Confidentiel. Pétrole brut : la production algérienne stagne à 980 mille barils par jour

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La production pétrolière algérienne stagne et bloque à 980 mille barils par jour et le pays peine à mobiliser des capacités productives afin de dépasser la barre symbolique du 1 million de barils par jour alors que les cours mondiaux de l’or noir se sont envolés à plus de 120 dollars USD le baril et risquent même d’atteindre prochainement les 150 dollars USD le baril. 

L’Algérie rate ainsi une magnifique opportunité d’engranger des revenus précieux et conséquents en devises en raison de la faiblesse chronique de son appareil productif de pétrole brut. En dépit de tous les efforts fournis par les ingénieurs et les responsables de la division production et exploration de Sonatrach, la production nationale du pétrole brut n’a pas pu atteindre les 1 million de barils par jour. Selon nos investigations, le seuil de 980 mille barils produits depuis le début de ce mois de juin 2022 représente le pic maximal que l’Algérie peut réaliser dans les conditions actuelles qui caractérisent l’exploitation des champs pétroliers du pays.

La baisse alarmante des réserves prouvées et la chute drastique des investissements de Sonatrach notamment de ses partenaires étrangers dans le segment de l’exploration ont compromis dangereusement la mise en service de nouveaux puits pétroliers ces deux dernières années. Le sous-investissement massif adopté par la direction générale de Sonatrach depuis mars-avril 2020 a provoqué des dégâts désastreux sur la production nationale du pétrole brut. Les coupes budgétaires imposées par le régime algérien avec l’appui de l’actuelle administration de Sonatrach aux efforts d’exploration de nouveaux champs a réduit significativement la capacité de l’Algérie de produire davantage de barils de pétrole en l’absence de nouveaux puits opérationnels et exploitables.

Aujourd’hui, en dépit des cours mondiaux atteignant des pics vertigineux, l’Algérie ne pourra pas brasser les milliards de dollars USD supplémentaires qu’elle aurait pu aisément gagner si elle pouvait exporter des volumes importants de barils de pétrole. A cause de cette très mauvaise politique de management des réserves nationales en hydrocarbures et des gisements pétroliers, l’Algérie est contrainte d’exporter moins de 500 mille barils de pétrole brut par jour. Une quantité dérisoire qui ne lui permet pas de s’imposer sur l’échiquier énergétique mondial en mutation permanente depuis le début de la guerre en Ukraine.

Pour rappel, début mars à Alger, le ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, avait annoncé que la production pétrolière de l’Algérie dépassera le million de barils par jour (1 002 000 mb/j précisément) au mois d’avril. La hausse devait être équivalente à 10 000 barils par jour supplémentaires par rapport au mois de mars. Cette déclaration à la presse se tenait dans le cadre de la 26e réunion ministérielle de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep+), consacrée notamment à l’examen de la situation du marché pétrolier mondial et ses perspectives d’évolution à court terme. Malheureusement, l’inertie actuelle de l’appareil productif national a empêché l’Algérie de réaliser ses objectifs alors que son quota attribué par l’OPEP atteint depuis ce mois de juin 2022 les 1,03 million de barils par jour.

Soulignons enfin que le prix du baril de pétrole brut pourrait atteindre 150 dollars, voire plus, dans les six prochains mois, précisent des analyses formulées par des experts internationaux très prestigieux. Un niveau par conséquent supérieur au record de juillet 2008 où il a flirté avec les 148 dollars ! Ce pronostic sombre n’est pas formulé par n’importe qui, mais par Jeremy Weir, PDG de Trafigura, l’un des plus importants négociants de matières premières au monde, en particulier de pétrole.

Un tel niveau constituerait une hausse de quelque 22% par rapport au cours actuel du Brent, qui évoluait en fin de matinée au-dessus des 123 dollars le baril, tandis que celui de WTI se situait sous les 122 dollars. « Nous sommes dans une situation critique », a-t-il indiqué lors d’un débat organisé mardi par le Financial Times. Selon lui, l’embargo des pays occidentaux sur les importations de pétrole en provenance de la Russie, imposé en réponse à son invasion de l’Ukraine en février, est venu exacerber les tensions sur une offre limitée alors que la demande mondiale en pétrole brut ne cesse d’augmenter dans ce monde troublé par les bouleversements politiques majeurs nés dans le sillage de la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine et ses alliés occidentaux.