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dimanche, février 5, 2023

Confidentiel. Affaire Tiguentourine : des fuites d’images secrètes au coeur d’un nouveau scandale menaçant d’ébranler l’institution militaire

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Après l’affaire Bounouira et les fuites des fameux enregistrements vidéos qui accablent dangereusement le Chef d’Etat-Major de l’Armée Nationale et Populaire (ANP), Said Chengriha, ainsi que plusieurs membres de son entourage le plus proche, un autre scandale menace aujourd’hui la stabilité de l’institution militaire algérienne. Il s’agit des fuites d’images secrètes du déroulement de l’opération de libération des otages victimes de l’attaque contre le complexe gazier de Tiguentourine, en janvier 2013, a pu confirmer Algérie Part au cours de ses investigations. 

Pour rappel, cette prise d’otages orchestrée par un groupe terroriste  avait fait 27 morts parmi les otages. L’affaire remonte à la matinée du mercredi 16 janvier 2013, où une colonne de quatre véhicules tout-terrain, transportant une trentaine de terroristes puissamment armés, avait traversé la frontière algéro-libyenne, et s’était s’emparée du complexe gazier de Tiguentourine, situé à 40 km de In Amenas, et avait pris en otage les 800 travailleurs, dont 130 Occidentaux, qui s’y trouvaient. Cette attaque terroriste avait été orchestrée par un groupe terroriste appelé Al Moulathamoune (les enturbannés) que dirigeait Mokhtar Belmokhtar, l’un des plus sinistrement célèbres terroristes en Afrique du Nord.

De nombreuses pressions internationales ont été exercées à l’époque sur l’Etat algérien pour empêcher une intervention militaire visant à neutraliser les terroristes afin de ne pas mettre la vie des otages en péril. Mais 48 heures plus tard, face à la menace terroriste et ses conséquences potentiellement dangereuses pour tous les employés du stratégique complexe gazier, les forces spéciales algériennes étaient contraintes de donner l’assaut qui s’était soldé par l’élimination de 29 membres du commando, l’arrestation de trois autres (un quatrième plusieurs mois après) et la mort de 37 otages.

Cette prise d’otages n’avait jamais cessé de faire couler beaucoup d’encre suscitant la controverse à chaque fois qu’une partie étrangère cherchait à remettre en cause le bien-fondé de l’intervention des forces spéciales algériennes contre les preneurs d’otages.

Il s’avère qu’en septembre 2019, l’affaire Tiguentourine a pris une nouvelle dimension suscitant une controverse inédite au sein de l’institution militaire. Des images secrètement tournées au sein même du complexe gazier attaqué par les terroristes ont fuité depuis Alger pour parvenir à un polémiste installé à Londres. Ces images ont été tournées par un terroriste membre du groupe armé ayant orchestré la prise d’otages en janvier 2013. Ces images retracent intégralement une partie de l’intervention musclée des forces spéciales algériennes qui ont neutralisé les ravisseurs.

Ces images ont été récupérées depuis le téléphone portable d’un terroriste abattu par les forces spéciales de l’ANP. Ce téléphone a été récupéré par les enquêteurs de la sécurité militaire pour l’expertiser. Ces images ont été ensuite stockées sur un CD-ROM soigneusement conservé par des services spécialisés de l’ANP.

A la surprise générale, fin novembre 2019, un polémiste établi à Londres publie une vidéo sur Youtube qui décrit minutieusement le contenu secret de ces vidéos tournées par l’un des terroristes responsables de l’attaque contre le complexe gazier de Tiguentourine. Cette description relatant le déroulement d’une vidéo confidentielle de 4 heures démontre que des officiers militaires ayant pris connaissance des dessous de l’enquête sur cette terrifiante attaque terroriste ont fait fuiter jusqu’à l’étranger des informations classées « secret défense ».

Le scandale est sans précédent et une enquête a été rapidement diligentée pour identifier les responsables de ces fuites inédites. Mais la mort brusque et inattendue de l’ex-chef d’Etat-Major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, le 23 décembre 2019, a bouleversé le déroulement de cette enquête la reléguant au second plan à la suite des évolutions complexes des évènements au sein de l’institution militaire algérienne avec l’arrivée d’une nouvelle direction aux affaires de l’ANP.

Mais des éléments factuels recoupés par cette enquête interne ont démontré l’implication de deux influents officiers de la Direction Centrale de la Sécurité de l’Armée (DCSA) dans l’organisation des fuites de ces images secrètes. Ces deux officiers hauts gradés auraient confié un CD-ROM, un document sensible classé « Secret-Défense », à un certain Boualem Talha, un homme d’affaires algérien vivant entre l’Algérie et la France, propriétaire d’une concession automobile Peugeot à Baraki dans la banlieue d’Alger. Ce businessman aurait été ensuite chargé de transmettre le fameux CD-ROM à un autre intermédiaire qui était en contact avec le polémiste établi à Londres. Et ce dernier n’avait pas hésité à instrumentaliser politiquement ces images pour attenter à l’intégrité morale de l’ANP et remettre en cause  sa crédibilité dans la conduite de la lutte contre le terrorisme. Tombées en de mauvaises mains, certaines sources craignent que ces images puissent servir à discréditer dangereusement l’action menée par l’ANP pour neutraliser les terroristes à l’origine de l’une des attaques les plus meurtrières de ces 10 dernières années en Algérie. Depuis fin 2019, l’enquête sur ces images fuitées a été étrangement étouffée et plus personne n’ose réclamer des comptes aux officiers militaires identifiés comme étant les éléments déclencheurs de ce scandale gravissime.

Signalons en dernier lieu que la Rédaction d’Algérie Part a tenté de prendre attache avec Boualem Talha pour demander sa version des faits. Après plusieurs tentatives, nous avons pu finalement nous entretenir au téléphone avec cet entrepreneur qui a démenti catégoriquement son implication dans cette affaire troublante. « Je suis établi en France depuis plus d’une année et je n’ai strictement aucune relation avec ces pratiques qui sont incriminées dans votre article », a assuré ainsi Boualem Talha lequel se dit victime de « tentatives de manipulations »  visant à « salir sa réputation » et « porter atteinte à sa probité personnelle »

Et à Alger, aucune source « autorisée » n’a voulu aussi commenter ou nous fournir des informations sur le sort réservé à cette enquête interne au sein de l’ANP sur les fuites de ces images secrètes. D’après nos investigations, l’un des deux officiers militaires impliquées dans ces fuites est établi depuis plusieurs mois au nord de la France alors que son compère occupe toujours des fonctions sensibles au sein d’un établissement névralgique de la sécurité militaire. Algérie Part reviendra sur ce dossier avec de nouvelles révélations dans ses prochaines publications.

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3 COMMENTS

  1. Pour une fois que le DRS n’etait pas derriere des terroristes pour que les generaux genocidaires s’accaparent le tresors publique. Les terroristes de Tigentourine qui sont rentre’a travers la Libye appartenaient a des services de securites occidentaux. La, l’armee Algerienne a fait ce qu’il falait faire pulveriser les fils de pute. Le reste c’est ca rentre dans le lexique du dommage collateral, comme le presente les fils de pute Americains ou Francais avec les millions de morts en Irak, Libye, Syrie, etc.