Confidentiel. Une centaine de tonnes de médicaments offerts à l’Algérie depuis 2020 n’ont jamais été distribués par la PCH

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En 2020 et 2021, au plus haut de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de la COVID-19, l’Algérie avait reçu depuis l’étranger une centaine de tonnes de médicaments, moyens de protection pharmaceutiques et des dispositifs médicaux. Ces dons médicaux ont été envoyés à notre pays par des pays amis, des ONG ou associations internationales ainsi que des membres de la généreuse diaspora algérienne à l’étranger. Malheureusement, il s’avère que ces dons médicaux n’ont jamais été exploités et ils demeurent encore stockés dans les dépôts de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH), à savoir l’institution publique chargée en Algérie de l’approvisionnement des hôpitaux publics en médicaments et divers produits pharmaceutiques, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

En 2020, dés le début de la crise sanitaire, la PCH a été chargée par le gouvernement algérien d’accueillir exclusivement les dons médicaux provenant de l’étranger. Le 8 août 2021, l’Ambassadeur d’Algérie en France, Antar Daoud, avait répondu sévèrement aux critiques qui avaient suivi la décision de centraliser les dons de la diaspora algérienne au niveau de la Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH). La distribution des dons « relève de la responsabilité du ministère de la Santé », avait-t-il déclaré. « Le ministère de la Santé est responsable de ces concentrateurs. Un individu ne peut pas décider d’envoyer 20 ou 30 concentrateurs vers une région bien précise », avait-il affirmé dans une déclaration publique.

Une année plus tard, ces dons médicaux se trouvent toujours dans les dépôts de la PCH et n’ont jamais été exploités convenablement et ne sont jamais parvenus aux patients qui en avaient cruellement besoin, a confirmé Algérie Part au cours de ses investigations. Il s’agit surtout de consommables médicaux et des traitements destinés essentiellement à la lutte contre l’infection au coronavirus COVID-19. Après avoir été transférés vers les dépôts régionaux de la PCH, la plupart de ces dons médicaux se sont périmés faute de bonnes conditions de stockage et d’entreposage. La mauvaise organisation de la PCH et son incapacité à assurer la logistique nécessaire à la redistribution de ces dons médicaux ont provoqué un gâchis inédit. Débordés et dépassés par les conséquents de la crise sanitaire, les services de la PCH n’ont pas assurer l’acheminement de ces dons médicaux provenant de l’étranger ni garantir leur conservation intacte de leurs valeurs thérapeutiques.

Par conséquent, des volumes importants de ces dons médicaux ont été jetés dans les poubelles et d’autres demeurent stockés dans des cartons qui n’ont jamais été ouverts. Ce gâchis scandaleux a été étouffé et passé sous silence par les services de la PCH. Les autorités publiques n’ont pas été mises au courant de ce scandale qui mériterait qu’une vaste enquête judiciaire soient enclenchée afin d’élucider les circonstances exactes de ses tenants et aboutissants.