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jeudi, février 2, 2023

Conséquences de la guerre Ukraine-Russie : les voitures vont coûter cher, très cher

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Aluminium, nickel… L’invasion de l’Ukraine et les sanctions économiques contre Moscou qui en ont découlé ont fait grimper cette semaine le cours des métaux produits en Russie et échangés sur la Bourse londonienne des métaux. Et l’augmentation des prix de ces métaux va provoquer des bouleversements au sein de l’Industrie Mondiale. La filiale automobile sera la plus grandement touchée par ces bouleversements et forte augmentation des prix des voitures neuves est prévue dans les jours à venir. 

« Rares sont les matières premières à ne pas avoir vu leur prix augmenter depuis que le président Poutine a ordonné l’invasion de l’Ukraine, et transformé les inquiétudes du marché sur une offre insuffisante en une réalité », a commenté Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, une banque d’investissement danoise spécialisée dans l’investissement et le trading en ligne, cité par l’AFP.

Les investisseurs sont particulièrement inquiets de perturbations de la production d’aluminium, dont la Russie était le troisième producteur mondial en 2021 selon le Bureau mondial des statistiques sur les métaux (WBMS). Par ailleurs, la production d’aluminium est particulièrement gourmande en électricité, et le prix du gaz et du pétrole, dont la Russie est également un producteur essentiel, a aussi flambé.

Résultat, la tonne d’aluminium a battu record sur record au fil de la semaine pour grimper à 3.867 dollars la tonne, un plus haut historique, vendredi sur le London Metal Exchange (LME). Le nickel, dont la Russie est également un grand producteur, a atteint un plus haut depuis onze ans à 30.295 dollars la tonne.

Mais tout peut changer en fonction de l’évolution du conflit, prévient M. Hansen: « toute solution soudaine qui impliquerait la levée des sanctions économiques » dans le cadre d’un accord entre la Russie, l’Occident et l’Ukraine « pourrait faire reculer très vite toutes les matières premières ». Hier vendredi 4 mars à 16H25 GMT (17H25 à Paris), l’aluminium s’échangeait pour 3.844 dollars la tonne, contre 3.357,50 dollars en fin d’échanges sept jours plus tôt. La tonne de nickel coûtait elle 29.375 dollars (24.361 dollars en fin de semaine dernière) et celle de cuivre 10.644 dollars (9.873 dollars sept jours plus tôt).

La pénurie de ces métaux et l’augmentation de leurs cours mondiaux commencent à avoir des répercussions pour les filières grandes consommatrices de ces métaux : automobile, aéronautique, défense, emballage, ou bâtiment.

L’industrie automobile est le secteur qui sera le plus directement touché. Jeudi 3 mars, l’institut allemand Ifo a souligné dans une note d’analyse que les constructeurs s’attendent à une forte hausse des prix. « Tous les constructeurs automobiles signalent une pénurie de produits intermédiaires, qui s’est brusquement aggravée en raison de la situation en Ukraine. Les carnets de commandes sont toujours pleins et ne peuvent être respectés », résume Oliver Falck, de l’Ifo, cité par le quotidien français Le Monde.

« Une pénurie de palladium, extrait principalement en Russie, est à prévoir. Or ce métal est indispensable aux pots catalytiques », explique Laurent Petizon, directeur général pour la France du cabinet de conseil AlixPartners, rapporte toujours Le Monde. « Le même problème existe avec le gaz néon, fondamental pour les semi-conducteurs. Si vous ajoutez l’envolée du prix de l’énergie, qui se répercutera sur le coût de l’aluminium et de l’acier, vous vous retrouvez dans une situation où les véhicules seront de plus en plus rares et de plus en plus chers », a expliqué encore le même expert.

Il est à signaler que le marché des véhicules est en crise lancinante en Algérie depuis 2019, année pendant laquelle les autorités algériennes ont suspendu définitivement l’activité du montage et assemblage des véhicules neufs au niveau de plusieurs usines lancées par des groupes privés démantelés à la suite de la chute du régime Bouteflika. Les importations des véhicules par les opérateurs économiques ainsi que les concessionnaires automobiles est totalement bloquée et empêchée par de nombreuses mesures restrictives. Seuls les particuliers algériens peuvent procéder à l’acquisition de véhicules neufs depuis l’étranger. Dix mille (10.000) véhicules ont été importés par des particuliers au cours du mois de janvier 2022, a révélé à ce sujet jeudi dernier le ministre algérien de l’Industrie Ahmed Zeghdar.

 

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