De graves manquements en matière de sûreté des aéroports en Algérie : seul l’aéroport d’Alger est doté de scanners tomographes

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Les aéroports algériens souffrent d’une énorme déficience en matière de sécurité et de sureté aéroportuaire. Et pour cause, ils ne sont pas dotés de scanners tomographes comme l’exigent les normes les plus récentes de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) ou de l’Association du transport aérien international (IATA). Les scanners tomographes sont le système le plus fiable de fouille des bagages. Il équipe l’ensemble des grands aéroports de la planète. En Algérie, seule la nouvelle aérogare de l’aéroport international d’Alger est dotée de scanners tomographes. Elle dispose plus exactement de 6 appareils de ces scanners réputés pour leur précision chirurgicale et grande efficacité dans l’inspection des bagages.  Tous les autres aéroports algériens sont privés de ce système de protection et de surveillance ultra-moderne. 

Ce qui constitue un grave manquement à la sûreté des voyageurs pouvant engendrer un risque très élevé d’insécurité au niveau de nos installations aéroportuaires, des structures classées en zones sensibles.

Il faut savoir à ce sujet lors de l’inauguration récente et hâtive de la nouvelle aérogare de l’aéroport international d’Oran, de vieux scanners usagés ont été utilisées pour faire croire à l’opinion publique nationale que cette nouvelle structure est conforme aux normes internationales de sécurité aérienne. Pas un seul scanner tomographe n’a été déployé au niveau du nouvel aéroport d’Oran alors que la réalisation de cet édifice a coûté plus de 300 millions d’euros.

L’EGSA d’Oran, à savoir l’Etablissement de Gestion de Services Aéroportuaires d’Oran placé sous la tutelle du ministère des travaux publics et des transports, s’est illustré par une gestion calamiteuse et scandaleuse de l’attribution des marchés d’acquisition des futurs scanners aéroportuaires. Un budget initial fixé à 5,5 millions d’euros avait été consacré pour financer cette importante opération d’équipement. Mais plusieurs pratiques de surfacturations ont été découvertes depuis 2018 empêchant ainsi à chaque fois la concrétisation de ces marchés publics.

A Oran, le marché de l’acquisition des scanners aéroportuaires a été déclaré infructueux à trois reprises et pour parer aux besoins urgents de l’organisation des Jeux Méditerranées organisés entre le 25 juin et le 5 juillet 2022, l’EGSA d’Oran a été secourue par l’EGSA de Constantine qui lui a prêté 4 scanners usagés. Plusieurs délégations étrangères participant aux Jeux Méditerranéens ont été, d’ailleurs, déroutées vers l’ancienne aérogare de l’aéroport d’Oran faute d’équipement de sûreté en bonne et due forme.

Selon nos investigations, l’utilisation optimale du nouvel aéroport d’Oran nécessite le déploiement d’au moins 7 scanners tomographes. Ailleurs, dans le pays, des aéroports régionaux importants manquent également cruellement de scanners tomographes à l’image de l’aéroport de Constantine qui a besoin d’au moins 4 scanners sophistiqués pour répondre à l’intégralité de ses besoins de sécurité.

A l’EGSA d’Alger, des préparatifs sont en cours pour acquérir également plus de 6 scanners tomographes qui manquent à l’appel au niveau des aéroports du centre du pays notamment celui de la capitale Alger. Ces carences exposent la vie des voyageurs algériens et étrangers à un énorme danger d’insécurité car ces défaillances pourraient profiter à des réseaux criminels ou terroristes pour attenter à l’ordre public ou introduire dans le pays des produits dangereux, prohibés ou illicites.

Algérie Part poursuit ses investigations et publiera prochainement sur ce dossier des révélations plus documentées et détaillées.