COVID-19. Plus de 300 morts en une semaine : Attention, l’Algérie est en train de connaître l’un de ses pires pics épidémiques

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La situation est très grave sur le plan sanitaire en Algérie. Cette semaine s’est terminée par un bilan macabre de plus de 300 morts liés aux formes les plus graves de l’infection à la COVID-19. Ce bilan a été dressé officiellement par les services internes de la DGSN pour être communiqué au ministère de l’Intérieur dans la plus grande discrétion. Les policiers présents dans tous hôpitaux du pays, supervisent également la surveillance des cimetières lors des cérémonies d’enterrement des victimes de l’épidémie sans compter leur forte mobilisation au niveau des APC où les actes de décès n’ont jamais été autant délivrés qu’auparavant.

Ce tragique bilan de plus de 300 morts en une semaine a été communiqué dans un rapport sécuritaire dans lequel les Renseignements Généraux (RG) de la DGSN mettent en garde contre le risque des troubles sociaux porteurs d’une instabilité sécuritaire en raison de la colère populaire qui ne cesse de croître de jour en jour au sien de la population à cause des pénuries successives de l’oxygène médical et des moyens très rudimentaires avec lesquels les hôpitaux algériens soignent les patients gravement atteints, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations.

La colère populaire commence à émerger face à un système de santé totalement désarmé face aux ravages de cette 3e vague de l’épidémie. A Tlemcen, le 22 juillet dernier, des citoyens très en colère, des parents ou proches de patients hospitalisés dans des conditions déplorables à Centre Hospitalo-universitaire Dr Tidjani Damerdji, ont violemment apostrophé le Wali en le bombardant de critiques sévères à cause des pénuries des lis d’hospitalisations et de l’oxygène médical dont les patients atteints de COVID-19 ont cruellement besoin pour survivre à l’insuffisance respiratoire. Face à cette exaspération citoyenne, le Wali de Tlemcen a été contraint de fuir à bord de son convoi officiel pour éviter des débordements regrettables.

Selon les notes des RG, cette situation pourrait se reproduire régulièrement dans plusieurs régions en Algérie martyrisées par les ravages de l’épidémie de la COVID-19. Ces notes ont reconnu que de nombreux patients meurent à leur domicile faute de pouvoir trouver une place dans un hôpital capable de leur dispenser des soins intensifs. Ces décès liés au COVID-19 puisque les victimes développaient tous les symptômes de l’infection n’ont jamais été comptabilisés par les autorités sanitaires. Et pourtant, au niveau de leurs communes, ils sont enterrés suivant le protocole strict encadrant les funérailles des victimes de la COVID-19.

Plusieurs observateurs et sources hospitalières ont confirmé le constat amer dressé par les enquêteurs des RG de la DGSN. L’Algérie vient de subir du 17 jusqu’à ce samedi 24 juillet, son pire pic épidémique depuis le début de la pandémie au mois de mars 2020.

Tout au long de la semaine, sur les réseaux sociaux, des milliers d’Algériens évoquaient leur contamination par le coronavirus, d’autres étaient à la recherche d’un médicament ou d’un concentrateur d’oxygène. Et chaque jour, il y avait aussi ceux qui annonçaient le décès d’un proche, d’un parent ou d’un ami. Dans un contexte pareil, plusieurs voix se sont élevées pour appeler respecter les gestes barrières pour en finir avec l’insouciance ou de l’égoïsme des citoyens qui aggravent la propagation de l’épidémie.

Des médecins, des artistes, des activistes politiques ou des personnalités sportives ont lancé régulièrement des appels au cours de cette semaine pour appeler à l’annulation des cérémonies de mariages pour éviter des centaines d’infections et certainement des décès.

« Les plages ne vont pas disparaître dans un mois. Ne pas rendre visite à des membres de sa famille durant l’aïd peut leur épargner le pire. Portez vos bavettes. Gardez vos distances avec les autres. Évitez les rassemblements et les déplacements. Cela peut sauver des vies. Vaccinez-vous. Pensez à vos proches. Pensez à ces malades dont l’opération ou l’hospitalisation a été reportée à cause de cette situation. Pensez à ces médecins, ces infirmiers et ces agents qui ont, eux aussi, des familles », peut-on lire sur un appel qui a massivement circulé sur les réseaux sociaux à la veille de la célébration de l’Aid El-Adha. Ces appels témoignent, certes, d’une prise de conscience, mais il reflète surtout l’ampleur tragique de cette 3e vague de l’épidémie qui déferle violemment sur l’Algérie.

 

2 COMMENTS

  1. J’ai appris hier que le jambon n’a vacciné que 20 % de sa population à ce jour, la 2eme puissance au monde.
    Sauf que les japonais, eux respectent les mesures de distanciations : masques, distance, et gel
    Chez nous, on attend chaque fois que cela devient grave pour que les gens réagissent