Corruption à l’Aéroport d’Alger – Une Ambiance Délétère et un Procès Renvoyé une Seconde Fois !

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Aujourd’hui 27 Juin 2022, aucun des directeurs de la Société de Gestion des Services et Infrastructures aéroportuaires (SGSIA) n’était à son poste au niveau de l’aéroport International Houari Boumediene.

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Ils sont au nombre de 12 à être convoqués au pôle économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed, où devait se tenir le procès pour corruption impliquant l’ex Président Directeur Général Tahar Allache.

Pour la deuxième fois et toujours à la demande de ses avocats, le procès tant attendu a été de nouveau ajourné au 04 Juillet 2022.

Limogé le 31 Mai 2022 de son poste après 15 années à la tête de l’aéroport, le dossier de Tahar Allache a été transmis, le 09 Juin 2022, au parquet avec de graves chefs d’inculpations que sont la conclusion de marchés douteux, dilapidation de deniers publics, passation de marchés en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur en vue de procurer à autrui un avantage injustifié, et surfacturation…

Le 12 Juin 2022, Tahar Allache a vu tous ses biens mobiliers et immobiliers ainsi que tous ses comptes bancaires saisis par le Juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed, mais est resté étrangement libre !

Le 18 Juin 2022, le Ministre des Transports Abdallah Moundji avait décidé d’installer Layache Akacem comme nouveau PDG de l’Aéroport d’Alger, après le bref intérim d’Omar Halis qui espérait être maintenu au poste de PDG de la SGSIA.

Ce dernier, qui déclare publiquement connaitre le Ministre de tutelle, est le fils d’un officier de l’Armée algérienne, et le frère de Mourad Halis, Avocat, ex-Président de la chambre des notaires, ancien député FLN et Vice-Président du Parlement…

Omar Halis ambitionne toujours de prendre la tête de la SGSIA, alors qu’il traine des casseroles de l’époque où il était chef du Département logistique à la Direction Exploitation au sein de la même société. Petit retour en arrière.

Il faut savoir que les travaux de nettoyage de l’aéroport Houari Boumediene s’effectuent à travers des sociétés de nettoyage indépendantes qui toutes offrent une gamme étendue de services et des prestations spécialement adaptés à l’aviation civile dans toutes les zones aéroportuaires allant du parking aux vitres côté piste.

Le choix de ses prestataires de service doit suivre la procédure de l’appel d’offre à l’issue de laquelle, en principe, la (ou les) entreprise(s) remplissant le maximum de conditions est (ou sont) sélectionné(e)s.

En Juin 2018, Maalem Mouhoub, gérant de la société de nettoyage Aqualis, avait pris attache avec le rédacteur en chef d’Algeriepart pour lui faire part d’une affaire de corruption…à l’aéroport d’Alger.

Dans son courriel, Maalem Mohoud a reconnu que le patron de la SGSIA, à savoir le sinistre Tahar Allèche, lui avait réclamé le paiement d’un pot-de-vin afin de lui attribuer un marché public de nettoyage et d’entretien de l’aéroport d’Alger !

« Le PDG de la société nous a sollicité auparavant pour arranger le marché, moyennant le paiement d’une somme considérable, chose que nous avions refusé », écrit Maalem Mohoud qui affirme ainsi avoir été victime de racket et d’un chantage de la part de Tahar Allèche.

Deux ans plus tard, Maalem Mohoud obtient à travers sa société Aqualis un marché public auprès de Tahar Allèche…grâce à Omar Halis… étrange non ?

Aujourd’hui, le nouveau PDG de la SGSIA, Layachi Akacem sait qu’il ne peut compter sur les anciens directeurs de l’entreprise publique, tous frappés d’une Interdiction de Sortie du Territoire National (ISTN), poursuivis en Justice et faisant face à une incarcération quasi-certaine pour certains.

Aussi il ne peut que s’appuyer sur Omar Halis, alors même que les cadres de la SGSIA et de la société de tutelle EGSA, affirment à l’unanimité qu’il « n’a pas la maitrise de la gestion administrative ou de celle des questions aéroportuaires ».

Cela met indéniablement l’aéroport d’Alger en péril, surtout après le décès des deux haragas qui ont pu pénétrer l’enceinte aéroportuaire et se réfugier dans la soute d’un avion, et de l’énorme tension engendrée qui pèse sur le personnel de la SGSIA…

Une tension qui ira crescendo si les problèmes administratifs des employés ne sont pas réglés par le nouveau PDG, qui a bien du mal à prendre ses responsabilités.

Affaire à suivre !