Comment la cherté de la vie s’est aggravée dangereusement en Algérie à cause de certains « facteurs internes »

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La cherté de la vie en Algérie a pris des nouvelles proportions alarmantes depuis 2021 en raison de plusieurs facteurs internes qui sont liées à la mauvaise gouvernance économique du pays. C’est du moins ce que nous révèle le  le dernier rapport de la Banque Mondiale consacré à la situation économique en Algérie et publié sous le titre « Renforcer la résilience en période favorable ». Publié le 3 août dernier, ce rapport nous apprend que la dynamique de l’inflation en Algérie s’explique en grande partie par des facteurs internes liées aux dépenses publiques de l’Etat et à la taille de la masse monétaire dans le pays. 

En clair, la hausse des dépenses publiques de l’Etat algérien et l’augmentation importante de la masse monétaire en circulation dans le pays ont contribué grandement aux augmentations vertigineuses des prix des principaux produits de large consommation en Algérie. Selon les experts de la Banque Mondiale, les facteurs externes (prix à l’import, taux de change) expliquent seulement « environ 15% des variations d’inflation » dans notre pays alors que les facteurs influençant la demande domestique (dépense publique et monnaie en circulation) « expliquent plus de 30% de la variation de l’inflation » qui fait souffrir les ménages algériens.

Les analyses de la Banque Mondiale soulignent l’existence de « contraintes sur l’offre qui motivent des augmentations de prix » en Algérie. Il faut savoir à ce propos qu’effectivement, la masse monétaire est remontée en Algérie depuis fin 2021 « soutenue par une politique monétaire accommodante et la hausse des recettes des hydrocarbures », reconnaît à ce propos le dernier rapport de la Banque Mondiale.

La remontée des exportations d’hydrocarbures a permis ainsi une forte augmentation de la liquidité bancaire dans le pays de 13,6% en 2021. Après avoir connu un pic durant la
crise du COVID-19 (+14,3%), un pic qui s’explique par les retraits massifs des Algériennes et Algériens de leur argent de leurs comptes bancaires,  la croissance de la monnaie en circulation a ralenti en 2021 (+8,6%), fait observer à ce sujet la prestigieuse institution financière internationale basée à Washington.

Il faut dire que les autorités algériennes ont adopté plusieurs mesures ayant permis l’augmentation des volumes des liquidités bancaires à l’image des mesures d’assouplissement prudentiel et monétaire décidées durant la crise du COVID-19, incluant la baisse du ratio de réserves obligatoires, du taux directeur, du coefficient de liquidité, des réserves de liquidité, le relèvement du seuil de refinancement des titres publics, le rééchelonnement avec prolongation des bonifications d’intérêt des passifs existants, la satisfaction totale des besoins de refinancement des débiteurs existants et la prolongation de la période de refinancement.

Or, l’augmentation significative de cette masse monétaire a produit un effet désastreux sur l’inflation en Algérie. Et pour cause, plus la masse monétaire en circulation dans une économie est importante et plus les prix augmentent sous l’effet d’une dépréciation de la valeur de la monnaie. Ce scénario s’est généralisé peu à peu en Algérie d’autant plus que la hausse des dépenses publiques de l’Etat algérien ont engendré une demande nationale plus forte que d’habitude et cette demande a augmenté plus vite que l’offre de biens. C’est ce qui explique pourquoi les prix augmentent de par la rareté et l’indisponibilité des produits.

Dans ce contexte, la Banque Mondiale a suggéré aux autorités algériennes dans son dernier rapport « des politiques budgétaires et monétaires plus prudentes » qui pourront contribuer à contenir les pressions inflationnistes à court et moyen terme. « La rigidité des prix observée en Algérie étant souvent associée dans d’autres pays à un degré limité de concurrence sur les marchés domestiques de production ou de distribution, des réformes à la faveur d’un plus grand degré de compétition permettrait également de limiter les poussées inflationnistes », conclut à ce propos ce rapport bien fouillé de la Banque Mondiale.