Confidentiel. Scandaleux : un patrimoine industriel de plus de 300 millions de dollars USD abandonné dans la poussière à Skikda

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C’est un gâchis qui alimente un gros scandale et suscite une énorme indignation au sein des milieux économiques et industriels en Algérie. Depuis au moins 2019, un important patrimoine industriel dont la valeur est évaluée à plus de 300 millions de dollars USD est abandonné dans la poussière et livré aux aléas du temps et du climat dans un port-sec situé à Skikda, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Il s’agit de matériel industriel, d’équipements et de machines dernier cri qui devaient composer la future aciérie du groupe ETRHB d’Ali Haddad à Annaba. En 2017, Ali Haddad avait conclu un accord avec les italiens de Danieli, une entreprise classée parmi les trois plus grands fournisseurs de systèmes et équipements destinés à l’industrie des métaux, pour bâtir une importante aciérie dans la région d’Annaba. Il s’agissait d’un méga-projet industriel à travers lequel Ali Haddad ambitionnait de se doter d’une aciérie capable de produire jusqu’à pas moins de 500 mille tonnes de fer. Basée à environ 30 Km de la ville d’Annaba, cette aciérie devait être construite par les italiens de Danieli.

Le contrat entre Ali Haddad et Danieli a été signé discrètement au mois de juillet 2017 et l’affaire avait été conclue au moment où Ali Haddad faisait la guerre à Abdelmadjid Tebboune lorsque ce dernier occupait les fonctions de Premier-ministre et qui tenté de mettre un terme à son influence sur les affaires et la politique.

Le coût de Ce méga-projet avait atteint les 400 millions de dollars. Fin novembre 2017, la Banque Nationale d’Algérie (BNA) s’était engagé à débloquer un crédit avoisinant les 200 millions de dollars pour financer cette future aciérie à Annaba. Début 2018, Ali Haddad avait d’ores et déjà versé la première tranche de 15 % du coût de ce projet, à savoir environ 20 millions de dollars, au profit des italiens de Danieli, l’entreprise qui chargée de réaliser les travaux de cette future aciérie. Le reste de la somme devant compléter le budget total nécessaire pour les couvrir les besoins de la construction de la future usine d’acier a été transférée par la BNA sur le compte bancaire de Danieli. Et il s’agit de près de 200 millions de dollars.

Les italiens de Danieli avaient donc commencé les premières démarches pour lancer les travaux du chantier tout en important depuis l’Italie les machines et équipements industriels nécessaires au fonctionnement de la future aciérie. Mais à partir de février 2019, une crise politique sans précédent éclate en Algérie et les protestations populaires contre le 5e mandat brigué par le vieux et malade Abdelaziz Bouteflika sous la pression de son entourage ont fini par provoquer la chute partielle du régime algérien notamment du clan présidentiel des Bouteflika. L’empire d’Ali Haddad sombre dans le sillage de la déchéance du régime Bouteflika et le richissime oligarque algérien est emprisonné dés le début avril 2019.

Le projet de l’aciérie d’Annaba connaît un brutal coup d’arrêt et les italiens de Danieli sont contraints d’abandonner le projet et les travaux. Mais les machines et équipements industriels ont été réceptionnés au niveau du port de Skikda et les autorités algériennes ont décidé de les transférer vers un port-sec en attendant de clarifier la situation de ce futur projet industriel.

4 ans plus tard, absolument rien n’a changé et le statu-quo dure jusqu’à aujourd’hui encore provoquant ainsi l’étonnement général dans les milieux économiques algériens. Des machines industrielles d’une importante valeur financière sont ainsi livrées à l’abandon et risquent d’être définitivement rouillées au lieu d’être revendues aux enchères ou réexportées vers l’étranger pour récupérer une bonne partie de ces précieuses devises ayant servi à leur acquisition. Ces équipements industriels auraient pu être aussi exploitées dans le cadre d’un nouveau projet confié à des opérateurs économiques locaux. Ils auraient pu contribuer à créer des nouveaux emplois dans une « nouvelle Algérie » rongée par la misère sociale et le chômage. L’ampleur de ce gâchis n’a d’égal que l’absurdité de la mauvaise gestion actuelle des affaires économiques de notre pays.