Confidentiel. Tous les projets de Sonatrach nouvellement relancés souffrent d’un surcoût de 40 % et une facture supplémentaire de 2 milliards de dollars USD

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De nombreux projets de production des hydrocarbures bloqués par Sonatrach en 2020 et 2021 pour des raisons de rigueur budgétaire et la nécessité de faire des économies face aux conséquences financières de la pandémie de la COVID-19 sur l’économie mondiale sont sur le point d’être relancés depuis le début de cette année 2022. Cependant, tous ces projets ont été réévalués financièrement et présentent un surcoût important qui tourne autour d’une moyenne de 40 % provoquant ainsi une facture salée qui dépasse les 2 milliards de dollars USD, a pu constater Algérie Part au cours de ses investigations. 

Oui, tous ces projets ont été budgétisés une nouvelle fois mais avec une augmentation conséquente de leurs coûts. Cette augmentation tourne autour de 30 jusqu’à 40 % du coût initial de ces projets programmés en 2020 et 2021. Cela signifie que la Sonatrach sera contrainte de dépenser de 100 jusqu’à 150 millions de dollars USD supplémentaires, voire jusqu’à 200 millions de dollars USD pour certains projets stratégiques à l’image du marché portant sur la réalisation d’une future usine de GPL à RHOURDE EL BAGUEL, situé à 100 Km de Hassi Messaoud, qui va nécessiter dans sa nouvelle réévaluation une nouvelle enveloppe budgétaire évaluée jusqu’à 250 millions de dollars USD.

C’est le même constat qui a été dressé aussi pour les autres projets comme le contrat d’Engineering, procurement & construction (EPC) pour la réalisation d’un deuxième train de traitement d’huile (CPF) au niveau du champ Bir Sebaa, à 40 km de Hassi Messaoud. Ce marché a été réévalué en présentant un surcoût supplémentaire de plus de 200 millions de dollars USD. Idem pour le réaménagement du champ Rhoude el Khrouf (RKF) qui avait mis à l’arrêt en 2021 et sa relance en 2022 va occasionner un nouveau budget supplémentaire pour financer les travaux de réaménagement consistant à renforcer les installations existantes par un nouveau train de traitement de pétrole et du gaz en vue de soutenir l’augmentation des capacités de production du champ RKF.

C’est le cas aussi pour le marché de développement et de mise en exploitation des gisements de Tinrhert-Ohanet dans la wilaya d’Illizi qui devrait entrer dans sa phase de production d’ici à la fin du 2è trimestre de 2022, avec une capacité de production atteignant 5 millions M3/jour du gaz naturel, mais dont les travaux de réalisation des infrastructures de production vont coûter beaucoup plus cher que prévu occasionnant toujours un surcoût supplémentaire pour Sonatrach.

Ces nouvelles dépenses en devises vont beaucoup peser sur les finances de Sonatrach d’autant plus qu’elles paraissent difficilement « justifiables » car les négociations autour de la réalisation de ces projets ont été bouclées en 2020/2021 et les entreprises étrangères en charge de la réalisation de ces projets ont été sélectionnées à la suite d’un processus d’évaluation technique et financière encadré par des appels d’offres internationaux. Cela signifie que ces surcoûts auraient pu être prévus et donc évités ou limités. L’ensemble de ces surcoûts vont couter au final à la Sonatrach plus de 2 milliards de dollars USD de dépenses qui n’étaient guère prévues lors des lancements des nouveaux investissements de la compagnie nationale des hydrocarbures, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses recherches.

Malheureusement, le mauvais management de l’actuelle administration de Sonatrach est à l’origine de cette situation totalement anormale. D’autres sources bien introduites au sein du secteur des hydrocarbures n’hésitent pas à soulever des soupçons de corruption et de dilapidation financière car ces « surfacturations » ont été jugées exagérées et excessives pouvant ouvrir ainsi la voie au versement des pots-de-vin et des rétrocommissions.