Confidentiel. Le Directeur général des ressources humaines au Ministère de la Justice relevé de ses fonctions dans le sillage d’un scandale de corruption

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Un nouveau scandale a éclaté au ministère de la Justice. Bitam Abdelmadjid, le Directeur général des ressources humaines au Ministère de la Justice, a été relevé de ses fonctions dans le sillage de son implication avérée dans un scandale de corruption, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Selon nos sources, Bitam Abdelmadjid a fait les frais du scandale de corruption qui avait éclaté au tribunal de Fellaoucen à Oran en novembre 2021. Ce scandale avait éclaté lors de l’arrestation du président de ce tribunal oranais en flagrant délit de chantage et de corruption. Pour rappel, il s’agit du  magistrat Chentouf El Hachemi qui avait racketté un promoteur immobilier en lui exigeant un pot-de-vin de plus de 10 millions de Da, à savoir un milliard de centimes. La victime de ce racket avait préalablement informé des éléments de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure (DGSI), la branche la plus importante des services secrets algériens, qui ont déclenché rapidement des investigations ayant permis de tendre un guet-apens au magistrat corrompu.

Le président du tribunal de Fellaoucene (Oran) avait été ainsi appréhendé par des éléments de la DGSI à sa sortie du domicile du promoteur immobilier, sa victime qui avait été intimidée et contrainte de payer un pot-de-vin d’un milliard de centimes.  Chentouf El Hachemi a été ensuite présenté devant un magistrat instructeur du tribunal de Aïn Témouchent qui a décidé sans aucune hésitation de l’inculper officiellement « pour corruption » en le plaçant sous mandat de dépôt. Depuis novembre 2021, ce magistrat corrompu est en détention dans une prison située à Ain Témouchent.

L’instruction judiciaire a permis de réaliser plusieurs auditions au cours desquelles Chentouf El Hachemi a fini par cracher le « morceau » :le président de l’un des tribunaux les plus importants et stratégiques du pays relevant de la deuxième grande ville algérienne, à savoir Oran, était bel et bien couvert par Bitam Abdelmadjid, l’un des plus puissants dirigeants du ministère de la Justice qui jouit d’une influence inouïe depuis son installation le 10 juin 2019 à la tête de la direction des ressources humaines du ministère de la Justice. Bitam Abdelmadjid est considéré comme l’un des piliers du système instauré par le puissant Belkacem Zeghmati, l’homme qui avait dirigé d’une main de fer le ministère de la Justice du 1ᵉʳ août 2019 à juillet 2021.

Le témoignage de Chentouf El Hachemi a confirmé qu’il avait bénéficié d’une intervention directe de la part de Bitam Abdelmadjid pour échapper à une mesure disciplinaire qui l’avait à soumise à une mutation du tribunal d’Ain Turk à Oran vers le tribunal de Beni Abbés (Bêchar). Ensuite, il avait bénéficié d’une « intervention d’en haut » pour revenir vers le nord du pays en décrochant en 2020 le poste de conseiller auprès de la Cour de Justice de Sidi Bel-Abbès. Et grâce à une nouvelle intervention en sa faveur, sollicitée par ses appuis au niveau du ministère de la Justice, Chentouf El Hachemi s’était retrouvé promu, il y a de cela à peine 6 mois, à la tête du tribunal de Fellaoucene (Oran) pour devenir ainsi l’un des magistrats les plus puissants de toute l’Oranie.

Bitam Abdelmadjid serait ainsi à l’origine de ce favoritisme immoral qui a permis à un magistrat corrompu de diriger l’un des tribunaux les plus importants du pays abusant ainsi de ses fonctions pour s’enrichir illicitement. Certaines sources affirment qu’au ministère de la Justice, ces interventions ou parrainages étaient régulièrement rémunérés à travers des « cadeaux » ou des « pots-de-vin ». L’enquête sur le scandale du tribunal Fellaoucene (Oran) se poursuit et elle risque d’aboutir à d’autres révélations qui ne manqueront pas d’ébranler une nouvelle fois le ministère de la Justice.