Confidentiel. Les autorités algériennes bloquent encore l’ouverture des frontières du pays pour empêcher la sortie des devises

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Aucun calendrier précis n’a été préparé ou élaboré par les autorités algériennes pour lancer l’ouverture totale des frontières aériennes, terrestres et aériennes en Algérie, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. Pis encore, en prévision de l’été 2022, le gouvernement algérien s’apprête à maintenir une ouverture très partielle des frontières du pays et refuse encore de valider le principe d’un « retour à la normale » concernant le délicat dossier de la gestion des frontières. 

Mais pourquoi un tel acharnement à maintenir le pays fermé aux voyageurs venant de l’extérieur ou ceux souhaitant retrouver leur liberté de voyager à l’étranger ? Selon les sources les plus fiables approchées par Algérie Part, le régime algérien anticipe une importante sortie des devises depuis le territoire national lors de la réouverture totale des frontières du pays et veut à tout prix éviter ce scénario qu’il juge « catastrophique » pour la stabilité économique et financière du pays.

Selon les analyses produites par le gouvernement algérien, une réouverture complète des frontières aériennes, maritimes et terrestres provoquera un important rush des voyageurs algériens sur les aéroports, ports et postes frontaliers. Ce rush sera accompagné par d’importantes acquisitions de devises étrangères sur le marché parallèle algérien. Une forte demande sur l’euro est prévue dans ce contexte ce qui provoquera une explosion du taux de change au niveau du marché parallèle. Le dinar algérien va s’effondrer très rapidement sous le coup de cette forte demande étant donné que depuis plus de deux ans, les Algériennes et Algériens ont été totalement empêchés de sortir de leur pays pour voyager à l’étranger.

Si l’euro se vend en ce moment à 214 Dinars algériens dans les « squares », à savoir les plateformes de transactions financières du marché noir, une réouverture complète du pays accompagnée par une forte circulation des voyageurs désireux de quitter le territoire national provoquera une « inflation » du cours de l’Euro qui peut valoir très rapidement plus de 250 Da dans un premier temps avant de monter en flèches jusqu’à 280, voire 300 Da lors des pics saisonniers en plein été, à savoir lors des grands départs en vacances des familles algériennes. En été, près de 3 millions de touristes algériens pourraient se rendre en Tunisie pour passer leurs vacances. Et ces voyageurs algériens prendront dans leurs portefeuilles des sommes importantes en euros causant ainsi une déstabilisation majeure du marché parallèle du change. A ces touristes algériens en Tunisie, il faudra rajouter des milliers d’autres voyageurs algériens désireux de partir en Turquie ou dans les pays occidentaux comme la France ou l’Espagne.

Des rapports commandés par le gouvernement algérien prévoient une sortie de devises dépassant largement les 4 milliards d’euros si les frontières du pays seront totalement rouvertes pendant l’été prochain.  C’est justement tout cet argent que les autorités algériennes ne veulent pas laisser filer à l’étranger alors que le pays souffre d’une exceptionnelle crise financière et économique. Et avec un dinar terriblement bousculé par la chute vertigineuse de son cours sur le marché parallèle, la Banque d’Algérie ne pourra pas éviter une dévaluation encore plus accélérée sur le marché international des changes. Et en cas de nouvelles fortes dévaluations, la facture des importations du pays va exploser et les prix des produits de large consommation vont doubler, voire tripler.

C’est ce scénario qui alimente le cauchemar des autorités algériennes car il risque de nourrir une très vive contestation populaire d’ici la prochaine rentrée sociale, à savoir en septembre 2022. Pour toutes ces raisons, de nombreux dirigeants algériens notamment ceux les plus proches de l’entourage du Chef de l’Etat, Abdelmadjid Tebboune, continuent de militer pour un contrôle strict des frontières du pays et un report de la réouverture totale des frontières aériennes, terrestres ou maritimes surtout en cette période de fortes tensions mondiales alimentées par la guerre en Ukraine. Les partisans de ce mode de gestion radicale des frontières du pays estiment qu’il faut attendre une amélioration concrète des indicateurs financiers ou économiques nationaux avant d’amorcer une réouverture sérieuse et complète des frontières algériennes.