Confidentiel. Le Palais présidentiel d’El-Mouradia craint le « non » au référendum sur la nouvelle Constitution

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Le référendum du 1er novembre prochain sur l’adoption de la nouvelle Constitution est-elle une affaire pliée ? Non, pas si sûr et de récents rapports sécuritaires ont fait parvenir au Palais présidentiel d’El-Mouradia des informations inquiétantes, a appris Algérie Part de plusieurs sources concordantes.  

En effet, selon nos sources, les renseignements généraux de la DGSN, à savoir la police algérienne, ont dressé des bulletins sécuritaires qui avertissent contre un risque de boycott élevé. Mais le danger ne se résume pas seulement à ce boycott et rejet de la population algérienne d’un référendum voulu à tout prix par le pouvoir algérien pour asseoir sa légitimité. Le véritable danger est du côté du… NON qui risque de la remporter sur le Oui tant espéré et attendu par Abdelmadjid Tebboune et ses conseillers.

Selon les rapports des RG de la DGSN, si le taux de participation ne dépassera pas les 20 % le 1er novembre prochain, le non au projet de la nouvelle constitution risque de gagner au détriment du oui. Pourquoi ? Parce que les courants les plus politisés de la société algérienne comme les islamistes du MSP et des militants de plusieurs autres formations ouvertement hostiles au pouvoir d’Abdelmadjid Tebboune peuvent renverser la vapeur. Les rapports sécuritaires de la DGSN affirment que ces courants peuvent mobiliser les électeurs qui peuvent se rendre aux urnes le 1er novembre prochain au moment où une majorité des Algériens devrait boycotter ce scrutin pour manifester son rejet du régime algérien dans la continuité de la contestation citoyenne du Hirak. Or, cette mobilisation peut faire mal à Tebboune qui a cruellement besoin de cette nouvelle constitution pour la présenter comme un symbole de l’adhésion populaire à son « règne » qui a mal, très mal commencé au lendemain de l’impopulaire scrutin présidentiel du 12 décembre 2019.

Et afin de contrer le scénario cauchemardesque d’un Non à la nouvelle constitution, Tebboune et ses lieutenants doivent miser sur une bonne participation populaire au référendum du 1er novembre prochain afin de faire de l’ombre aux partisans du Non embrigadés par les adversaires politiques de l’actuel Président algérien. Mais comment mobiliser des électeurs dans un pays où la population a, semble-t-il, totalement divorcé avec le pouvoir en place en raison de ses pratiques totalitaires ? Telle est la question à laquelle Tebboune et ses conseillers doivent trouver des réponses immédiates.