Ce que le Piratage des Comptes des Réseaux Sociaux de la Mission Pakistanaise en Algérie nous Enseignent !

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Aujourd’hui 02 Mars 2022, les comptes sur les réseaux sociaux appartenant à l’ambassade du Pakistan en Algérie ont été piratés.

Une information confirmée par le Ministère des Affaires étrangères du Pakistan dans une déclaration officielle posté ce jour sur le réseau Twitter.

« Les comptes Twitter, Facebook et Instagram de l’ambassade du Pakistan en Algérie ont été piratés », a déclaré, Asim Iftikhar Ahmad, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères pakistanais sur Twitter.

Il a en outre mentionné que tous les messages récents postés via ces comptes ne pouvaient provenir de l’ambassade du Pakistan en Algérie.

La déclaration du Ministère des Affaires étrangères est intervenue après des messages émis sur le compte twitter de l’ambassade, déclarant que toutes les missions du pays auraient reçu « l’ordre de détourner des fonds vers l’Ukraine pour évacuer des ressortissants pakistanais ».

Le même poste a demandé si l’Ambassade pakistanaise devait se tourner vers l’Inde pour obtenir des fonds, car les ressortissants pakistanais « utilisaient le drapeau indien pour fuir ».

L’Ambassade du Pakistan à Alger a publié un communiqué de presse en milieu de matinée d’aujourd’hui, indiquant que tous ses comptes de réseaux sociaux avaient été restaurés et que les informations qui avait été préalablement publiées étaient fausses et n’avaient aucun fondement. Nous avons pu constater que les messages incriminés avaient été effacés.

Les experts de la police algérienne chargés de la lutte contre la cybercriminalité n’ont, selon nos sources, pas encore été sollicités pour identifier les auteurs présumés de ce piratage, qui semblent avoir agi avec une grande facilité.

Notons que l’article 394 bis du Code pénal, dans le chapitre portant sur les « atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données » (section VII  bis), dispose qu' »est puni d’une peine d’emprisonnement de trois mois à un  an et d’une amende de 50.000 DA à 100.000 DA, quiconque accède ou se  maintient, frauduleusement, dans tout ou partie d’un système de traitement  automatisé de données, ou tente de le faire« .

La peine est portée au double, lorsqu’il en résulte soit la suppression soit la modification de données contenues dans le système. Selon le même article, lorsqu’il en est résulté une altération du fonctionnement de ce système, le peine est de six mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 50.000 DA à 150.000 DA.

Selon une étude qui porte sur l’état de la cybercriminalité dans le monde en 2020, établie par la firme de sécurité Kaspersky, plus de 31 % d’Algériens avait été confronté à des tentatives de piratage de leurs smartphones.

Au mois d’Avril 2021, ce sont 11 millions de profils algériens sur le réseau social Facebook qui avaient été rendus publics, dévoilant ainsi leurs numéros de téléphone, leurs identifiants, leurs noms complets, leurs adresses mails et même leurs lieux et dates de naissance.

Ces opérations de cyber-attaque posent bien évidemment le problème de la sécurité informatique dans le pays, alors que les télécommunications ont été gérées par des personnes incompétentes.

Certes un système fiable à 100% n’existe pas mais il est toujours possible de minimiser le risque d’attaques, comme cela a été le cas pour plus de 300 sites officiels algériens.

Nous pouvons citer la Chambre algérienne de commerce et d’industrie, de l’université de Sétif, Cosider groupe, Sonelgaz, l’Entreprise de gestion des services aéroportuaires, l’Agence nationale de développement de l’Investissement, le ministère de la Culture, la Caisse nationale du logement et même le ministère de la Poste et des Technologies de l’information de la Communication ou le Centre de Recherche sur l’information scientifique et technique.

C’est d’ailleurs un groupe de hackers marocains qui avait pu s’introduire dans les serveurs du ministère des Finances, au mois de Novembre 2021…

Une menace d’intrusion qu’il faudra prendre très au sérieux quand on sait que dans le cadre de la normalisation des relations avec l’Etat hébreu, le Maroc avait paraphé, au mois de Juillet 2021, un accord de coopération en matière de cybersécurité avec Israel.

La mainmise autoritaire des services de l’Armée sur les télécommunications et l’absence totale de vision de la part de nos Responsables politiques incompétents n’est-elle pas justement ce qui a rendu ce secteur si vulnérable ? Certainement !

Il semble fondamental pour les algériens de se tourner résolument vers le futur et de s’affranchir des pratiques d’un autre âge qui mettent la sécurité du Pays en danger et l’empêchent d’évoluer.

Le Hirak est désormais global !

Crédit Photo © Getty