Décryptage. Comment l’Algérie peut créer plus de 100 mille emplois en une année grâce à ses PME

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L’Algérie est capable de créer plus de 100 mille emplois par an si elle sait comment exploiter ses PME et les intégrer à une nouvelle politique industrielle axée essentiellement sur le développement des énergies renouvelables. C’est la conclusion à laquelle a abouti une étude publiée par la ZBW -Centre d’information Leibniz pour l’économie qui est considérée comme la plus grande infrastructure de recherche au monde pour la littérature économique, en ligne et hors ligne. Basée en Allemagne, cette prestigieuse institution scientifique a publié une étude portant sur « le développement économique local grâce à des projets axés sur les énergies renouvelables en Algérie ». Menée en partenariat avec GWS – Institute of Economic Structures Research, Osnabrück, en Allemagne, cette étude explore les perspectives prometteuses en matière de création de nouveaux emplois grâce au développement des énergies renouvelables. 

Et la conclusion de cette étude est édifiante car « elle permet de constater qu’en procédant aux aménagements appropriés, il est possible de créer 100 000 emplois en une année » en Algérie. Selon la même étude, le développement des énergies renouvelables permet de remédier à « la faible productivité dans le secteur manufacturier » en Algérie. C’est, d’ailleurs, cette faiblesse qui plombe « la croissance et induit une faible compétitivité » de notre pays.

« L’Algérie dispose actuellement d’une main-d’œuvre à faible rendement. Même si cet état de fait garantit de nombreux emplois à faible valeur, il est indispensable, à long terme, d’investir dans une meilleure qualification de la main d’œuvre, afin de permettre à l’économie algérienne de s’adapter aux exigences d’une industrie moderne telle que l’industrie solaire ou l’industrie éolienne », nuance, néanmoins, cette étude qui fait plusieurs propositions pour permettre aux PME algériennes d’exploiter réellement toutes les potentialités des énergies renouvelables.

Parmi ces propositions, nous retrouvons la nécessité pour l’Algérie d’élaborer une « politique industrielle » qui doit « s’efforcer de concilier les objectifs économiques avec les paramètres sociaux et écologiques ». L’Algérie doit aussi « adopter une politique cohérente et équilibrée implique une coopération effective entre les instances étatiques, pour cela, les mandats, compétences et responsabilités doivent être clairement définis », suggère la même étude selon laquelle la nouvelle politique industrielle de l’Algérie « doit se baser sur les expérimentations de l’économie privée, et non sur une planification descendante ».

« Les investisseurs privés doivent partager une part des coûts et des risques; s’ils ne sont pas prêts à le faire, c’est là un signal fort qui signifie que les investisseurs ne croient pas à
la réussite économique », expliqua toujours la même source qui a beaucoup insisté sur l’importance d’assurer le bon fonctionnement des institutions de l’Etat en faisant preuve de transparence et de professionnalisme dans la gestion des marchés publics entourant le développement des énergies renouvelables. « Les agences de services doivent être fortement incitées à faire preuve d’esprit d’entreprise, avec une attitude orientée vers les clients. Pour cela, les appels d’offres doivent faire l’objet d’une réelle mise en concurrence; la gestion axée sur les résultats est elle aussi une condition sine qua non », conclut enfin cette très savante étude allemande.

Rappelons en dernier lieu qu’au moins 77,8 % des entreprises algériennes sont répertoriées comme des PME. « Ce qui est intéressant, à propos des activités des PME
dans les secteurs qui, comme observé précédemment, sont principalement touchés par
une demande supplémentaire, du fait du développement du solaire et de l’éolien, c’est
la proportion de PME selon les secteurs économiques », analyse à ce propos l’étude allemande.

En Algérie, dans l’agriculture, la part de PME est de 1,02 %. Dans la construction, la proportion de PME est de 34,65 % et dans le secteur manufacturier elle s’élève à 16,31 %. C’est dans les services que l’on trouve le plus de PME, avec plus de 47 %.