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vendredi, février 3, 2023

Crise politique et crise économique : les jeunes chômeurs algériens vivent dans l’angoisse

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Le chômage en Algérie s’explique aussi par des raisons psychologiques qui empêchent les jeunes chômeurs algériens de croire en un avenir meilleur dans leur pays. C’est ce qui ressort d’une vaste étude internationale sur le marché de l’emploi en Algérie. La Rédaction d’Algérie Part a obtenu au cours de ses investigations une copie de cette enquête qui dévoile une anxiété chez les demandeurs d’emploi vis-à-vis de leur avenir en Algérie. Elle a été mesurée sur la base de leur angoisse à voir l’Algérie vivre une crise dans un futur proche.

 

Cette enquête a été réalisée entre novembre 2018 et mars 2019 le cadre général du projet « Building Algerian Youth’s Future – BAYF », proposé et mis en œuvre par Education For Employment en Europe (EFE-Europe) avec l’appui et le financement du gouvernement du Royaume Uni. L’ONG d’Education For Employment est une ONG internationale à but non lucratif motivée par la forte volonté d’améliorer les opportunités d’emploi offertes aux jeunes chercheurs d’emploi dans les pays du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Depuis plusieurs années, cette ONG s’est spécialisée dans le traitement de la problématique de l’employabilité des jeunes dans la région MENA avec une approche axée sur la demande du marché de l’emploi.

De novembre 2018 à mars 2019, 2 160 personnes ont ainsi participé à une étude du marché de l’emploi dans les villes cibles de Ain Salah, Béchar, Bordj Bou Arréridj, Ghardaïa, Illizi (In Amenas), Oran, Ouargla, et Tamanrasset. L’étude s’est développée autour d’un axe de recherche classique et un axe innovant qui a fait appel à un logiciel d’intelligence artificielle adapté spécifiquement pour le projet. La recherche classique a consisté en l’organisation de focus groups et d’entretiens individuels qualitatifs avec des parties prenantes représentatives du secteur privé, institutionnel et académique, et la distribution d’enquêtes quantitatives auprès de 1 475 demandeurs d’emploi. L’outil d’intelligence artificielle a permis de recueillir et d’analyser plus de 30 000 offres d’emploi actuelles en Algérie dont 4 824 dans les wilayas ciblées par l’étude, en termes de répartition géographique, métiers, pro- fessions, compétences demandées et niveaux d’éducation requis.

Ainsi, d’après cette vaste enquête 31% des chômeurs algériens ont déclaré en entre 2018 et 2019 penser que l’Algérie va connaitre une crise politique dans les prochains mois, de même que 29% parlent d’une crise économique. « Ceci démontre une maturité citoyenne chez les chômeurs mais plus largement les jeunes citoyens », ont noté à ce propos les initiateurs de cette enquête  menée par une équipe pluridisciplinaire de 32 personnes épaulées par le développement et l’utilisation d’une intelligence artificielle qui a analysé les opportunités d’emploi présentes sur le web algérien.

La même étude nous apprend encore que  13% des demandeurs d’emploi craignent une crise sécuritaire qui s’explique par le fait que les wilayas d’Illizi, Tamanrasset et Béchar du projet BAYF sont frontalières avec le Mali, la Libye, le Sarah Occidental et le Tchad. 14% des demandeurs d’emploi pour leur part ont parlé d’une crise alimentaire ou environnementale.

Par ailleurs,  49% des chômeurs ayant suivi des études supérieures pensent que le système éducatif les prépare à la vie professionnelle. Ces résultats démontrent une importante déconnexion de la réalité du monde professionnel car la totalité des participants à cette étude sur le marché de l’emploi en Algérie ont clairement mis en avant le manque de pertinence du système éducatif dans l’adéquation de la formation dispensée contre les be- soins en compétences des entreprises. Ceci accentue le constat de l’incompréhension du marché de l’emploi et de l’environnement socio-économique dans lequel évolue le chômeur algérien qui fait preuve d’une naïveté si ce n’est d’un utopisme flagrant. Toutes ces données, à savoir l’angoisse, l’anxiété nourrie par les risques d’instabilité politique et économique, ainsi que la déconnexion de la formation avec le marché de l’emploi, continuent d’aggraver dangereusement le fléau du chômage en Algérie.

 

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1 COMMENT

  1. Dans un pays qui se respecte, normalement ce sont ces « dits » Responsables qui doivent vivre dans l’angoisse devant leur échec cuisant ! Mais, au lieu de cala, ils se décrètent « ni responsables, ni coupables » ! Ils attendent patiemment que le toit de la baraque leur tombe sur la tête ! Pauvre Algérie victime de l’économie de prédation !