Comment la cherté de la vie est en train d’exploser les records en Algérie depuis 2010

6
1806

La cherté de la vie n’est pas une notion théorique. C’est une souffrance concrète qui fait mal, très mal à des millions d’Algériennes et d’Algériens. Et pour cause, depuis 2010, force est de constater que les prix des produits de large consommation continuent d’augmenter de façon vertigineuse et régulière alors que les salaires des algériens restent statiques et la valeur de leur monnaie nationale est en chute libre pénalisant grandement leur pouvoir d’achat. 

Pour mesurer l’ampleur inquiétante de l’augmentation des prix durant cette dernière décennie, Algérie Part a comparé les indices prix à la consommation (IPC) dressés mensuellement et annuellement par l’Office National des Statistique (ONS), une institution étatique relevant depuis plusieurs années du ministère des Finances avant d’être rattachée  à au Ministère de la Numérisation et des Statistiques depuis le 08 décembre 2020. C’est l’institution qui est en charge de la collecte, du traitement et de la diffusion de l’information statistique socio-économique (tel que recensement de la population et de l’habitat, enquête sur la main d’œuvre, enquête sur les entreprises industrielles, etc.).

Les chiffres officiels de l’Etat algérien sous-estiment régulièrement la gravité de la réalité socio-économique. Mais malgré cela, ils demeurent un indicateurs plus au moins fiables sur les évolutions sociales et économiques de notre pays.

Les différents rapports et bulletins de l’ONS nous apprennent ainsi que les prix des produits et biens alimentaires, par exemple, augmentent régulièrement et en moyenne chaque année de 3 jusqu’à 5 % depuis 2010. Si en 2011, les prix de ces produits alimentaires ont augmenté en moyenne de 4,2 %, en 2012, les mêmes prix ont augmenté de plus de 12,2 %. En 2014, les augmentations des prix des produits et biens alimentaires ont augmenté de 5,2 %. Et en 2017, ces augmentations ont dépassé les 6,5 %.

Les produits agricoles frais sont les produits qui subissent les augmentations des prix les plus alarmantes en Algérie. A titre d’exemple, en 2012, ces augmentations ont dépassé les 21,3 % par rapport à 2011. En 2018, ces produits ont connu aussi une augmentation un plus légère qui est de l’ordre de 4,1 %.

Concernant les biens et produits manufacturés, à savoir qui ont été produits par le secteur industriel, qui sont pour la majorité d’entre eux importés depuis l’étranger en raison de la faiblesse de l’industrie locale algérienne, leurs prix ont connu des augmentations qui varient de 10 % en 2016 jusqu’à 7,2 % en 2017.

Une analyse approfondie des prix de plusieurs catégories de produits, nous constatons que certains groupes de produits ont connu des augmentations des prix très préoccupantes de 2010 jusqu’à 2019. A titre d’exemple, le groupe Habillement-chaussures enregistre une croissance de 6,6% en 2019, soit un taux plus élevé que celui observé en 2018 (+5,5%) mais beaucoup moins important que ceux inscrits pendant les trois dernières années, notamment l’année 2013 (+13,7%).

Les IPC de l’ONS nous apprennent aussi que les Algériens souffrent du relèvement des prix  du groupe Logement et charges dont la variation des prix se situe à +1,5% en 2019 alors que les Meubles et articles d’ameublement enregistrent une augmentation de 5,0% en 2019, soit un taux proche de celui observé en 2018 (+5,4%). Et depuis 2016, les prix des logements, à savoir locations et charges comprises, ont augmenté de plus de 6, 3 %.

Les viandes sont la catégorie des produits les plus touchés par les augmentations vertigineuses des prix. De 2010 jusqu’à 2019, les viandes ont subi des augmentations des prix qui varient de 8 jusqu’à 9 et 14 % par an. Un kilo de viande de mouton coûtait en moyenne en 2010 176,61 Da. En 2019, le même kilo valait…299,39 Da !

Le prix d’un kilo de viande de poulet était en moyenne de 125,19 Da. En 2019, le même kilo valait…153,07 Da. Les prix du poisson frais ont totalement explosé ces dernières années. Un kilo de poisson frais coûtait en moyenne en 2010, 248,01 Da alors qu’en 2019, le même kilo de poisson frais est monté jusqu’à…539,55 Da.

Les légumes et les fruits n’échappent pas à cette logique inflationniste alarmante. Un kilo de fruits coutait en moyenne en 2010 178,34 Da. En 2019, le même kilo de fruits frais vaut en moyenne jusqu’à…320,24 Da. Un kilo de légumes valait en moyenne 166,35 Da en 2010. En 2019, les prix du même kilos sont montés en flèche pour atteindre en moyenne 260,54 Da.

Les augmentations sont généralisées à tous les produits. Nous consacrerons prochainement d’autres publications pour mesurer l’aggravation de la cherté de la vie en Algérie durant ces 10 dernières années. Face à cette cherté de la vie qui a détruit le pouvoir d’achat des Algériens, les autorités algériennes n’ont absolument offert aucune compensation.

