Dangereuse et inquiétante pénurie d’un médicament indispensable pour les patients algériens souffrant d’hémophilie

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Les patients algériens souffrant d’hémophilie sont exposés à un grand danger en raison d’une inquiétante et alarmante pénurie dont fait l’objet un médicament incontournable pour le traitement de cette maladie complexe, a pu constater Algérie Part au cours de ses investigations. Advate est un médicament utilisé pour le traitement et la prévention des saignements chez les patients de tout âge souffrant d’hémophilie A (un trouble hémorragique héréditaire dû à une déficience en facteur VIII). Il contient le principe actif octocog alfa (facteur VIII de coagulation humain). Ce médicament fait l’objet d’une pénurie qui ne cesse de s’aggraver en Algérie depuis au moins le mois d’avril de cette année 2022., a-t-on pu confirmer au cours de nos investigations.
L’hémophilie est une maladie héréditaire récessive liée au chromosome X due à l’absence ou au déficit d’un facteur de la coagulation. Les conséquences de cette maladie sont majeures, avec des hémorragies sévères en cas de blessure et parfois des saignements spontanés, notamment au niveau des articulations. En Algérie, on estime depuis 2019 le nombre de patients atteints à 2560 dont environ 1800 sont diagnostiqués et traités. Parmi ces patients, 45% sont âgés de moins de 12 ans.
Selon nos investigations, au niveau des stocks de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), l’institution en charge de l’approvisionnement des médicaments au profit des hôpitaux publics et autres structures de santé publique, il a été comptabilisé une quantité d’Advate correspondant à peine 5 % des besoins nationaux. Cette pénurie, a-t-on pu constater au cours de notre enquête, touche l’ensemble des facteurs de coagulation qui sont des protéines du sang indispensables en cas de lésion vasculaire : avec les plaquettes, ils permettent de colmater la brèche et mettent fin au saignement. Les facteurs VIII et IX sont particulièrement connus pour les maladies qu’ils provoquent en cas de déficit : respectivement l’hémophilie A et B.
Selon nos vérifications, la PCH ne va pas pouvoir recevoir de nouvelles quantités de ces protéines avant le mois d’octobre prochain. Cela signifie que les malades souffrants d’hémophilie risquent de subir des graves complications à cause de cette pénurie de leurs traitements qui devrait durer jusqu’à au moins le mois d’octobre prochain. Selon nos investigations, l’acquisition de ces médicaments ou traitements nécessite un processus qui peut s’étaler sur 3 mois avant qu’ils ne soit définitivement disponibles au niveau des stocks de la PCH.
Il s’avère enfin que d’autres médicaments stratégiques et sensibles sont touchés de plein fouet par les pénuries et les ruptures de stock. Algérie Part publiera dans ce dossier de nouvelles révélations détaillées dans ses prochaines publications.