Déclenchement du Hirak en 2019 : La France « ne s’attendait pas à cette explosion »

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Au mois de février 2019, les autorités françaises ont été énormément surprises par la force et la spontanéité du Hirak. La France officielle ne croyait pas pertinemment à la réalisation du 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika, mais elle n’avait pas pour autant prévu le déclenchement du Hirak, confie dans son livre l’ancien ambassadeur de France à Alger, Xavier Driencourt. 

« L’Enigme Algérienne », le tout nouveau livre écrit par Xavier Driencourt vient de paraître à paris en France. Ambassadeur de France à Alger de 2008 à 2012 et de 2017 à 2020, Xavier Driencourt est le diplomate français qui a passé le plus de temps en poste en Algérie. Il livre dans ouvrage inédit ici une analyse approfondie de l’Algérie qu’il qualifie « d’énigmatique ». Xavier Driencourt dévoile aussi dans son livre la complexité et ce que les Algériens eux-mêmes appellent « le système » et raconte les dessous des évènements auxquels il a assisté ou participé en tant que haut représentant de l’Etat français en Algérie.

Et justement, Xavier Driencourt a vécu de près le déclenchement du Hirak au mois de février 2019. Et il confesse dans son livre que la France a été surprise et dépassée par l’ampleur incroyable de ce mouvement de contestation populaire entièrement pacifique. « Personne du côté français ne s’attendait à cette explosion », reconnaît l’ex-ambassadeur en expliquant qu’il s’était entretenu à la fin du mois de février 2019 avec Emmanuel Macron pour lui expliquer le caractère exceptionnel de cette contestation populaire et ses probables répercussions sur l’avenir de l’Algérie et des relations franco-algériennes.

Xavier Driencourt a avoué également dans son ouvrage que la France officielle était contrainte de s’exprimer prudemment et avec modération sur le développement du Hirak afin de ne pas s’ingérer dans les affaires internes de l’Algérie. Mais l’ancien ambassadeur de France à Alger exprime aujourd’hui ses regrets et pense qu’il aurait fallu adopter une position plus engagée et plus favorable au Hirak en 2019.

 » Pour tout dire, j’eus le sentiment que nous faisions un peu fausse route et que nous aurions peut-être dû exprimer plus clairement nos distances avec un système dans lequel l’empreinte de l’armée devenait chaque jour de plus en plus forte. Je le dis à plusieurs reprises à Paris, au Quai d’Orsay comme aux collaborateurs du président de la République : l’armée était en train de prendre le pouvoir, discrètement, mais fortement », confesse ainsi Xavier Driencourt qui semble nourrir des regrets sérieux concernant l’attitude adoptée par la France en 2019 vis-à-vis du Hirak en Algérie et des évolutions ayant découlé de ce mouvement populaire par la suite sur le plan politique.

 

1 COMMENT

  1. La France à cause de ses dirigeants notamment Macron va le payer cher : la probabilité est proche de 100% de voir débarquer des centaines de milliers d’Algériens fuyant la répression et la famine en direction de la France où les Algériens ont de la famille et des amis. Macron a joué avec le feu en soutenant un régime dictatorial à la tete d’un pays de prés 50 millions d’habitants à 800 km de Marseille…