Confidentiel. C’est Abderrahmane Raouya qui a demandé de « partir » et quitter le gouvernement

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Le président Abdelmadjid Tebboune avait limogé mardi 14 juin dernier le ministre des Finances Abderrahmane Raouya, quatre mois seulement après sa nomination, avait annoncé le présidence algérien sans préciser les raisons de cette éviction. En réalité, ce limogeage n’en est pas un réellement car il s’avère que c’est Abderrahmane Raouya qui avait fait part de son souhait de partir et de quitter ses fonctions  à la suite d’un différend majeur avec le cabinet du Chef de l’Etat concernant le mode gestion de la crise politique opposant l’Algérie à l’Espagne, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations.

Comme il avait été précédemment rapporté par Algérie Part, Abderrahmane Raouya n’avait pas voulu cautionner le dispositif de sanctions économiques et financières adoptées par les autorités algériennes contre l’Espagne à la suite de la suspension par le régime Tebboune le 8 juin dernier du Traité d’amitié qui lie les deux pays depuis 20 ans. Convoqué au cabinet du Président de la République au niveau du Palais Présidentiel d’El-Mouradia, Abderrahmane Raouya avait tenté de faire de la pédagogie en expliquant aux conseillers e Tebboune que la brutalité des sanctions visant à geler ou réduire drastiquement le commerce extérieur avec l’Espagne, l’un des partenaires économiques européens les plus importants de l’Algérie, aura des graves conséquences économiques et financières sur le pays notamment auprès des entreprises algériennes qui importent ou exportent vers l’Espagne.

Selon nos investigations, Abderrahmane Raouya avait vivement déconseillé de recourir à cette option hasardeuse consistant à interdire ou gel toutes les opérations de commerce extérieur avec l’Espagne en contraignant les banques algériennes à suspendre les domiciliations bancaires relatives à des opérations d’importation depuis l’Espagne. Les conseils de Raouya n’ont pas été pris en compte et, pis encore, son refus de cautionner l’approche radicale privilégiée par le Palais Présidentiel d’El-Mouradia a fini par provoquer de vives tensions au sein du gouvernement algérien.

Abderrahmane Raouya a été ensuite humiliée à partir du 9 juin dernier lorsque le cabinet d’Abdelmadjid Tebboune prend attache avec le Délégué général de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF), Rachid Belaïd, afin de communiquer des instructions nettes et précises aux banques algériennes leur demandant de suspendre les financements dédiés aux échanges commerciaux entre l’Algérie et l’Espagne.  Rachid Belaid a accompli ainsi le « sale boulot » dont Raouya refusait d’endosser la responsabilité. Rejeté par le Palais Présidentiel et mis à l’écart dans son propre secteur au profit d’une simple association ne disposant d’aucune autorité, Abderrahmane Raouya a préféré « rentrer chez lui ». Son voeu a été rapidement exaucé et Tebboune transforme ce départ en « limogeage » afin de sauver les apparences dans cette troublante affaire qui en dit long sur les divergences minant profondément de l’intérieur le régime algérien.

Abderrahmane Raouya, 61 ans, avait été nommé ministre des Finances lors d’un mini-remaniement ministériel opéré par Abdelmadjid Tebboune le 17 février. Jusqu’à alors, le portefeuille des Finances était détenu par le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane.