas pu bâtir sa propre nouvelle capitale ni de nouvelles villes conformes aux normes les plus modernistes et performantes en matière d’urbanisme.

 

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7 COMMENTS

  1. Tu as oublie de citer le Comedor ( Bureau d’etudes rattache (passe son temps a dormir )au niveau de la Présidence de HB) pour déplacer toutes les administrations d’Alger entre Bordj el Bahri , Ain Taya et Boumerdes

  2. Boukezoul c’est mieux, après ils déménagerons la capitale à bouaghyoul et tout le monde sera content.
    Imaginer vous arrivez en Avion et l’hôtesse vous dit , mesdames messieurs mettez vos ceintures,nous allons atterrir à bouaghyoul, le pays le plus développé du Monde, avec un état de droit ou les dirigeants sont tous jeunes. Le pays des startups et surtout de la connaissance et de la liberté.
    Allez ils faut réciter une sourate sinon impossible de descendre, car chez nous,on ne veut pas des kouffars.

  3. Pendantt ce temps la nouvelle capitale egyptienne construite dans le desert est presque terminee et semble tres moderne.
    Aller sur youtube pour voir.
    En Algerie on ne sait meme pas faire une route qui tienne plus de 6 mois alors construire une nouvelle capitale .. c’est de l’utopie ….vous l avez bien dit.

  4. Boughezoul, sidi Abdellah, des noms tres bizarre pour de nouvelles villes. Een meme temps cela nous donne des idees sur les gens qui tirent les ficelles en Algerie; Au lieu de resuciter des noms Amazigh qui feraient la fierte du pays, on nous sort des noms fantasmagoriqiues tires de la culture arabistane. le pays est vraiment coule a fonds