Certes, en janvier 2012, le salaire national minimum garanti (SNMG), à savoir le SMIC algérien, est passé à 18 000 DA et depuis 2020, il est fixé à 20 mille Da. Or, l’impact de ces augmentations est totalement faible et dérisoire. Pourquoi ? Parce que le dinar algérien n’a pas cessé de perdre de sa valeur réelle durant ces 10 dernières années. Ainsi, rien que ces 5 dernières années, le dinar algérien a perdu « officiellement » plus de 23 % face au dollar américain et euro européen. Si l’on remonte jusqu’à 2001, la chute du Da est mesurée à plus de 120 %. Cette chute de la valeur de la monnaie nationale annule totalement l’impact positif des augmentations salariales sur le pouvoir d’achat des Algériens. Comme presque tout n’est pas produit en Algérie, les produits consommés par les algériens sont massivement importés depuis l’étranger. Et avec un Dinar en constante chute, les prix de ces produits ne cessent de grimper atteignant des seuils totalement dramatiques. C’est ce qui explique l’expansion de la misère sociale et de la pauvreté en Algérie en l’absence d’une richesse nationale qui augmente annuellement pour permettre aux Algériens de gagner mieux leur vie avec des revenus en adéquation avec les poussées inflationnistes observées sur les marchés nationaux.

6 COMMENTS

  1. La seule chose, c de remettre les algériens au travail. On travaille un peu trop au ralenti. Levez vous très tôt et finissait la journée tard. Tout le pays devrait avoir cette devise. Sinon, arrêtons de pleurnicher.

  2. De nombreuses familles sont dans la pauvreté la jeunesse a besoin d air, moins de 30 ans sans emploi, aucune indemnité de chômage , le peuple vit des heures sombres pas de liberté d expression , coupure d internet etc….

    Mais les enfants de notre mafia sont a l étranger a faire des études et je sais de quoi je parle ils tous a l étranger au dos du peuple

    les problèmes économiques se sont aggravés, et le pays se trouve désormais au bord de la faillite. voir les réserves Les exportations d’hydrocarbures ont fortement chuté en 2020,

    les importations de produits pétroliers ont baissé, faisant économiser plus de 700 millions de dollars (579 millions d’euros) L’Algérie a désormais épuisé toutes les possibilités offertes pour le financement du déficit

    En convalescence en Allemagne – a déjà exclu catégoriquement en mai tout recours au FMI ou à la Banque mondiale, au nom de la « souveraineté nationale », rappelant la mauvaise expérience du pays, qui s’était endetté auprès du Fonds en 1994. (….A….) Je préfère emprunter auprès des Algériens que d’aller vers le FMI ou d’autres banques étrangères » car lorsque nous empruntons auprès de banques étrangères, on ne peut parler ni de la Palestine ni du Sahara occidental deux causes chères à Alger, en premier le peuple algérien
    (A….) nous la diaspora ,nous aidons nos familles, qui sont la galère chômage ou bien une retraite misérable ,je ferai la sadaka a mon peuple en toute honneur.

    Un bon homme politique est un homme politique pauvre

  3. @morgane. Slt morgane. G lu ton commentaire, mais malheureusement, nous savons déjà tous ce que tu viens d’écrire. Je pense qu’il est bien maintenant de trouver des solutions à caractère économique pour remédier aux difficultés que font face les honorables algériens qui vivent au pays. Donnez des idées, faites des propositions dans le domaine agricole, industriel, médical, sportif, écologique, éducation, hygiène et propreté, carcéral etc. Peut être que ça fera un déclic à nos responsables, dans l’intérêt du pays et de l’avenir de nos enfants pour qu’ils ne deviennent pas des hallagas (mot difficile à avaler). En attente de te lire. Merci à toi morgane. I have a dream for my people. The best. Eve a nice day.

  4. Les études pour leurs enfants?
    Ah bon et où svp?
    Un âne n’a jamais fait un cheval de course.
    Les seuls « diplômes « auxquels ils peuvent prétendre ne sont pas reconnus du moins officiellement ( blanchiment d’argent, import export de drogues…)
    Contrairement à ce qui ce dit, il vaut mieux se lever le plus tard possible pour ne pas subir la violence sociale.

  5. Toutoune is seek miskine L’éducation a pour finalité d’améliorer la qualité de vie d’une personne. Elle offre aux adultes et aux enfants défavorisés une chance de sortir de la pauvreté. Elle est essentiel pour le développement économique, social et culturel de toutes les populations

    il faut une education,et le civisme …..beaucoup d Algerians veulent reussir,

    regarde tu es intelligent et bravo

    • Réponse direct chaque parent souhaite son enfant le Bonheur et la reussite, je suis pour l education des enfants et le civisme,
      en ce qui l economy je suis pour l agriculture en algerie il y a bcp de choses a faire il y a le soleil agriculture est un des elements majeur pour le pays

      merci