Confidentiel. De nouveaux administrateurs pour les entreprises des oligarques algériens à l’exception du groupe Benamor

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Les autorités judiciaires algériennes viennent de désigner ce mercredi 30 décembre de nouveaux administrateurs pour assurer la gestion des sociétés appartenant à des hommes d’affaires proches du président déchu Abdelaziz Bouteflika, incarcérés et condamnés pour des faits de corruption ou des scandales de malversations financières, a appris Algérie Part de plusieurs sources concordantes. 

De nouveaux administrateurs ont été désignés à la tête de tous les groupes privés appartenant aux oligarques richissimes de l’ère d’Abdelaziz Bouteflika. Il s’agit des groupes Tahkout, ETRHB d’Ali Haddad et ses frères, Groupe KOUGC des frères Kouninef, le groupe AMENHYD, le groupe CONDOR, SOVAC, le groupe MELZI, le groupe GM Trade du milliardaire d’Ahmed Mazouz, le groupe GLOBAL Groupe des frères Larbaoui, IVAL de Mohamed Bairi et le groupe Kherbouche basé à Tlemcen.

Les anciens administrateurs judiciaires de ces groupes privés ont été tous changés et remplacés par de nouveaux administrateurs. Ces nouveaux changements interviennent dans un contexte houleux marqué par de nombreux dépassements et des scandales de détournements des deniers de ces entreprises privées par les premiers administrateurs désignés par la plupart d’entre eux par la justice algérienne au milieu du mois d’août 2019.

Comme il a été démontré récemment par une enquête d’Algérie Part publiée sur la gestion opaque du groupe privé SOVAC, l’administrateur désigné par l’Etat se faisait payer des honoraires à des montants colossaux provenant des caisses de SOVAC pour finalement décider de liquider l’entreprise et de la fermer définitivement renvoyant ainsi au chômage plus de 4000 travailleurs. Algérie Part avait rendu public au cours de ses investigations les documents exclusifs qui démontrent l’ampleur immorale des paiements dont a bénéficié ces derniers mois l’administrateur judiciaire Rabah Tafighoult désigné par l’Etat fin août 2019 pour gérer provisoirement le groupe SOVAC en attendant de trouver des solutions économiquement fiables à l’avenir des employés et de cette entreprise.

Il s’avère que les mêmes pratiques illicites ont été reproduites par les administrateurs désignés par l’Etat pour gérer tous les autres groupes privés dont les dirigeants ou propriétaires croupissent en prison dans le cadre de la purge menée au nom de la lutte contre la corruption depuis la chute de Bouteflika. Face à ces scandales, la justice algérienne a décidé ainsi d’agir en opérant un changement des administrateurs qui ont été désignés auparavant par ses propres soins. Seul le groupe privé Amor Benamor n’a pas été touché par ce mouvement de changement des administrateurs judiciaires. Ce traitement particulier accordé à l’administrateur actuel du groupe Amor Benamor a suscité, d’ailleurs, de nombreuses interrogations. Pour rappel, le principal propriétaire de ce groupe privé d’agroalimentaire Mohamed Laid Benamor est placé en détention depuis le 13 février 2020 pour obtention d’indus avantages, exportation frauduleuse de denrées alimentaires fabriquées à partir de matières subventionnées et obtention par le biais de ses relations de crédits bancaires sans garantie.

Soulignons enfin que les administrateurs judiciaires ont pour mission d' »assurer la pérennité des activités desdites sociétés et à leur permettre de préserver les emplois et d’honorer leurs engagements envers les tiers ». Les administratrices désignés sont des « experts financiers agréés » dont la mission est de gérer des sociétés en proie à des difficultés financières, nées de l’incarcération de leurs propriétaires. Or, malheureusement, depuis l’entrée en vigueur de cette mesure, les groupes privés repris par des administrateurs désignés par l’Etat, sont en train de s’effondrer les uns après les autres laissant derrière eux des milliers d’employés privés de salaires et de perspectives heureuses pour l’avenir.

 

 

 

 

1 COMMENT

  1. Avec nos managers connus et reconnus pour leurs qualités et la qualité de leur formation dans le monde entier et surtout comment ils triés et recruté, selon des critères objectifs, uniquement selon le mérite, alors ça promet pour ces entreprises qui nourrissent des milliers de familles. Ils vont les développer et les fructifier.

    Ils vont sucer leur moindre sève, les ruiner puis les déclarer faillites pour renvoyer leurs salariés et livrer à elles mêmes les dizaines de milliers de bouches qui en dépendent .
    Rien à dire, le monde n’a pas fini de nous envier…